Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Deux candidats, trois questions à … deux candidats, trois questions à …

Le P2R a inventé un style original qui consiste à poser les mêmes questions aux candidats restant en compétition dans les deux cantons de Wissembourg et de Nierderbronn. Les voici :
Wissembourg : comment analysez-vous votre résultat au premier tour ? suivi de quelles sont vos ambitions ou vos attentes pour le second tour ? ponctué d’un comment comptez-vous mobiliser les électeurs qui n’ont pas voté pour vous au premier tour ou les abstentionnistes ?
Nierderbronn : quels enseignements tirez-vous des résultats du premier tour ? suivi de que souhaitez-vous dire aux électeurs pour les convaincre d’aller voter ? ponctué d’un quels arguments mettez-vous en avant pour les pousser à vous donner leur voix ?
Première observation, chaque question posée à l’un n’est que la reformulation de celle qui a été posée à l’autre, chacune recoupant à peu près exactement les questions centrales qui avaient été posées lors du débat du 7 mars dernier au relais culturel. Autant dire que les uns et les autres ont dû être surpris de ce qu’on leur demandait, ce qui explique probablement le caractère interchangeable des réponses fournies.

“ Je voudrais rappeler que voter est une chance que beaucoup de peuples nous envient. ” dit Rémy, qui ne sera pas démenti pas démenti par Pierre qui nous conseille d’y réfléchir à deux fois “ en voyant ce qui se passe dans les pays où il n’y a pas le droit de vote. ” Voilà des gens, Rémy et Pierre B., qui ont bien intégré les “ éléments de langage ” transmis par ceux qui rechignent à appeler leurs électeurs à voter socialiste quand il y a la possibilité d’une victoire de la dure extrême droite.

On passera évidemment sur la condescendance de Rémy B. qui nous prend pour des ignorants en mettant une partie de l’abstention sur le compte de notre méconnaissance présumée du rôle du conseil général dans la vie quotidienne. Effleurée tout de même par Pierre B. qui tient à rappeler, comme si nous l’avions oublié, “ l’action des élus de proximité pour aider les gens à régler leurs problèmes au quotidien ”. C’est peu différent de la description donnée par Rémy B. qui nous parle de cet élu “ confronté aux réalités de son canton [ qui ] dispose des moyens nécessaires pour trouver des solutions et initier des projets. ” Comme on le voit, il n’y pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre Rémy et Pierre.

Laurent et Gabriel ne sont pas mal non plus dans leur genre. L’un s’en prend à parts égales à la majorité alsacienne et à la coalition socialo-écologiste [ qui nous renvoie à la coalition socialo-communiste que Laurent a dû longuement vilipender lorsqu’il était plus proche de la droite xtrême dure qu’il dénonce actuellement, et qui l’a visiblement profondément déçu ] quand l’autre, peinant à rassembler ses propos pour leur donner un semblant d’allure, en appelle à fifille pour “ expliquer ” que les électeurs se sont retrouvés sur son programme [ ça fait penser à cet humoriste wallon qui disait qu'il voulait bien apprendre le flamand, oui, mais lequel ? ].

Multipliant l’un et l’autre les poncifs éculés sur les atteintes à l’indépendance nationale, ceux dont on n’a jamais entendu dire qu’ils ont donné un tant soit peu de leur temps pour mettre de l’huile dans des rouages sociaux qu’ils estiment grippés alignent les banalités en dressant les habitants les uns contre les autres, triant ceux qui auraient le droit de recevoir une aide en éliminant d’office ceux qui refusent de se faire expulser sous prétexte qu’ils ont la charge d’une famille. Gabriel n’hésite pas à appeler la République à la rescousse, en lui prêtant la volonté de renoncer à l’euro, ce qui paraît un peu excessif. On a le droit d’être ignorant, il n’est pas indispensable de l’étaler avec si peu de mesure !
Laurent se place plus dans une stratégie de conquête, du genre “ c’est maintenant notre tour ! ” ce qui est l’une des définitions de l’alternance, mais paraît tout de même un peu juste s’il s’agit de définir un programme politique, fût-ce pour trois ans. Plus familier de la prise de parole et de la rhétorique des nostalgiques la révolution nationale, il ne manque pas d’opposer “ les immigrés légaux de 65 ans et plus qui perçoivent 700 euros de minimum vieillesse alors que certains de nos anciens paysans ont des retraites de misère… ”, sur un thème que l’on connaît bien d’une terre qui, elle, ne ment pas. Il oublie, mais ce sera pour la prochaine fois, qu’il hait tous ces mensonges qui nous ont fait tant de mal. Sait-il qui a dit ça ?


Voilà où nous mènent les idées, toutes plus sottes les unes que les autres, avec ces gens qui n’arpentent les rues des villages qu’à l’avant-veille des élections quand ils ne se disputent pas les articles de publi-reportages écrits par des journalistes-sic qui ne craignent pas de se faire interpeller par leur prénom en plein “ débat ”, ou bien qui manipulent la réalité en feignant de prendre la défense des “ petits ” contre les “ gros ” [ un ancien premier ministre allant même jusqu’à parler d’une France d’en-bas à opposer à une France d’en-haut ], alors qu’ils n’ont d’autre objectif que d’installer le contrôle social permanent sur fond de police politique et de discrimination entre bons et mauvais citoyens ou habitants [ puisque si l’on comprend bien Laurent, il faut s’en prendre aussi à ceux qui ont des cartes de séjour ! ], les élus ayant bien le droit, et pourquoi pas le devoir, de savoir qui est chez qui, comme dirait celui qui est en plein dans les cantonales.
S’il y a bien un reproche à se faire, à soi-même, et pas aux autres, c’est de ne pas avoir fait le maximum pour que d’une part il y ait un candidat qui ait autre chose à proposer que la soupe tiède du conformisme ambiant à la sauce plus ou moins bien pensante, et d’autre part de ne pas avoir convaincu amis et connaissances d’aller voter, le score des uns et des autres s’en trouvant de fait relativement amoindri même s’il s’était encore trouvé un peu plus de 1100 égarés pour s’en remettre à celui qui porte les couleurs du parti politique qui rêve de supprimer les élections.
En tout cas, dimanche, que l’on ne compte pas sur moi pour arbitrer un match de division de déshonneur !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article