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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

fusions intercommunales forcées

Doit-on comprendre que fusion des collectivités territoriales soit synonyme d’économies, et donc de baisse des impôts, quand c’est la Boulange qui est à la manœuvre et équivalent à des augmentations de taxes lorsque ce sont deux communautés de communes qui fusionnent ? C’est bien ce qui apparaît à la lecture des pages locales du vendredi 15 février des Déhaina. On y relatait le congrès de la communauté de communes du Hattgau qui se penchait sur son avenir qui semble devoir être écrit à l’encre de la communauté de communes du Soultzerland, si l’on a bien compris. Et comme il faut s’y attendre, la résistance est à l’ordre du jour, en particulier de la part du maire d'Aschbach, qui en connaît un rayon, puisqu’il a obtenu, de haute lutte, que sa commune retrouve son intégrité en 1988 après avoir été fusionnée à Stundwiller et Oberroedern en 1974.

[ À ce propos, on doit remarquer que 80% des communes fusionnées dans le Bas-Rhin à cette époque [ millieu des années ’70 ] étaient situées sur la huitième circonscription, celle de l’ancien député Monsieur F. Grussenmeyer. L’exemple d’Altenstadt est là pour nous rappeler les termes d’un marché de dupes, la commune associée ayant été d’abord dépouillée de son intégrité avant d’être coiffée par une commission consultative dont la nomination ressemble à une sorte de tableau d’honneur de la normativité et affublée de trois puis quatre conseillers municipaux dont la voix peine à être entendue lors des séances wissembourgeoises. Point particulier pour le maire-délégué qui, malgré la modestie de sa charge et de ses responsabilités, ne rechigne à engranger les indemnités d’un maire, à part entière, d’une commune d’égale importance. ]

Pour en revenir à la communauté de communes du Hattgau, le refus du maire d’Aschbach doit être trouvé dans l’expérience qu’il a faite il y a un peu plus de vingt ans du phagocytage de sa commune dans un ensemble où rien n’est prévu pour que les minorités soient entendues. Et cela va s’aggraver avec le système du "fléchage" lors des prochaines élections municipales, qui nous fera croire que les délégués intercommunaux sont élus, alors que ce n’est pas conforme à la réalité.
Tout au long de l’article, alors que nous sommes contraints à louvoyer entre les documents d’urbanisme qu’il faudra réécrire et les SIVU qu’il faudra constituer, tout ça pour simplifier ce qui n’est pourtant pas compliqué, il n’est question que d’intérêts des uns et de changement de taux d’imposition des autres, qui vont être lissés, vers le haut, pour aboutir à la quintessence de la société libéraliste avancée : ce qui était gratuit sera payant, et ce qui était bon marché sera cher ! Nous avons également tous compris que la marge de manœuvre des maires ou des présidents de communautés de communes est nulle, puisque la structure chapeautée par le préfet, par le biais des commissions départementales de la coopération intercommunale et du schéma départemental de la coopération intercommunale a rendu son arrêt, et envoyé ses ordres, qui doivent respectés. On a déjà ici abordé ce type d’oukase le 21 avril 2011 et le 8 mai 2011 entre autres.
Bref, la communauté de communes du Hattgau n’a plus qu’à se faire harakiri en espérant que la sauce à laquelle elle sera mangée soit la moins indigeste possible. Quant à ses infortunés habitants, qu’ils sachent qu’ils doivent être immolés sur l’autel de la modernité boulangiste, puisque tout cela découle partiellement des dispositifs réglementaires et législatifs de la loi qui porte le nom de l’ex-futur prince-électeur. Au passage, on a noté que le conseil général, anticipant sa prochaine dissolution, a déjà supprimé € 90 000,00 de subvention au fonctionnement de la structure périscolaire d’une intercommunalité qui n’existe déjà plus. C’est probablement sa contribution à l’animation des "territoires" dont il se gargarise à jet continu.
Pendant que les uns s’écharpaient sur leur avenir, les autres, ceux du Soultzerland, faisaient déjà le bilan de la décision qui n’avait pas encore été prise. La nouvelle organisation aura des conséquences intéressantes puisque des modifications de taux d’imposition sont à l’ordre du jour avec, entre autres, la fin de l’abattage [ sic ] de 15% pour le taux intercommunal de la taxe d’habitation. Quand on vous disait que ça allait saigner…

Et tout ça pour dire quoi ? Ces fameuses mutualisations, harmonisations, simplifications n’ont pas abouti à ce que l’on nous avait promis : les forts y sont encore plus puissants et les démunis encore plus dépossédés. C’est précisément ce qui va advenir de la région lorsqu’elle sera entre les mains d’une seule sensibilité politique qui a tout organisé pour réduire l’éventuelle opposition à un rôle au mieux de figuration comme le trahissent les arrière-pensées du système d’élection des conseillers. Il n’y a que les ignorants ou les roués pour prétendre déceler dans ce qui est écrit les prémices d’une démocratie régionale ouverte et décoincée. Comment ne pas se rappeler ces rassemblements dérisoires de "congrès" commentant médiocrement les formules péniblement sorties des séances de remue-méninges d’un groupe qui n’avait de travail que le nom ? Où étaient les citoyens ? Quand les a-t-on conviés non pas à l’expression mais à l’élaboration ? De ce point de vue, l’exemple islandais [ voir l'article du 21 octobre 2012 ] montre combien il est facile, et productif, pour l’appareil politique de nous lâcher un peu et de s’en remettre à une commission de citoyens tirés au sort qui prennent l’engagement de dialoguer non pas avec ceux qui occupent systématiquement l’estrade mais au contraire avec ce peuple perpétuellement mis de côté et à qui on veut fait son bonheur malgré lui.
Comble de comble, le parti socialiste haut-rhinois vient de se rallier au boulangisme, signant par là sa prochaine disparition de paysage régional. On avait déjà compris en 2010 que les socialistes, alliés aux "écologistes" d’EE-LV avaient fait l’impasse sur la région dès le soir du 14 mars. On a maintenant compris qu’ils vont se crisper sur leur pré carré, en gros Strasbourg et sa périphérie, laissant à la droite triomphante la gestion, ou plutôt la mise en coupe réglée, de tout le reste d’une région autonome, disposant d’une part des attributs régaliens.
Mauvais coup pour la démocratie !

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