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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

des gens respectables

Le président de la République s'est adressé hier 23 novembre 2010 aux maires de France de la façon de "la plus sérieuse". "L'État national [?] est une idée moderne", indique le chef de l'Etat qui explique que la mondialisation concerne aussi les communes. Il a invité les maires à "changer leurs habitudes". Il n'a pas hésité à comparer sa "réforme des collectivités" à l'abrogation de la peine de mort, à l'instauration de l'IVG ou à la mise en place du processus de décolonisation. C'est en effet absolument du même ordre.
S'en prenant aux contestataires de la "réforme des retraites", il tonne : "C'est pas parce qu'on siffle qu'on paiera les retraites" [ça, c'est parce que Monsieur n'était pas content que des importuns aient osé ne pas applaudir quand il a fait son entrée sur la scène].
Mélangeant tout, il a abordé la "réforme territoriale" à travers les différentes cartes (militaires, judiciaires) qu'il a voulu remodeler, sans oublier les hôpitaux en déficits [?].
"Je n'ai jamais pensé qu'il y avait trop de communes", tient-il à dire, "il y a seulement trop de fonctionnaires et d'élus locaux". Pour que ça aille mieux, "un nouvel élu va être "inventé, le conseiller territorial, qui gèrera autant les départements que les régions." "Le conseiller territorial restera dans un cadre cantonal", selon le chef de l'Etat. Les compétences seront réparties, avec "un boulot commun". Et il ne manque de préciser qu'il s'oppose à l'élection des conseillers communautaires au suffrage universel qui signifierait "la mort des communes" [rien de moins !].
Dans une sorte d'autocritique involontaire, celui qui a organisé la paupérisation de l'État et son insolvabilité ne craint pas de déclarer : "Les recettes fiscales de la France se sont effondrées de 20% l'an dernier." [grâce à qui ? au profit de qui ?]. Et d'ajouter, sans problème ni états d'âme, que "si on veut réduire nos déficits, il faut qu'on s'y mette tous, maires compris. Tous nous devons apprendre à vivre dans un monde où la ressource n'est pas infinie." [là, c'est le pote de l'hélicologiste qui se rappelle qu'il doit placer un truc genre "développement durable"].
On atteint des sommets avec ce brillant néologisme : "Il faut que nous commencions à délégiférer dans certains domaines, comme l'urbanisme", asséné sous les applaudissements des maires, ce qui ne laisse pas d'inquiéter.
Mais Monsieur le président de la République nous a gardé le meilleur pour la fin en saluant l'engagement quel qu'il soit, politique ou associatif [ça ne mange pas de pain].

 

Et il en remet une couche avec cette perle : "Cest pas la peine qu'on se prête, les uns et les autres, à des émissions ou à des polémiques qui tirent tout vers le bas, qui avilissent tout, qui ne respectent rien, et qui conduisent finalement à donner une piètre image d'une démocratie qui  a besoin de femmes et d'hommes comme vous.Donnons l'image de gens respectables."

Ce brillant exposé venait quelques heures après son étincelante prestation à Lisbonne. Il est impératif d'en prendre connaisssance sur le site de France Inter, mais en voici quelques morceaux choisis qui donnent une illustration de la signification "gens respectables" selon le point de vue de Monsieur le président de la République :
« S’il y avait quelque chose contre moi, ça se serait trouvé, vous croyez pas, non ? » [ … ]
« Pendant deux ans, on m’a poursuivi pour Clearstream au Luxembourg. Tiens, c’était Van Ruymbeke aussi, ça c’est curieux, tiens. » [ … ]
« - Je vais gêner personne, mais c’est simple de vérifier quand même. J’ai jamais été trésorier de la campagne de Balladur. D’autres disent que j’ai été directeur de campagne de Balladur. Est-ce que j’ai été le directeur de campagne de Balladur ? J’étais le porte-parole de Balladur. [ … ] Deuxième chose, j’ai jamais été ministre de la Défense. Je suis pas au courant des contrats de sous-marins négociés à l’époque avec un président qui s’appelle M. Mitterrand, un Premier ministre qui s’appelle M. Balladur, avec un ministre de la Défense qui s’appelle M. Léotard. [ … ] Ah, il y a de l’argent liquide sur la campagne de M. Balladur, très bien, OK, dont les comptes ont été validés par le Conseil constitutionnel. Ah oui, mais Sarkozy, c’était un soutien de Balladur. Il est président de la République, donc il est dans le coup. Est-ce qu’il n’y a pas un moment, je vous le dis sans être agressé, où il faut être sérieux ? [ … ]
Et vous, j’ai rien du tout contre vous : « Il semblerait que vous soyez pédophile… » Qui me l’a dit ? J’en ai l’intime conviction. Les services. De source orale. Pouvez-vous vous justifier ? Et ça devient : « Je ne suis pas pédophile ». Mais attends ! Faut être sérieux, quand même. Soit vous avez quelque chose et dans ce cas-là, j’y réponds bien volontiers. Soit vous avez rien, et parlez-moi de choses intéressantes. » [ … ]
« - Je suis pas du tout agressif, d’abord, je vous en veux pas, non mais attends, vous me trouvez fâché. D’abord, le pauvre, il n’est pas pédophile, non, je ne le pense pas. C’est pas un fait. En plus je le connais, je l’apprécie, j’ai aucun contentieux. » [ … ]
« - Vous trompez pas, c’est un sujet sérieux, dit-il. On va pas courir en permanence après la dernière boule puante comme ça. » [ … ]


On appréciera évidemment le non-recours systématique à la double négation, la familiarité de fort mauvais aloi, le tutoiement et la prise à partie des interlocuteurs, le mélange des genres, la confusion du propos et tutti quanti.

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