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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

devoir de vacances : conseil municipal de Douarnenez_1/2

Conseil municipal de Douarnenez, ce lundi 19 juillet 2010.

Sera complété en cours de journée

Ce n’était pas du tout prévu, d’autant qu’on a beaucoup d’autres choses à faire quand on est en vacances que d’aller passer le temps sur les bancs d’une assemblée communale qui vous est de plus totalement inconnue. Mais, c’est tout de même une bonne expérience, surtout s’il est possible ensuite de la partager avec quelques-uns des protagonistes de la soirée, les conseillers d’opposition [ qui ne se sont en fait que les anciens majoritaires de l’avant-2008 ] en l’occurrence.

D’abord un mot sur l’ambiance et les acteurs de la soirée. Il est frappant de constater l’inexistence du maire, dont mon voisin de droite, néerlandophone, ex-animateur d’une liste qu’il a lui-même classée à droite, m’a dit qu’il était aussi sénateur. Le “premier magistrat” comme on l’appelle couramment, prend si peu la parole qu’on finit par en oublier sa présence. En l’observant, on perçoit même chez lui des signes manifestes du profond ennui que semble lui inspirer cet acte de présence et de présidence qui paraît lui être imposé. Son rôle se cantonne à faire passer au vote, “qui s’abstient…? qui est contre…? qui est pour…?”, il ne distribue même pas la parole que chacun peut prendre en appuyant sur l’interrupteur du micro [ ce qui doit sans doute permettre une saisie complète des débats ], et il avait l’air assez content de clore la séance à 20h00, après deux heures de pénitence. Il a d’ailleurs disparu de la circulation, sans que quiconque s’en aperçoive. En bref, c’est un peu le gars qui n’a pas besoin de dire au revoir puisque personne ne s’st aperçu qu’il était là.
Non, le maire, le vrai, et cela nous rappelle Wissembourg, avant, c’est le premier-adjoint. Lui, il parle de ce qu’il sait, et sait ce dont il parle, il dit ce qu’il fait, et il fait ce qu’il dit. C’est l’homme du pouvoir municipal, celui à qui on a délégué toutes les signatures, qui prend tout en main, qui a réponse à tout, qui passe pour un technicien, et paraît à l’aise pour répondre aux nombreuses interventions d’une opposition morcelée en trois groupes si j’ai bien compris, des socialistes, des communistes et des écolos, qui avaient fait liste commune dès le premier tour en mars 2008, pour partager la même infortune, après avoir été aux manettes les six mandatures précédentes [ mais, comme me l’a dit une conseillère écolo, “ ils” ont fait pas mal de bêtises, ce qui leur a valu de se faire congédier par des électeurs mécontents. Pour en revenir au premier adjoint, c’est lui qui a ouvert le bal sur un interminable commentaire d’un rapport sur la qualité de l’eau, dont la distribution est confiée à Veolia, ancien employeur de Monsieur le premier adjoint, et dont on peine à penser qu’ils aient conservé de mauvaises relations mutuelles. Monsieur le premier adjoint est également président de l’inévitable communauté de communes dont les attributions [ on parle évidemment de compétences, ça rend les gens compétents à force de le dire ] prennent petit à petit le pas sur celles de la commune [ de 16 000 habitants tout de même ]. Et là, on est dans le schéma classique que nous avons bien connu à Wissembourg, avec une sorte de partage des rôles entre une tête de liste qui est plus un porte-parole, une image, un affichage qu’un véritable preneur de décisions et un acteur qui décide de tout et du reste, s’accommodant très bien d’une place soi-disant de second rang alors que c’est lui qui fait et défait les hobereaux locaux.
Signalons aussi la présence de 12 citoyens sur les bancs du public.

Autres figures, les différents adjoints auxquels on donne la parole pour qu’ils présentent les points dont ils ont la responsabilité. Celui des sports est sûrement “un type vachement sympa”, en tout cas adepte du consensus, actif, souriant et dynamique. Il y a aussi l’homme des permis de construire : lui, je me demande si j’aimerais passer des vacances avec lui tant sa conversation doit être variée. Il en connaît surtout un rayon sur les ventes de terrains, ce qui suffit à le rendre d’abord sympathique. Les autres ont été fidèles à l’idée que l’on se fait des gens qui préparent vraiment leurs interventions, c’est-à-dire qu’à partir du moment où pour lire quatre lignes, il faut s’y reprendre à deux ou trois fois, ça veut dire qu’on est vraiment sérieux et crédible.

Selon mes pointages, il manquait 7 conseillers lorsque l’on a adopté, à l’unanimité, le procès-verbal de la précédente séance dont on m’a dit qu’elle avait été houleuse.

