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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

En attendant avril...

Cet article de Régis Hulot peut ne pas refléter la ligne éditoriale de ce blog. Je tiens donc à remercier vivement Pumpernickel de m'ouvrir ses colonnes, au nom d'une liberté d'expression qui engage ceux qui en usent, et honore ceux qui la permettent.

Je me souviens des élections présidentielles de 1969. Au premier tour, face à "l'héritier" du gaullisme quatre candidats à gauche (Defferre, Rocard, Krivine, Duclos), dont un seul, Jacques Duclos, fera un score convenable avec plus d'un cinquième des suffrages exprimés.

Au second tour, la gauche éliminée (malgré 30% des voix!), étaient restés en lice les deux candidats de droite, Georges Pompidou (gaulliste) et Alain Poher (MRP – on dirait aujourd'hui Démocrate Chrétien), entre lesquels il fallait choisir. Si la gauche "non communiste" avait bien envie de voter Poher pour se débarrasser de l'avatar pompidolien du gaullisme, le PCF prit la lourde responsabilité de faire élire Pompidou en déclarant que les deux candidats étaient "bonnet blanc et blanc bonnet" (le mot est de Jacques Duclos). Le gaullisme était alors sauvé, la constitution de la cinquième république aussi, ainsi qu'une forme de gouvernement centralisé et parfois autoritaire qui ne dépaysait pas les dirigeants de la place du Colonel-Fabien, et la formule de Malraux selon laquelle "entre les communistes et nous, il n'y a[vait] rien" restait désespérément vraie.

Mais on sait ce que l'histoire fit, vingt ans plus tard, du communisme, du moins sous cette forme.

J'ai la conviction qu'il est indispensable, de temps à autre, d'agir en considération des symboles.

En 1969, il ne fallait pas élire Alain Poher pour attendre de lui une politique allant dans tel ou tel sens, mais il fallait battre Georges Pompidou pour briser une chaîne, pour mettre un terme au gaullisme, sorte de bonapartisme recyclé, et renvoyer aux oubliettes de l'Histoire celui qui était revenu dans les fourgons de l'Algérie française, même s'il pouvait définitivement rester l'homme du 18 juin 1940.

Aujourd'hui, en avril 2012 plus exactement, il faut un vote qui exprime une ferme volonté de rupture avec le discours libéraliste et l'action antisociale de la droite et de tous ceux qui ont fait leur la doxa néo-libérale. 

Mais il n'est pas non plus inutile d'agir en considération des résultats

Il est temps de prendre conscience qu'il ne sert à rien de recueillir 3, 5 ou 11% des voix aux présidentielles. En quoi les six candidatures d'Arlette Laguiller, avec des résultats médiocres ou honorables jusqu'à plus de 5% des voix), ont-elles fait avance la cause de Lutte ouvrière et de la IVème internationale ? En quoi les scores de Jean-Marie Le Pen, dont celui de 2002 qui fit de lui le challenger d'un "repris de justice", ont-ils permis une réelle implantation politique nationale ou locale. Combien de sénateurs, de députés, de maires, de conseillers généraux LO ou FN en France ?

Il n'est pas inutile de se poser la question, et de savoir ce qui compte, au delà de la jouissance qu'on peut avoir à exister aux yeux de ses adversaires ou de l'opinion médiatico-publique. 

Il est peut-être encore temps de se rendre compte qu'une élection présidentielle n'est pas le nec plus ultra de la vie politique, et qu'il est largement aussi important de disposer, à l'Assemblée nationale, d'un groupe parlementaire important, tout comme il est d'une importance non négligeable de disposer, dans la population, de relais importants et solides.

Car c'est bien là que se jouent les réformes à faire dans ce pays, et c'est bien là que se décidera cette politique de transition écologique et industrielle, et c'est en prenant appui sur de larges couches de la population que ces réformes seront appliquées. 

Reste à trouver le moyen de rendre tout cela possible.

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