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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Henry Karayan_celle qui “ amène le pire ”

C’est l’AFP qui nous l’annonçait hier, “ résistant Henry Karayan, l'un des deux derniers survivants du groupe Manouchian, est décédé le 2 novembre à l'âge de 90 ans ”.
Né le 3 mai 1921 à Istanbul (Turquie), il est arrivé en France en 1923. Il rencontre Missak Manouchian en 1942 et participe aux actions armées et aux sabotages menées par les Francs-Tireurs et Partisans - Main d'œuvre immigrée (FTP-MOI) du groupe en région parisienne. Il avait coutume de dire: "Moi, je ne tuais pas des civils, je ne tuais pas des Allemands, je tuais des nazis en uniforme."
En février 1943, Missak Manouchian rejoint un détachement des FTP-MOI d'une cinquantaine de Juifs roumains et hongrois et d'Arméniens qu'il commande six mois plus tard. Le groupe Manouchian réalisa une trentaine d'opérations de sabotages ou d'exécutions de collaborateurs d'août à mi-novembre 1943. Vingt-trois membres du groupe sont arrêtés en région parisienne en novembre 1943. Torturés, ils sont livrés à la police militaire allemande et jugés par une cour martiale du tribunal allemand à Paris le 15 février 1944. Les vingt-deux hommes sont fusillés au Mont-Valérien le 21 février 1944. La seule femme du groupe, Olga Bancic, est décapitée à la prison de Stuttgart le 10 mai 1944. Au moment du procès, les Allemands impriment et placardent à 15 000 exemplaires une affiche qui présente sur un fond rouge les photos, les noms et les actions de dix résistants du groupe avec le slogan : "Des libérateurs ? La Libération ! Par l'armée du crime !" et Manouchian "Arménien, chef de bande, 56 attentats, 150 morts, 600 blessés". Des mains anonymes écrivent sur l'affiche "Morts pour la France". Onze ans après, Aragon écrit un poème sur l'Affiche rouge, mis en musique et chanté quelques années plus tard par Léo Ferré.
Arsène Tchakarian, 94 ans, qui avait aidé Robert Guédiguian pour son film "L'Armée du Crime" sorti en 2009 et avec qui il témoignait auprès des jeunes, est désormais le dernier survivant du groupe Manouchian.

