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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

duhamel, le moulin à parlote.

Voici ce que Monsieur A. Duhamel écivait le 12 février 2012 de Monsieur J.-L. Mélanchon :

La surprise Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon, avec ses qualités d’orateur et de débatteur, est la démonstration même de la puissance que conserve le verbe dans notre société politique. Le candidat du Front de gauche, crédité de 7 à 10 % des intentions de vote dans les sondages, est l’un des hommes en forme du moment. Jean-Luc Mélenchon constitue en réalité la principale surprise de cette campagne présidentielle. Tout le monde savait bien que Nicolas Sarkozy serait candidat et, depuis qu’il a remporté les primaires socialistes, chacun avait compris que François Hollande était destiné à jouer les premiers rôles. [ … ] Derrière eux, la présence de Marine Le Pen était tout aussi prévisible. Son père n’avait-il pas lui-même frôlé ou dépassé trois fois les 15 % et la présidente du Front national n’avait-elle pas effectué une percée dans l’opinion depuis le début de l’année 2011 ? [ … ] Quant à François Bayrou qui complète le quatuor de tête, on savait bien qu’il pèserait lourd dans ce scrutin, soit qu’il réitère sa performance de 2007 (18,5 % des voix), soit qu’il joue les arbitres entre les deux tours. [ … ]
En revanche, l’ascension de Jean-Luc Mélenchon, crédité de 7 à 10 % d’intentions de vote pour l’instant avec un point moyen de 8,5 % et surtout la place qu’il a su se tailler dans le débat public constituent, sinon une prouesse, du moins un incontestable fait nouveau.
Le candidat du Front de gauche a totalement éclipsé et presque englouti les candidats trotskistes. L’absence d’Olivier Besancenot qui a refusé de se mettre une fois de plus sur les rangs l’a certes servi mais l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche radicale, sur la gauche protestataire, sur la gauche antisystème n’en est pas moins impressionnante, d’autant plus que par comparaison Eva Joly fait bien pâle figure. En réalité, à la gauche de François Hollande, seul Jean-Luc Mélenchon compte réellement à ce stade de la campagne.
Les motifs de cette réussite sont assez évidents. Jean-Luc Mélenchon est devenu le meilleur orateur politique actuel, ainsi qu’un redoutable débatteur à la radio et à la télévision. Il est la démonstration même de la puissance que conserve le verbe dans notre société politique. Il est certes constamment outrancier, vindicatif, provocateur. Il se grise lui-même de sa propre éloquence et se laisse aller à tous les excès par plaisir de transgresser, de choquer mais aussi d’imposer ses formules à l’emporte-pièce et ses thèmes batailleurs. Sa verve, sa culture, son outrecuidance, son sens quasi hugolien du lyrisme, de l’interpellation, de la dénonciation font bien souvent mouche. [ … ] Cette vocation de procureur de la société, de tribun de la plèbe selon la formule romaine, s’inscrit dans un registre populiste de gauche. [ … ] Il propose en fait une révolution rhétorique, directement inspirée par les socialistes utopistes du deuxième tiers du XIXème siècle. Il aurait sa place entre Proudhon, Blanqui et Louis Blanc. Il propose toute une série de mesures sociales aussi séduisantes qu’impossibles à financer. Il représente, cela ne s’était pas vu depuis au moins mai 1968, une sorte de socialisme rêvé, de société chimérique, de Nouvelle Arcadie.
Le ministère des masses
Dans le climat actuel, face à l’anxiété, au mécontentement, au ressentiment, cela lui assure à la fois une base solide mais des perspectives limitées. En fait, il a repris l’héritage laissé en jachère par le communisme, sous une forme avec lui plus démocratique, plus poétique, plus rêveuse. Il imagine un changement de République, une autre société échappant à la mondialisation, métamorphosant l’Europe.
En pratique, son électorat se reportera massivement sur François Hollande au second tour de l’élection présidentielle. Lui-même s’interdit de songer à un poste ministériel au sein d’un gouvernement social-démocrate. Il ambitionne de devenir le tribun national dénonçant la timidité du PS, exhortant les foules à le déborder, la mauvaise conscience de la gauche.