Puis est venu l’interminable commentaire du rapport sur la qualité de l’eau et l’assainissement.
“ - Alors, page 16, …”, “ - Alors, page 24, …”, “ - Alors, page 27, …”, “ - Alors, page 45, …”, “ - Alors, page 16, …”, “ – Et je vous renvoie au tableau comparatif de la page 53 qui …”, c’était intéressant comme un compte rendu financier lors d’une assemblée générale d’une association. Mais tout va bien nous, nous répète, nous réitère jusqu’au bout un premier adjoint particulièrement en forme.
Les choses changent un peu lorsque la conseillère écolo sort sa feuille de notes et lit une longue intervention sur
un prix de l’eau plus élevé qu’ailleurs à cause d’un opérateur privé, Véolia [ qui s’occupe aussi de faire rouler les autobus locaux, décidément, on ne se refait pas ],
la présence de d’aluminium [ ce que le premier adjoint démentira ],
les dangers des branchements au plomb qui concernent 3 000 abonnés [ mais le premier adjoint ne veut pas les affoler en leur conseillant de changer au plus tôt d’installation, “ – et puis il suffit de tirer une fois la chasse d’eau le matin pour qu’il n’y ait plus de trace de plomb tout le reste de la journée, sans compter que pour faire du saturnisme, il faut lécher les murs tous les jours en vérifiant bien qu’il sont peints avec une peinture au plomb”, c’est vrai qu’avec de tels “argument”, on sent tout de suite qu’on a affaire à un professionnel ! ]
le goût de chlore [ que personne ne nie cette fois, mais c’est pour notre santé ! ],
sur le procédé faisant appel à un produit venant … d’Islande ( ! ) parce que le site sur lequel il était exploité localement a été fermé. Elle précise en outre l’inanité d’un tel procédé puisque de nombreux pays européens l’ont maintenant abandonné.
Les réponses sont conformes aux assertions infligées lors du commentaire du rapport, et on en finit par se demander pourquoi la sous-ministre de l’environnement est venue en Bretagne le même jour flanquée du ministre de l’agriculture pour se féliciter des progrès accomplis dans le traitement curatif des algues vertes. Parce qu’à entendre le premier adjoint, des nitrates et phosphore, il n’y en a pas beaucoup dans les eaux rejetées par une station d’épuration qui fonctionne à fond la caisse. Sauf que cette merveilleuse station d’épuration est intégralement mobilisée pour ne traiter que le quart de la pollution, ce qui fait que si l’on pollue plus, on ne pourra plus traiter. Là-dessus, comme on s’engageait dans une voie difficile, le maire est sorti de sa léthargie et a proposé que l’on passe au point suivant, sans vote, puisqu’il ne s’agissait que d’une information.

Le point suivant a été présenté par l’homme qui monte : il est adjoint, et conseiller général, il est jeune, et dispose encore de temps pour avoir un emploi à plein temps dans une banque si j’ai bien compris. Il est par conséquent normal qu’il ait la charge des finances communales d’une ville de 16 000 habitants. C’est à peu près la seule intervention qu’il ait faite, sauf pour reprendre la conseillère écolo en lui disant qu’il fallait tout le temps lui répéter les mêmes choses et qu’elle n’écoute pas ce qu’on lui dit, puis plus tard pour parler brièvement subventions aux associations. Mais pour sa décision budgétaire modificative concernant le budget annexe d’un lotissement, il a dû essuyer 3 abstentions, Monsieur l’homme qui monte.

Un autre point adopté lui à l’unanimité, c’est celui concernant les impayés de petites factures, et ça c’est de la gestion ordinaire.

En revanche, les contrats d’accompagnement à l’emploi ont été une nouvelle fois l’occasion de mesurer le degré d’imprécision, d’impréparation et de mauvaise improvisation dont fait preuve cette équipe qui est un peu à la peine. Il s’agit d’étoffer l’équipe qui a la charge des activités d’animation en direction de la jeunesse. Un conseiller d’opposition a eu la maladresse de demander si des actions de formation réellement qualifiante, c’est-à-dire débouchant sur un diplôme, étaient prévues pour cette douzième personne que l’on envisageait d’embaucher pour une période de 6 mois, reconductibles 3 fois. Oh la, la, le cafouillage, les réponses biaisées, le flou, la confusion, c’était très curieux. Mais cela n’a pas déstabilisé le maire qui a continué à se prendre la tête dans les mains, ou à échanger quelques mots avec ses voisons plus ou moins immédiats. La très grande classe ! On finit pas se mettre d’accord pour donner des précisions la prochaine fois et c’est adopté à l’unanimité.
Comme l’autre point sur les changements dans le tableau des effectifs du personnel municipal.

