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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Gueule de bois à droite_grève du 26-IX-11

En y regardant de plus près, c’est entre les deux tours des législatives de 2007 que le pouvoir, arrogant autant qu’inconscient, a commencé à perdre la confiance populaire, et partant, sa légitimité institutionnelle.
Toutes les élections dites intermédiaires ont été perdues :

les municipales en 2008 [ rappelons-nous tout de même la contre-performance de Monsieur X. Darcos qui parvient à perdre Périgueux s’ajoutant à la perte de 100 villes de 10 000 à 30 000 habitants ! ] couplées avec des cantonales désastreuses pour le pouvoir,
les européennes en 2009 [ là, ce sera l’action conjointe de la cellule de propagande et des “ éditorialistes ” qui parviendra à faire prendre les 4,5 millions voix obtenues par l’UMP, soit 10% du corps électoral, pour un triomphe ! ],
les régionales en 2010 qui confirment celles de 2004, puis les cantonales en 2011.

Il est maintenant possible de faire le bilan électoral et politique de Monsieur l’président d’la République : “ l’opposition ”, maintenant majoritaire, détient 95% des régions, 60% des départements et 52% des communes de plus de 3 500 habitants. Ainsi que l’on peut enfin l’entendre, ça en fait des amis, des militants, des permanents, des sympathisants mis sur la touche, écœurés et démoralisés !

À ce bilan de dévastation sociale, il convient d’ajouter la multitude de “ réformes ” dont les réseaux qui “ drivent ” la “ pensée ” de Monsieur l’président d’la République sont friands. On peut les résumer d’une formule : laisser derrière soi, le plus rapidement possible, un champ de ruines tel que des siècles seront nécessaires pour envisager une reconstruction. De quelque côté que l’on se tourne, c’est au nom de l’efficacité, de la rentabilité, de la réactivité que l’on supprime un à un tous les éléments mis en place pour assurer une vie en société inspirée de la civilisation. Rien qu’à Wissembourg, l’élection de Monsieur l’président d’la République, c’est la fermeture déjà effective du tribunal d’instance, de l’antenne de l’ONF et du CIO, en attendant celle de la trésorerie, du centre des impôts, et bien entendu de la sous-préfecture, mais cela, vous le savez depuis longtemps.
Ce ne sont pas les chochotteries d’une vilotière sur les présumées connaissances botaniques de “ mon mari ” qui y changeront quoi que ce soit. On peut légitimement dire maintenant que Monsieur l’président d’la République n’a pas le sens de l’Histoire, que c’est quelqu’un qui ne vit que dans l’instant, qu’il n’a pas, à titre personnel, de vision à long terme puisqu’il ne sait s’en remettre qu’à son armée mexicaine de conseillers personnels chargés de piloter l’action des ministres de plein-droit.

Un autre qui devrait présenter sa démission, c’est Monsieur le ministre chargé des collectivités territoriales, l’Alsacien de l’étape gouvernementale, celui qui a dit tout et son contraire du temps où il présidait le conseil général [ rappelons-nous ses brillantes saillies sur l’avenir du Palais Stanislas ! ], qui n’est président du conseil régional au mieux qu’à temps partiel, à moins que ce soit l’inverse avec sa fonction ministérielle : cette personne devait veiller à ce que la “ réforme ” des collectivités territoriales, et son appendice, la “ réorganisation ” des intercommunalités, soit mieux comprise de cette France du seigle et des châtaignes, comme l’aurait dit le général de Gaulle, en parlant de celles et ceux qui élisaient les sénateurs. Le moins que l’on puisse dire, sans faire preuve d’une excessive cruauté, est que Monsieur le ministre chargé des collectivités territoriales a complètement échoué dans son travail, qu’il n’a rien compris à la mécanique de l’élection d’une chambre haute dont il se targuait, en tant qu’ancien questeur, d’en connaître toutes les ficelles. Et s’il est tellement silencieux, c’est qu’il est peut-être à la manœuvre pour aller dénicher quelque transfuge prêt à se vendre pour une mission ici ou un rapport là. On ose espérer que toute cette construction sera vaine, faute de quoi on risque d’ajouter la honte au ridicule. Ce que l’on sait déjà, c’est que “ nos amis européens ” comme aiment en parler tous les tenants du camp européistes ont déjà entériné le passage de témoin.

Pour en terminer avec cette raclée mémorable, un mot sur tous ceux qui en sont maintenant à nous raconter un événement qu’ils qualifient eux-mêmes de prévisible, alors qu’il y a une semaine, ils ne l’envisageaient que comme une question du bac. En tout cas voici ce que vous lisiez en juin 2010 dans le numéro 60 de Pumpenickel :
“… Comme si ça suffisait pas, voilà que celle que je veux faire passer pour une amie, la chancelière allemande, vient de se ramasser aux régionales partielles de Rhénanie du Nord. C'est du mimétisme ou quoi ? Elle perd la majorité au Bundesrat, comme je m'apprête à la perdre au Sénat, après les élections cantonales qui s'annoncent grandioses. Enjeu cantonal et conséquences cantonales ? Il va falloir que je trouve un truc. …”
Non seulement Madame la chancelière vient de vivre en une année tout ce que Monsieur l’président d’la République a enduré en 4 ans, mais en plus la dégelée de dimanche n’est même pas, pour vous, une surprise !

Avant de conclure, signalons que demain 26 septembre, il y aura grève dans le secteur de l’Instruction publique, et que c’est l’ensemble des personnels, secteurs public et privé confondus, qui appelle à ce mouvement social. Et là encore, il s’agit d’une première à l’actif de Monsieur l’président d’la République qui après être arrivé à mécontenter les magistrats toutes tendances confondues, les policiers, les personnels de l’administration pénitentiaire y compris au sommet de la hiérarchie, les inspecteurs du travail, etc. est parvenu à faire opérer l'improbable jonction public-privé. Encore bravo, l'artiste !
Ce 26 septembre, peu ou pas de revendications salariales tant les conditions dans lesquelles on prétend faire travailler nos enfants, les former à la littérature ou à l’étude des langues anciennes, leur apprendre à raisonner, leur ouvrir l’esprit sont indignes de notre pays, de notre histoire [ y compris les heures noires de la collaboration ou des caves de la Goutte-d’Or où les supplétifs d’une police déconsidérée pratiquaient la torture ] et des grands anciens qui ont été l’honneur de l’humanisme. Non, il s’agit simplement de considérer qu’élever nos enfants à la culture et à l’esprit critique n’a pas de coût puisque c’est un devoir. Et ceux qui prétendent les ranger dans des statistiques ou dans des livres de compte n’ont pas leur place à la tête de l’État. Tout simplement.

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