Quelques mois plus tard, le ton a un peu changé. Nous sommes le 5 mai 2013 :

L’équation de Mélenchon. Il ne préconise que ruptures et affrontements.
Autodésigné « tribun du peuple », le coprésident du Parti de gauche est une attraction médiatique. Mais s’il draine les téléspectateurs devant leur écran, il n’a encore jamais gagné une élection sur son nom.
En une année de présidence Hollande, Jean-Luc Mélenchon s’est imposé comme la principale figure de l’opposition de gauche à la ligne social-démocrate. Car si au sein du Front de gauche, le Parti communiste navigue entre franche opposition et soutien critique au gouvernement Ayrault, Jean-Luc Mélenchon, lui, n’entretient aucune ambiguïté. Il s’oppose de toutes ses forces, de toute sa véhémence à la politique du chef de l’État. Il s’insurge contre les compromis avec le Medef et les chefs d’entreprise. Il tonne et tempête contre la réforme du marché du travail, le pacte de compétitivité ou les promesses de réduction des dépenses publiques. Il déclenche ses foudres à propos du refus d’amnistier les actes de violence des syndicalistes en colère. Il menace à l’avance de partir en guerre contre toute nouvelle réforme du régime des retraites ou des allocations chômage. Il récuse en bloc la social-démocratie, il maudit le social-libéralisme. Il se déchaîne contre les choix européens du président de la République. Il ne préconise que ruptures et affrontements. Il veut absolument incarner une alternative de gauche au ministère Ayrault. Son ambition est de personnifier la rupture avec le capitalisme, la récusation du marché. Il veut être l’homme de la « révolution citoyenne », inspirée du Venezuela d’Hugo Chavez et plus largement du bolivarisme de l’Amérique latine : un mélange de nationalisme, de populisme et d’autocratie comme le fut le péronisme, comme l’était le chavisme.
Le tribun du peuple
Cela justifie à ses yeux la violence de son ton, les outrances de son vocabulaire, les dérapages de ses formules. Jean-Luc Mélenchon se vit comme le tribun du peuple – un tribun autodésigné –, comme le symbole d’une forme inédite de soulèvement démocratique. Tous ses excès, toutes ses insultes, toutes ses vociférations lui paraissent donc légitimes. S’il est sans pitié pour ses adversaires, s’il ne retient jamais ses coups contre quiconque le contredit ou le critique, il se scandalise en revanche dès qu’il est lui-même mis en cause. Servi par une éloquence lyrique impressionnante et par un vocabulaire d’une richesse inépuisable, il se montre d’une arrogance et d’une brutalité sans borne vis-à-vis des autres, mais d’une extrême susceptibilité dès qu’il s’agit de lui. Bonne conscience et virulence sont les deux mamelles du mélenchonisme, ce qui l’autorise, croit-il, à prôner un « coup de balai » général contre l’ensemble des dirigeants, à traiter Pierre Moscovici de « salopard », à proclamer sa « haine » contre la corporation journalistique (pourtant d’une patience à son égard qui frise la complaisance) et à traiter le ministère Ayrault de « gouvernement de voleurs ». Expressions malheureusement toutes typiques des extrémistes des années trente.
Cela lui pose d’ailleurs de plus en plus de problèmes avec ses alliés du Parti communiste qui se défient du populisme d’extrême gauche et ont le souvenir des dérives accablantes que celui-ci a connues jadis. De plus, à un an des élections municipales, le PC ne peut pas rompre les ponts avec un PS dont il a grand besoin pour ses listes d’union. En fait, le parti communiste ne veut pas mettre en péril ses derniers bastions municipaux, alors que Jean-Luc Mélenchon lorgne surtout vers les élections européennes où il entend bien mener les listes du Front de gauche et, espère-t-il, faire mieux que le PS, que l’UMP et que le Front national. La modestie n’est pas la caractéristique de Jean-Luc Mélenchon.
Il n’a jamais fait ses preuves dans les élections
Rien n’annonce cependant qu’il y parviendra. Jean-Luc Mélenchon constitue certes une attraction médiatique théâtrale, comme jadis Georges Marchais, ce qui explique pourquoi il est si souvent invité. De même a-t-il les moyens de mobiliser des militants, de réussir des manifestations. Encore faut-il ne pas confondre succès d’audience ou de cortège et résultats électoraux. Georges Marchais, justement, en a fait l’expérience avant lui. On peut triompher sur les plateaux, parader sur les tribunes, devenir une vedette médiatique et stagner, voire s’affaisser dans les urnes. Les Français adorent voir le lion dévorer le dompteur. Ils ne votent pas pour autant pour le fauve. Or, si Jean-Luc Mélenchon culmine dans cette sphère politico-médiatique qu’il assure mépriser mais qu’il fréquente assidument, il n’a jamais fait ses preuves dans les élections et n’a d’ailleurs jamais été élu au suffrage universel direct sur son nom

[ ce n’est pas vrai, puisque Monsieur J. L. Mélanchon a été conseiller général de l’Essone, ce qui ne peut se faire qu’au suffrage universel direct, mais Monsieur A. Duhamel n’est pas à une assertion près, ni à une contrevérité, puisqu’il sait que personne ne lui apportera la contradiction ; ajoutons que le succès de Jean-Luc Mélanchon aux européennes de 2009 où il obtient plus de 200 000 voix dans la circonscription du Sud-ouest est autant dû aux idées qu’il portait qu’à sa personnalité ].

