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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

et maintenant, la Côte-d'Ivoire !

Ici on parle des vieilles amitiés … en n'oubliant les points de suspension, on les décrit comme "deux avocats sur le retour, assez sulfureux dans leurs relations et qui connaissent bien l’Afrique", l'un étant presque symbolique de la résurgence de vieilles amitiés socialistes, pour Monsieur Roland (Dumas), l'autre "le défenseur des causes les moins défendables" [ on pense évidemment à Klaus Barbie, Tarek Aziz, Slobodan Milosevic ou Carlos ], pour Monsieur Jacques (Vergès).

Là, et c'est selon les sources et les inspirations, ce sont deux ténors du barreau français qui viennent prendre la défense du président de la moitié de la Côte-d'Ivoire, avec toujours cette tendance à trouver sulfureux ce mélange entre ces deux nonagénaires avancés, 85 ans pour Maître Jacques, et 88 ans pour maître Roland, qui font un déplacement remarqué, à défaut d'être remarquable pour apporter leur pierre à l'œuvre de démolition et de chaos entreprise pour déstabiliser encore un pays exsangue livré aux trafiquants, pour la plus grande détresse de ses malheureux habitants.

Nos duettistes vont là-bas pour défendre les autorités en place, mais c'est le même type de question que pour la Belgique ou le flamand, on veut bien les défendre, à condition de nous dire lesquels. Ils n’oublient pas de préciser que "plus nous avançons, (...) plus nous savons qu'il y a eu des fraudes au deuxième tour des élections", ce qui ne manquera pas d'intriguer tous ceux qui savent que même chez nous, il ne viendrait à personne l'idée saugrenue de trafiquer les circonscriptions pour rendre une éventuelle alternance encore plus difficile. Surtout quand on a été le président du Conseil constitutionnel qui a validé les comptes de campagne des candidats aux élections présidentielles de 1975 !

Ailleurs, on parle de "vieilles gloires" qui ont été engagées par Monsieur L. Gbagbo pour défendre "ses" droits. Quel dommage que ce homme n'ait pas l'idée de défendre les droits des Ivoiriens qu'il balade au gré de ses sautes d'humeur et des comptes qu'il doit rendre à ses hommes de main qui rançonnent, menacent et pillent tous ceux qui ne leur reviennent pas [ cela dit, dans le Nord du pays, la situation est hélas comparable, la seule qualité de Monsieur A. Ouatarra étant d'avoir été haut fonctionnaire international dans une institution occidentale, le FMI, chargée de mettre les peuples au pas cadencé de la "loi des marchés" et de "la main invisible" ].

On peut s'interroger sur l'avenir politique d'un homme qui s'adresse à deux vieillards qui auraient dû avoir la sagesse de disparaître du paysage politique. Pour l'un ex-défenseur du Canard enchaîné, mais c'était il y a si longtemps, c'est l'affaire ELF qui lui colle aux basques. On se rappelle le récit, à l'audience, des "interventions" à l'interphone de Madame Deviers-Joncour enjoignant à celui qui était pudiquement présenté comme son ami de ne pas monter puisqu'elle n'était pas seule ; concernant Maître Jacques, les affaires qu'il a plaidées ont répandu autour d'elles de surprenantes fragrances.

La perplexité reste de mise lorsque ces deux personnages qui représentent d'abord eux-mêmes en sont à invoquer une symbolique Vergès-Dumas qui ferait bouger les choses. Hélas pour eux, quand on est pour l'un le préposé au tordu [ François Mitterrand aurait dit, selon Monsieur J. Ahoussou Kouadio, ministre de la Justice du président Ouattara : " pour le droit, j'ai Badinter, et pour le tordu, j'ai Dumas. " ] et pour l'autre un has-been de la lutte anticolonialiste, la charge symbolique est malheureusement susceptible de s'inverser et les témoins de moralité risquent de perdre pas mal du crédit qu'il leur reste. Mais c'est après tout leur choix, qu'ils s'en débrouillent. L'invocation maladroite et décalée d'une Afrique digne, nouvelle et indépendante s'accommode mal de ces deux figures d'un passé dont on aimerait bien avoir tourné la page, sans pour autant chercher ni à le nier ni à l'oublier.

Bref, on en est là, et le voyage de nos deux voyageurs-représentants-placiers fait tout simplement un flop, tout comme les mouvements de menton d'un président de la République française qui ferait mieux de se taire ou de réfléchir avant de parler. À l'évidence, la question posée le dépasse très largement et nécessite diplomatie, discrétion, patience et circonspection, toutes qualités dont les dernières années nous ont montré qu'il en était à peu près totalement dépourvu.

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Régis Hulot 06/01/2011 08:21



Sans oublier que, quand il se passe quelque chose en Côte d'Ivoire (ou ailleurs dans cette ancienne AEF - Afrique équatoriale française ou AOF - Afrique occidentale française), nos "responsables
économiques" et nos "décideurs financiers" ne sont jamais loin, toujours décidés qu'ils sont à s'offrir, pour presque rien, des richesses qui, décidément, n'ont pas vocation à assurer le présent
ou l'avenir des peuples.


Le Ciel fasse que les Africains ne nous traitent(!) pas un jour comme nous les avons traités(!). Il ne ferait alors pas bon être ancien colonial, même avec quatre ou cinq générations d'écart.


 


RH