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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

distributeurs d'énergie : méfiance !

Antoine M., qui désire garder l’anonymat, n’a pas de chance avec son fournisseur d’énergie gazière. Cette entreprise, ou plutôt ce fermier général à qui un ancien président de la République a confié le soin de se faire le maximum d’argent sur le dos de ses infortunés ci-devant usagers [ on parle maintenant de clients ] vient en effet de se distinguer à l’occasion d’une manœuvre plutôt délicate pour elle, pour sa réputation, pour son intégrité. Si Antoine M. a mal pris les choses, c’est parce que c’est que la seconde fois que cette entreprise issue de la Lyonnaise des Eaux a eu à son encontre une attitude inqualifiable. 

Il y a trois ans, Antoine M. a reçu une relance concernant sa facture de gaz. Croyant avoir oublié de la payer, il a adressé séance tenante un chèque d’un peu plus de € 500,00 en retour, priant d’une part son destinataire de bien vouloir excuser son étourderie et, d'autre part, au cas où le paiement aurait déjà été envoyé, de détruire le chèque en surnombre. Que croyez-vous qu’il advint ? Les deux chèques ont encaissés [ ! ], et il a fallu à Antoine M. plusieurs semaines pour obtenir le remboursement des sommes indues et plusieurs mois pour que des excuses lui soient envoyées. Passons sur les courriers, sans réponse ni accusé-réception, qu’il a adressés à tous les membres du conseil d’administration, personnages probablement considérables mais qui doivent être plus occupés à la distribution des jetons de présence qu’au respect des règles élémentaires de la politesse. Par mesure de rétorsion, Antoine M. a décidé de morceler ses paiements en envoyant trois chèques de montants différents, dont la somme égale le montant de la facture à acquitter. C’est manifestement une pratique qui contrarie le fermier général, et c’est très bien comme ça.

Lors de l’avant-dernier paiement, Antoine M. devait régler une facture de € 258,40, qu’il a fragmentée en trois chèques de € 86,13, € 129,20 et € 43,07. Mise à la poste le 11 avril 2012, la lettre doit aller moins vite que prévu puisqu’une relance lui a été envoyée fin avril, comme d’habitude, serait-on tenté de dire. Mais passons. Consultant son compte en banque, il a constaté qu’un chèque de … € 806,13 en a été débité !? Interloqué, il a consulté les souches de son chéquier et a constaté qu’au numéro du chèque correspond allait un montant de € 86,13.Cela veut dire que l’on avait intercalé un zéro entre les unités et les dizaines, rien de moins !

Il a alors dû prendre l'initiative de contacter le fermier général dont le service consommateurs lui a certifié qu'il avait bien écrit "huit cent six euros et 13 centimes", et qu'on allait d'une part lui rembourser les € 720,00 de trop-perçu et d'autre part lui envoyer copie du chèque. Jusque-là, et malgré l'invraisemblance de la situation, Antoine M. ne trouvait rien à redire. Il a tout de même eu la présence d'esprit d'aller à la gendarmerie de W. pour y faire un "renseignement judiciaire" [ c'est l'équivalent d'une main courante ] pour s'étonner que l'on ait surchargé la partie chiffre de son chèque, commettant là sorte de falsification douce.

Les choses n'en restant pas là, Antoine M. a reçu de sa banque la vraie copie du chèque et il s'est aperçu qu'il avait bien écrit ce qu'il affirmait, à savoir "huitante-six euros et 13 centimes". Ce n'est pas de sa faute si les infortunés sous-traitants travaillant sous des cieux exotiques pour le compte du fermier général ne savent pas que l'on a le droit d'écrire autant huitante, que septante, que nonante ou qu'octante. Cette découverte a conduit Antoine M à déposer une plainte en bonne et due forme, le gendarme comprenant assez vite le trouble de la situation. Après tout, qu'est-ce qui empêche d'ajouter quelques centimes ici  si l'on s'autorise à mettre quelques dizaines là ? Et multiplié par une bonne dizaine de millions de clients…

Les services consommateurs ont bien essayé de rattraper le coup en envoyant un courrier, le 13 juin dernier, dans le lequel, entre quelques accommodements avec la réalité, ils écrivaient regretter “ la succession de difficultés qui a jalonnée (sic) l’instruction de [sa] demande ”, sans jamais reconnaître ce qui n'était jusque-là qu'une erreur et qui devenait alors une faute. Ils prétendaient même qu'Antoine M. avait décidé d'échelonner ses paiements, alors qu'il se contentait de les morceler en les adressant sous le même pli, et concluaient leur poulet de salutations forcément sincères et d'une confiance qu'ils aimeraient mériter. Ce qui montre de leur part un sens très particulier de l'humour, à moins qu'il ne s'agisse de l'expression du mépris que leur inspire cette cohorte de crétins qu'ils n'ont de cesse d'essorer financièrement. Ils ont même cru bon faire un rappel sur la primauté de l’écriture sur le chiffre, qui tombe d'elle-même puisqu’il doit y avoir concordance, comme l’a confirmé à Antoine M. son interlocuteur bancaire, qui a paru fort intéressé par ces pratiques. Quoi qu'il arrive, surcharger en chiffres ce que l'on ne parvient pas à lire constitue un délit.