Il y a un an, il espérait devancer Marine Le Pen et elle est largement arrivée devant lui. Aux élections législatives, il s’est fait battre. Les Français font la différence entre le talent et la verve du polémiste et les capacités, a fortiori la vocation d’alternative du leader du petit parti de gauche.
En fait, Jean-Luc Mélenchon marque le pas dans les sondages depuis un an, alors que Marine Le Pen a progressé. Ce n’est pas un sujet de satisfaction mais c’est une constatation. Même si l’on considère que l’alternative incarnée par Marine Le Pen constitue une impasse politique et un non-sens économique (sortie de l’euro, de l’Europe, rétablissement des frontières, retour au XIXe siècle pour exorciser la mondialisation), tout le monde peut comprendre ce qu’elle veut. Jean-Luc Mélenchon, lui, pétarade dans l’ambiguïté : avec les communistes mais pas communiste, venu des trotskistes mais plus trotskiste, adversaire de la social-démocratie mais naguère ministre discipliné de Lionel Jospin, démocrate mais chaviste. Le mélenchonisme est au-delà du brio des mots un objet politique non identifié, à moins qu’il ne soit une issue introuvable.

Alors, puisque c’est comme ça, Pumpernickel a fait du Duhamel contre Duhamel, en reprenant, presque mot à mot les termes de sa philippique à l’encontre du co-président du Front de Gauche. Et voici ce que cela donne :