Ce 9 novembre, date anniversaire de la “ Nuit de cristal ” en 1938, du premier putsch hitlérien en 1924, de l’abdication de Guillaume II en 1918, et … de l’ouverture des frontières de la RDA en 1989, celle qui “ amène le pire ” faisait son numéro au micro de la radio publique culturelle. Comme elle avait beau jeu de dérouler son “ programme ” de reconquête de la souveraineté nationale, en mettant à l’index tous ceux, étrangers, différents, tous ces autres qu’elle exècre, ces pauvres, ces miséreux qui travaillent dans les usines-bagnes de l’Extrême-Orient pour vendre à des chômeurs des produits soi-disant bon marché. Elle jouait sur du velours en se frottant aux cireurs de pompes des libéralistes qui ne cessent tous les jours, contre toutes les évidences, de faire l'éloge de la pente savonneuse qui nous emmènent tout droit à la misère et à la guerre.
Le seul problème de celle qui “ amène le pire ”, c’est qu’entre deux références invraisemblables à un gaullisme honni par son géniteur, elle affecte d’oublier de nous donner l’autre volet des projets qu’elle a fait concocter par ceux qui conseillent, au plus près, celui qui n’est même plus le président de la République de ceux qui l’ont élu. Là-dedans, il y a comme d’habitude à l’extrême-droite, la soupe servie aux bailleurs de fonds en remerciement de leurs services avec la suppression radicale de l’impôt sur le revenu proportionnel et progressif, la disparition de l’universalité de la protection sociale, le durcissement de la politique de surveillance des individus, l’abrogation de ce qu’il reste du droit du travail, la mise au ban des syndicats et la remise en selle des corporations, en n’oubliant pas le corollaire, la suppression du droit de grève [ à l’instar de ce Monsieur Jin Liqun, président du fonds souverain chinois CIC, elle n’est pas loin de fustiger cet Etat-providence responsable des " troubles qui se sont produits dans les pays européens résultent uniquement de problèmes accumulés par une société en fin de course, vivant d'acquis sociaux." Et comme on n’avait pas bien compris, il précise sa pensée : "Je pense que les lois sociales sont obsolètes. Elles conduisent à la paresse, à l'indolence, plutôt qu'à travailler dur. Le système d'incitation est complètement détraqué. Pourquoi les habitants de certains pays de l'eurozone devraient-ils travailler jusqu'à 65 ans ou plus alors que dans d'autres pays, ils prennent aisément leur retraite à 55 ans et se prélassent sur la plage ?" On croirait entendre l'extrême-droite fustigeant le ministère des Loisirs, le ministère de la paresse, tenu par le courageux Léo Lagrange, mort au combat le 9 juin 1940. ].
Fidèle à ses inspirateurs, elle nous ferait bien servir cette "cohésion de la société" dont la responsabilité collective est partie intégrante [ chaque classe sociale est censée être solidaire des autres afin de maintenir l'ordre social, c’est ce que l’on appelle l’organicisme ], sur fond d’apologie des valeurs traditionnelles, de régionalisme politique, culturel, et linguistique, de rejet du modernisme culturel et des élites intellectuelles et urbaines, et pourquoi une bonne dose de culte de la personnalité pour faire passer la potion.
Ce qui est dommage, c’est que les journalistes professionnels, qui ne manquent jamais de nous faire la leçon parce que nous ne serions pas assez ceci à moins que nous ne soyons trop cela, n’aient pas eu quelques instants pour la pousser dans ces zones d’ordre noir qu’elle se garde bien de dévoiler au public. Non, eux que l’on a connus si bien inspirés lorsqu’il s’agit de moquer les humanistes,…

[ nous y avons d’ailleurs eu droit quelques minutes plus tard lors d’un commentaire sur un livre qui a été écrit pour Monsieur B.- H. Lévy sur la guerre en Lybie, avec un Michel Crépu très en verve, qui sait, lui, parler calmement de Monsieur B.- H. Lévy, sans préjugé, sans tabou [ ? ], tout comme Brice Couturier, au bord de l’orgasme selon l’animateur de l’émission, mais qui est aussi un homme de mesure [ libéraliste ], lui, mais c’est la jalousie qui fait s’acharner sur Monsieur B.- H. Lévy, tout le monde le sait, Michel Crépu donc, qui nous explique que l’on a mis en relation, lors de l'épisode lybien, en temps réel, un principe éthique et un principe d’action, deux choses antagonistes et nécessaires à la fois, et que ce n’est pas comme s’il avait fallu attendre que Monsieur Hessel avec son indignation perpétuelle (sic) monte à incandescence (re-sic) pour que Kadhafi tombe, mais Bengazi serait en ruines fumantes et les gens auraient été massacrés sans autre forme de procès … ! ]

…ont été en fait, et de fait, mis en défaut par celle qui “ amène le pire ” et dont le projet se traduira, dans les premières semaines de sa mise en application par l’arrestation de dizaines de milliers d’opposants, la suppression des élections, l’abrogation de la Constitution, l’abandon de ce qu’il reste de séparation des pouvoirs, etc.

Dire, penser ou prétendre le contraire est intégralement démenti par les faits. Il suffit pour s’en convaincre de constater ce que les amis de celle qui “ amène le pire ” ont fait lorsqu’ils disposaient d’un fragment de pouvoir quand les électeurs ont eu la maladresse de leur confier quelques trop nombreuses municipalités.

Assurément, c’était une excellente idée que d’invité celle qui “ amène le pire ” ce 9 novembre 2011, marque d’un certain sens de l’à-propos, à moins qu’il ne s’agisse de celui de la contre-danse.

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