Il est devenu intéressant de constater que l'on est passé de l'incident au litige, et qu'un “ geste commercial ” d'une centaine d'euros a même été proposé à Antoine M. qui n'en demandait pas tant. Il a donc réécrit à ces prestigieux personnages pour leur signifier qu'ils devaient reprendre leur texte, en enlever tout ce qui de près ou de loin pouvait laisser entendre que sa responsabilité était engagée et renoncer au “ geste commercial ”, lui préférant le “ dédommagement pour le préjudice subi ”. Ce n'était qu'à ces conditions qu'il était envisageable de signer un protocole selon lequel il renoncerait à toutes lespoursuites.

Curieusement, les services du “ médiateur ” [ d'ailleurs, c'est qui ? Qui l'a désigné ? Qui le paie ? ] ont pris contact téléphonique avec Antoine M., et dans la conversation, il a appris qu'il avait maitenant du galon, passant de litige à dossier sensible ! Il est vrai qu'Antoine M. s'était laissé un peu aller en déclarant à ces gens qu'il n'envisageait une seconde de se laisser impressionner par des mal-élevés qui lui postillonnent leur mépris avec une arrogance qui achève de les déconsidérer.

Depuis, c'est le silence. Enfin pas tout-à-fait, puisqu'Antoine M. vient de recevoir une correspondance comminatoire dans laquelle on lui brandit un ultimatum ! S'il n'a pas signé le protocole dans le mois qui suit la réception de cette lettre [ comme elle n'est pas recommandée, cela n'a aucune valeur juridique, on est en pleine comédie ], eh bien tant pis ! Oui en effet, tant pis, mais peut-être pas pour Antoine M. qui n'a rien fait de mal, et qui attend les suites de sa palinte. Cette intiative a valu la réponse suivante à ses expéditeurs :

Antoine M.
W., le 13 août 2012

A l’attention de Monsieur Éric Lestanguet, Directeur clients
Aux soins attentifs de Monsieur Bernard Dumez, Service consommateurs
102 avenue Aristide-Briand, 92220 Bagneux

Monsieur,
Vous avez eu l’audace de m’écrire le 3 août dernier une lettre dans laquelle vous prétendez répondre au courrier électronique que je vous ai adressé le 13 juillet 2012. Sa lecture me consterne à un point que vous n’imaginez pas !
Vous m’indiquez que votre collaboratrice aurait essayé de me joindre par téléphone le 31 juillet dernier. Vous oubliez de préciser que j’ai tenté, une fois de plus, d’engager une conversation avec l’entreprise qui vous emploie quelques jours plus tôt, et que j’ai été, une fois de plus, envoyé aux pelotes par une “ conseillère ” qui m’a pris de bien haut, compte tenu de la gravité de la situation.
Les “ réponses ” fournies par Monsieur Dumez relèvent au mieux de l’ignorance du détail de la situation. J’ai signalé les points sur lesquels il n’est pas question de transiger : je n’ai jamais sollicité de délai de paiement, je n’ai jamais demandé d’échelonnement de paiement, je tiens à ce que la lettre dans laquelle vous me priez d’accepter les excuses que vous me présentez stipule expressément que mon compte ne fait l’objet d’aucun incident de paiement.
Au cas où vous auriez des problèmes de mémoire, je vous rappelle ce que vous ai écrit précédemment :
“ Je n’ai pas décidé d’échelonner mes paiements en trois mensualités comme vous le prétendez. J’ai décidé, alors qu’il y a trois ans j’ai été victime d’une manœuvre du même ordre de l’ex-entreprise de service public [ … ], de morceler mes paiements en trois chèques de montants différents, que j’adresse dans le même pli, comme il m’en reste le droit. ”
Ma signature que vous avez outragée en laissant falsifier un chèque que vous étiez incapables de lire ne saurait parapher un “ protocole ” rédigé par vos soins, à votre avantage, faisant litière du délit que vous avez commis. Vous conviendrez dans ces conditions du caractère grotesque et dérisoire de l’ultimatum auquel vous prétendez me soumettre.
J’imagine bien votre nervosité, surtout quand l'entreprise qui vous rétribue est sur la sellette parce qu’elle facture si cher un gaz qu’elle achète si bon marché, et qu’elle prétend infliger à ses infortunés clients des hausses indues pour rétribuer des actionnaires qui l’ont reçue en cadeau d’un ancien président de la République qui reniait une fois de plus les engagements qu’il avait pris quand il n’était que ministre de l’Économie. Mais cela ne vous empêche pas de respecter certaines règles, dont celle de l’élémentaire politesse. Que vous coûte donc d’écrire ce que je vous demande, alors que c’est la vérité ? Votre intérêt passe-t-il dans la publicité que je m’apprête à vous faire avec une obstination qui n’a d’égale que votre entêtement à ne pas vous rendre à la raison ? Quand bien même se trouverait-il un représentant de l’administration judiciaire pour classer cette affaire que vous qualifiez vous-même de sensible, vous resterez redevable devant la morale et la vertu d’un acte répréhensible.
J’attends de vous lire avec l’impatience que vous devinez.
Antoine M.

Méfiez-vous des distributeurs de gaz !


 

 

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