L’équation de Duhamel, par Pumpernickel, publié le 06/05/2013
« Alain Duhamel ne préconise que compromis et arrangements », peut-on légitimement estimer.
Autodésigné « commentateur perpétuel de la vie politique » depuis plus de quarante ans, l’Antoine Pinay de la presse aux ordres est une attraction médiatique. Mais s’il peine à intéresser les lecteurs, il ne s’est encore jamais risqué à mettre en pratique les leçons qu’il ne cesse de nous donner.
En quarante ans de vie politique, Alain Duhamel est parvenu à s’imposer comme la principale figure de l’obéissance médiatique à la ligne libéraliste imposée par les marchés qu’il révère. Car si au sein du cartel des droites, les nuances plus ou moins sociales se s’expriment, Alain Duhamel, lui, n’entretient aucune ambiguïté. Il s’applatit de toutes ses forces, de toute sa véhémence devant la politique dictée par une Troïka qu’il admire. Il soitient les compromis avec le Medef et les chefs d’entreprise. Il tonne et tempête contre ceux qui prétendent s’opposer à la réforme du marché du travail, le pacte de compétitivité ou les promesses de réduction des dépenses publiques. Il s’insurge contre ceux qui voudraient amnistier les actes de violence des syndicalistes en colère. Il appelle de ses vœux les nouvelles réformes du régime des retraites ou des allocations chômage. Il encenser la social-démocratie, il loue le social-libéralisme. Il applaudit les choix européens du président de la République. Il ne préconise que compromis et arrangements. Il veut absolument incarner une solution pragmatique au ministère Ayrault. Son ambition est de symboliser l’accession au capitalisme décomplexé. Il veut être l’homme de l’évolution tranquille et résolue, inspirée des adeptes de Milton Friedman et des Chicago Boys chiliens ou britanniques des années Thatcher : un mélange de fédéralisme, de laisser faire laisser passer propre aux tenants de la déréglementation systématique.
Le tâcheron des éditoriaux
Cela justifie à ses yeux la tempérance de son ton, la mesure de son vocabulaire, le calibrage de ses formules. Alain Duhamel se vit comme le medium de l’opinion – un medium autodésigné –, comme le symbole d’une forme inédite de conformisme démocratique. Toutes ses formules alambiquées, ses bons mots, toute sa préciosité lui paraissent donc légitimes. S’il est sans pitié pour ses adversaires, s’il ne retient jamais ses coups contre quiconque le contredit ou le critique, il se scandalise en revanche dès qu’il est lui-même mis en cause. Servi par une éloquence lyrique impressionnante et par un vocabulaire d’une richesse inépuisable, il se montre d’une arrogance et d’une brutalité sans borne vis-à-vis des autres, mais d’une extrême susceptibilité dès qu’il s’agit de lui. Bonne conscience et virulence sont les deux mamelles du duhamelisme, ce qui l’autorise, croit-il, à prôner une atonie générale contre l’ensemble des dirigeants, à traiter Jean-Luc Mélanchon de bolivarien, à proclamer sa répulsion contre les extrêmes (pourtant d’une patience à son égard qui frise le renoncement) et à traiter le ministère Ayrault du haut de sa suffisance, qui frise l’insignifiance. Il use d’expressions malheureusement toutes typiques du consensus mou des années Giscard.
Cela lui pose d’ailleurs quelques problèmes avec ses amis du parti de la presse et de l’argent [ PPA ] qui se défient de l’indigence de son discours et ont le souvenir des dérives accablantes que celui-ci a connues jadis. De plus, à un an des élections municipales, le PPA ne peut pas rompre les ponts avec une droite revigorée et un patronat conquérant dont il faut continuer à s’attirer les bonnes grâces et les rentrées publicitaires. Alain Duhamel poursuit cette longue route qu’il a entamée au temps de la Giscardie quand il animait en duo avec son homonyme les émissions autoproclamées de référence dans la presse audiovisuelle. On se souvient en particulier du club de la presse sur Europe 1 au temps de la splendeur du changement sans risque [ pas de risque que ça change ! ].
Il n’a jamais fait ses preuves dans les élections
Il s’est bien gardé de tenter quoi que ce soit auprès des électeurs, se contenant de distribuer les bons et les mauvais points au gré des fluctuations sondagières. Alain Duhamel aimerait constituer une attraction médiatique théâtrale, au même titre sans doute que Frédéric Pottecher qui écrase encore tout le monde de sa personnalité, mais en pure perte. Cela ne l’empêche pas d’avoir ses ronds de serviette là où il faut être vu [ dîner du Siècle, éditorial ici, opinion là, cours de science politique ailleurs ], ce qui explique pourquoi il est si souvent invité. De même a-t-il les moyens de mobiliser les commentaires à défaut de la réflexion. Et il sait fort bien qu’il ne faut pas confondre succès d’audience ou de papier et résultats électoraux. L’expérience d’un autre marquis poudré de l’audiovisuel, Philippe Meyer, a dû le dissuader à jamais de quitter ce poste de fonctionnaire du ministère de la parlote auquel il émarge depuis plus d’une génération. On peut triompher sur les plateaux, parader sur les tribunes, devenir une vedette médiatique et stagner, voire s’affaisser dans les urnes. Les Français adorent voir le lion dévorer le dompteur. Ils ne votent pas pour autant pour le fauve, et encore moins pour un Monsieur Loyal terne et insipide. Or, si Alain Duhamel culmine dans cette sphère politico-médiatique qu’il assure maîtriser et qu’il fréquente assidument, il n’a jamais fait ses preuves dans les élections et n’a d’ailleurs jamais été élu au suffrage universel direct sur son nom. Il y a un an et demi, il couvrait Jean-Luc Mélanchon de louanges, pensant qu’il était la révélation de la campagne électorale présidentielle. Il le voyait même au coude à coude avec une extrême droite dont les sondeurs, ses amis, ne savaient plus très bien où elle en était. Mais tout cela est maintenant oublié, car Alain Duhamel sait mieux qu’un autre que personne ne viendra lui mettre sous le museau ce qu’il a écrit quelques années auparavant.
Un objet médiatique trop identifié
En fait, Alain Duhamel tâche de survivre à défaut d’exister. Au lieu d’avoir enfin compris que ses analyses lassent ses auditoires obligés et ennuient les lecteurs des journaux qui le paient, il s’incruste jusqu’à la nausée. Ce n’est pas un sujet de spéculation, mais c’est une constatation. Même si l’on considère qu’il est nécessaire, en bonne démocratie, que tous les avis, même les pires, aient le droit à l’expression, même si l’on fait  l’impasse sur les tics de langage, les approximations, les fautes de sens et les barbarismes dont ses piges sont truffées, même s’il faut se pincer pour croire que ce qu’il écrit est servi pratiquement tel quel à commenter aux étudiants des instituts de sciences politiques, Alain Duhamel continue imperturbablement à jouer son rôle de composition de petit machiavel de chef-lieu de canton, ne craignant même pas le ridicule quand il est intervenu dans l’après-campagne référendaire organise par la Boulangie. Il sait manier l’ambiguité en ressortant s’il le faut quelques références humanistes alors qu’il cire les pompes des valets du capital, ou un vague souvenir de jeunesse s’il faut ricaner de l’habileté rhétorique de son contradicteur. Doctrine improbable et inachevée, le duhamelisme est au-delà du pseudo-brio des mots un objet médiatique tout-à-fait identifié, qu’il serait opportun d’oublier au plus vite.

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