Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

en marge d'une "mise en examen"

Ainsi donc, pour la seconde fois de l’histoire de Pumpernickel, un ancien président de la République est comme on le dit chez nous "mis en examen", cette expression édulcorée qui remplace un présumé infamant "inculpé" en usage dans les autres pays francophones qui nous entourent. Mais, comme il ne faut pas choquer les délicates susceptibilités de toutes celles et tous ceux, porteurs de rubans ou détenteurs de parcelles d’autorité, qui risqueraient de sortir du bureau d’un juge d’instruction avec une soi-disant stigmatisation, on a préféré changé les termes. On s’est donc entendu sur cette formulation qui ne change rien à l’affaire, Monsieur l’ancien président de la République est engagé dans une procédure qui suit son cours, dans la plus grande indépendance et à l’écart des toutes les pressions, et c’est très bien comme ça. Il bénéficie d’ailleurs de cette présomption d’innocence qui est de règle chez nous, alors que toute l’entreprise qu’il avait mise en branle avec le pire des Gardes des Sceaux que la France ait connue de toute son histoire aurait abouti à un système calque sur cette Nord-Amérique qu’il dit tant admirer où il est nécessaire de faire la preuve de son innocence.
Sommes-nous heureux de tout ce déballage ? À l’évidence, non, car il est réel que le crédit dont notre pays jouit à l’extérieur de ses frontières, l’exemple qu’il aura été pour bon nombre de peuples, les penseurs qui auront irrigué la réflexion humaniste universelle, cet héritage culturel et social qui a été la référence pour tous ceux qui se réclamaient de la Liberté en prennent un sacré coup, une fois de plus serait-on tenté de dire, attristé. Il est loin le temps où le Pape Paul VI, en visite à Tel-Aviv en 1964, s’exprimait en français parce que c’était la langue de la diplomatie, et donc de la mesure ! Notre pays est maintenant le théâtre d’agissements qui sont le fait d’une infime minorité, inférieure au 1% qui nous cause tant d’ennuis, et qui jettent l’opprobre sur l’ensemble de la communauté nationale. L’écrire n’est pas faire œuvre d’on ne sait quel "populisme" [ terme qui mériterait d’être enfin débarrassé de cette tache social-fasciste dont on aimerait le marquer ], c’est seulement l’énoncé des faits. Et il est clair que la technique du "pas vu pas pris" qui paraît être devenue la règle, associée à l’aphorisme selon lequel "c’est moral parce que c’est légal" n’est pas de nature à purger le système de pratiques réprimées quand elles sont l’œuvre de ceux qui appartiennent aux 99%.
Sommes-nous étonnés de tout ce déballage ? À l’évidence, non, du moins pas les lecteurs de ce blog puisqu’ils ont trouvé dès le 13 juin 2010 des articles de journaux émanant de la presse francophone périphérique qui faisaient état d’interrogations récurrentes concernant l’encore président de la République. Les choses se sont ensuite précisées en 2012, avec quatre articles qui allaient tous dans le même sens, le 2 avril, le 26 avril et le 20 juin. Consultez ces articles, et mettez-les en relation avec ce qui nous est servi actuellement.
Faut-il pleurer, faut-il en rire, fait-il envie ou bien pitié, doit-on le blâmer ou le plaindre, le saura-t-on jamais. Peut-on seulement espérer de ceux qui n’ont de cesse de clamer d’abord qu’ils mettent au défi quiconque de prouver quoi que ce soit, puis de déclarer qu’ils ont confiance en la justice de leur pays [ ne devraient-ils pas dire "de notre pays"] pour enfin invoquer cette fameuse présomption d’innocence que leur comportement public soit tel que nous leur accordions d’emblée la présomption de probité ?

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Régis Hulot 25/03/2013 11:02


Cette affaire n'a rien de bien glorieux. Après JC et les multiples "affaires" où son nom a été évoqué - et qui a été, ne l'oublions pas, condamné par un tribunal correctionnel le 15 décembre 2011
à deux ans de prison avec sursis, voici que NS, dont le nom a été évoqué dans de multiples "affaires", est mis en examen, ou inculpé comme on osait encore le dire jadis, car soupçonné d'avoir
abusé de la faiblesse (et des convictions, des habitudes, des moeurs de la haute bourgeoisie de très à droite et très enrichie) d'une vieille dame en lutte permanente contre la décrépitude
physique et le délabrement mental.


Il faut dire qu'il n'est pas seul dans cette galère, et les CV des autres co-inculpés sont tout aussi évocateurs que le sien. Entre affairistes douteux, gestionnaire de fortune cupide,
photographe mondain, ministre amateur de champs de courses, c'est tout le cheptel de ceux qui se font un devoir de (très bien) vivre au dépens de la grande masse de ceux qui travaillent dur pour
assurer le nécessaire qui est rassemblé. Ne manque plus que le cheval de retour de la grande truande pour que le tableau soit complet - mais on n'a pas encore tout vu.


A l'évidence, il ne serait pas mauvais que tout ce joli monde rende des comptes, dans cette affaire comme dans toutes les autres. Mais faut-il vraiment espérer y voir clair? Rien n'est moins sûr,
puisque tous ces personnages, et tous ceux qui gravitent autour d'eux, ces "1%" dont on a tellement parlé qui accaparent la richesse produite par les "99" autres, et même, selon une autre
formule, ces 1/1.000, ou même 1/10.000 qui décident de tout à notre place, semblent avoir réussi à faire les lois qui les enrichissent, et aussi celles qui les protègent.


Sait-on que le droit pénal punit plus celui qui vole trois paquets de nouilles, quatre tranches de jambon et deux paquets de gâteaux dans un supermarché que celui qui, comme on l'a déjà vu il y a
peu, vous fourgue de la viande de cheval (délicieuse, au demeurant) pour du boeuf rien qu'en inversant les étiquettes? Se souvient-on de ce délicieux aveux du ministre Chalandon (lui aussi a une
certaine connaissance des bureaux des juges d'instruction) soupçonné de trafic et de spéculation sur les diamants à qui un journaliste demandait comment on pouvait gagner quelque argent sur un
produit taxé (à cette époque) à 33,33% de TVA. Et Chalandon de lui répondre que le taux de 33,33% s'appliquait aux diamants travaillés, taillés, montés, mais que le diamant brut, objet de ces
transactions juteuses, était taxé à 3%.....


 


Quand on vous disait qu'ils sont très forts, et qu'il faudra une sacré dose d'énergie pour s'en débarrasser.