Et on revient sur les tarifs de l’eau et de l’assainissement avec l’idée lumineuse des compteurs radio-relevés. On sent le premier adjoint dans son élément, il devient intarissable, cela coule de source ! “ – et puis on va faire des économies de personnel, et ceux qui veulent savoir combien ils consomment pourront payer plus cher, et je pense que ça va se généraliser, et ce qui serait bien ce serait un terminal d’où on pourrait relever toutes les consommations pour pouvoir tout surveiller, en particulier les pannes et les fuites,…”. On suggérera à Monsieur le premier adjoint de lire 1984, tout simplement. Cette proposition concerne aussi l’opposition qui n’y voit aucun inconvénient, surtout pas le conseiller communiste, ancien adjoint à l’environnement, qui vote pour cette proposition qui va alourdir un peu plus la facture “abonnement” sans que la facture “consommation” soit allégée aucunement. Il y a encore du boulot !

Les tarifs de la piscine ne font pas l’unanimité avec leur augmentation plus élevée [ proportionnellement ] pour les tarifs les moins chers. Mais on connaît ça, avec ceux qui, payant 40 millions d’impôt s’en voient ristourner les trois quarts au nom du “bouclier fiscal”…
4 abstentions, et 3 contre !

La visite de l’île Tristan va être développée. C’est vraiment une excellente idée s’agissant d’un biotope sensible, fragile et précieux, propriété du conservatoire du littoral. Mais on va ajouter de la mesquinerie et de la pingrerie au saccage, en faisant payer 1 € aux enfants de moins de 3 ans, et 3 € aux enfants de 3 à 14 ans. Il n’y a pas de petit profit, et aucune honte à entendre, sans la moindre gêne, une conseillère municipale, sans doute mère de famille, déclarer que s’il y a 3 familles avec 3 bébés chacune, cela ferait 15 personnes, et seulement 6 qui paieraient. On ne peut sans doute pas se passer de 9 € de recettes bien gagnées en l’occurrence. Et puis, c’est légal, et ce qui est légal est moral, tout le monde le sait, et les incrédules n’ont qu’à se pencher sur l’actualité pour s’en convaincre. Au passage, on s’aperçoit que l’équipe d’amateurs aux manettes de la ville ne sait pas à combien le conservatoire du littoral a plafonné le nombre des visiteurs pour l’année ! C’est émouvant le dilettantisme quand il est joué par des professionnels ! Unanimité tout de même !

La commune va acquérir 100 lithographies en liaison avec la Route du Rhum, va en donner 20 aux ayant-droit de l’auteur, en garder 40 pour en faire des cadeaux et en vendre 40 au prix de 80 €.

On parle maintenant subventions aux associations, mais j’ai un peu décroché, pour embrayer sur les contrats éducatifs locaux. Ce sont des dispositifs qui permettent d’améliorer la réussite scolaire des populations en difficulté et par conséquent d’œuvrer pour une meilleure intégration sociale. Cela a été mis en place en 2003, donc par l’ancienne équipe. Un conseiller d’opposition demande qu’on lui fournisse le diagnostic dont on dit qu’il figure en annexe, mais il n’y a pas d’annexe ! Où l’on s’aperçoit que l’équipe d’amateurs aux manettes de la ville est incapable de répondre autrement que par de vagues et inaudibles onomatopées, en promettant un diagnostic dont on ne sait s’il est en cours, en projet, en esquisse ou dans les limbes ! C’est émouvant le dilettantisme quand il est joué par des professionnels ! Unanimité tout de même !

On suggérera à l’adjointe aux affaires sociales de s’intéresser à l’épicerie sociale de Wissembourg. Elle gagnera du temps et cela lui permettra de donner à son propos un peu de densité. Unanimité, naturellement.

Le gag de la soirée arrive avec l’adhésion au réseau cyberbase de la caisse des dépôts qui est un outil de découverte et d’initiation à l’Internet. Le pire, c’est que plus c’est gros, plus ça marche. La commune va sortir plus de 3 000 € pour disposer d’un logiciel et avoir une ristourne de 30% sur le matériel d’équipement de la médiathèque. Une varie affaire, pour la caisse des dépôts, non ?
Après ce n’importe quoi, une conseillère d’opposition s’inquiète de l’absence de politique en faveur de la lecture publique. Amis l’adjointe interpellée lui répond qu’elle est d’accord avec elle, le aire aussi car, qui ne dit mot consent !

On reparle de la convention qui lie la ville à l’association qui s’occupe de la chapelle Sainte-Hélène pour fixer les participations des différents partenaires : unanimité moins un contre.

Les ventes de biens, quatre au total, font tout de même un peu de bruit. D’autant qu’il ne s’agit pour l’instant de ne décider que du principe, et après qu’on saura si c’est par adjudication, de gré à gré ou autre. Le seul problème là-dedans, c’est que l’on ne voit pas très bien où l’on va. En revanche, les arguments sont connus : bâtiments forcément vétustes, charges, investissements, absence de projet à cet endroit. Autant de propos vides de sens qui feront la bonne fortune des “investisseurs” immobiliers et motivent l’opposition à s’abstenir. On aurait pu penser à un vote contre franc et massif.

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