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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Huffington Post, le post, le Monde, la fin d'un monde ?

Aujourd'hui, J moins 94 pour le 1er tour, J moins 108 pour le second tour !

On ne devrait pas sous-estimer ce qui est en train de se passer sur l’Internet avec l’arrivée de la version française du Huffington Post, qui va faire du service de communication sous la houlette de Madame A. Sinclair, directrice éditoriale, de Monsieur D. Kessler, directeur de la publication et de Monsieur P. Ackermann, rédacteur en chef. Ces trois-là vont probablement nous faire un sacré ménage, en remettant de l’ordre là où règne le chaos !
Madame A. Sinclair a connu son heure de gloire au temps de la Mitterrandie quand elle animait des émissions politiques, en particulier sept sur sept, sur TF1. La privatisation au profit du mieux-disant culturel [ qui s’est résumé à la formule suivante : " Le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit. Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. " ] ne l’a pas trop gênée puisqu’elle est restée au service de " chaîne de télévision " jusqu’en 2001, date à laquelle un désaccord avec Monsieur F. Le Lay l’a amenée à s’en aller. Pendant toutes ces années et après, elle s’est attachée à entretenir la rubrique " dérisoire " de l’onglet " pipole " des sites de la presse qui fait prévaloir le poids de mots inconsistants et le choc des photos insignifiantes.
Monsieur D. Kessler est directeur du magazine branchouille germanopratin " les Inrockuptibles " qui bénéficiait un temps d’heures de publicité gratuite sur les ondes publiques quand c’était Monsieur N. Demorand qui en occupait la tranche matinale. Diplômé de tout et du reste, conseiller d’État, un temps directeur de France Culture, c’est le genre de type qui ne craint personne, il officie dans l’audiovisuel depuis près de vingt ans !
Monsieur P. Ackermann, le Genevois de l’étape, est à la tête de la rédaction de ce site d’actualité dont le succès aux Etats-Unis serait dû à un savant mélange entre informations, divertissement et blogs de personnalités, sur fond de ligne éditoriale progressiste. Alors qu'il travaillait à " L'Hebdo " à Lausanne, Monsieur Ackermann s'est fait un nom en France en relatant les émeutes des banlieues françaises, fin 2005, pour le compte du Bondy blog, opération lancée par le journaliste d'Yverdon-les-Bains, Monsieur S. Michel. Entre-temps, Monsieur S. Michel, qui se réjouit de voir rappliquer celui dont il pense qu’il aune bonne expérience de la presse hexagonale, a été nommé directeur adjoint des rédactions du " Monde ".
En voilà des gens qui sont contents de se retrouver, et ne sommes-nous pas heureux de nous associer à leur bonheur ? Le petit problème de tout cela, c’est la réaction de ces rabat-joies de journaleux qui ne comprennent pas grand-chose à la nécessaire réorganisation d’une presse en proie à des difficultés dont les esprits chagrins disent que c’est elle-même, ou du moins les grands patrons qu’elle s’est choisis, qui les a créées.
Ainsi, comme le rapportent plusieurs organes de presse, certains rédacteurs du Monde sont loin d’être rassurés à l’idée de l’arrivée de Madame A. Sinclair dans un projet pourtant financé en partie par le groupe Le Monde. Opacité, ignorance, [ " On a tout appris par la presse " ], tenue à l’écart, interrogations diverses sur les répercussions sur l’image du site du Monde, à tel point que le président de la société des rédacteurs du Monde (SRM), autrefois véritable et vénérable institution mise en place du temps de Monsieur H. Beuve-Méry, en est à " attendre de voir le côté éditorial. Il n’y a pas de procès d’intention. Mais Le Monde a une bonne image éditoriale et on a peur de l’abîmer " !
En effet, si l’on s’en tient au curriculum vitae des trois protagonistes, on a quelques raisons d’être inquiet quant à l’utilisation du logo du Monde sur un site qui mélangera informations, divertissement, opinions et blogs écrits par toutes sortes d’intervenants, dont des célébrités, traitant en même temps d’actualité, de politique, de culture, des media ou de mode, de style et santé, autant de sujets qui se valent et dont aucune ne peut être qualifié de futile.
Il faut admettre que le pire est à venir puisque Madame A. Sinclair aurait approché, accrochez-vous, l’ancienne Garde des Sceaux, Madame R. Dati, Monsieur J. Dray ou encore le " journaliste " Monsieur A. Adler. On comprend mieux maintenant quel sens il faut donner à la " ligne éditoriale progressiste " qui ferait la bonne fortune de ce site outre-Atlantique, de même que cette brochette de nécessiteux a de quoi donner des sueurs froides à ceux qui croient encore au métier de journaliste.

Cette arrivée peut aussi apparaître comme une sorte de dénouement, l’aboutissement du travail de sape entrepris par l’un des anciens directeurs du Monde, Monsieur J.-M. Colombani, grand acteur de sa déconfiture financière par l'endettement qu'il y a créé quand il l’a lancé dans l’aventure chimérique de la constitution d’un vaste groupe de presse entre 1995 et 2005. Adoptant une posture analogue à celle de Monsieur P. Beregovoy qui, pour faire moderne et complaire aux banques, à concédé aux circuits financiers le privilège exclusif de prêter à l’État, Monsieur J.-M. Colombani s’est lancé dans une politique d’achat tous azimuts, d’investissements hasardeux, de restructuration brutale et de déménagement inutile qui ont conduit un journal aux finances saines et à la qualité indiscutable à ne devenir qu’un support publicitaire contraint de manger dans la main de ses annonceurs. Actuellement, le Monde est contraint, à peu près tous les deux ans, à changer sa maquette, à recourir à l’usage abusif de la photo, à privilégier le sensationnel, à réduire le rédactionnel. Ceux qui ont lu ce journal il y a quarante ans ne s’y retrouvent évidemment pas, et l’ont forcément déserté, sous les coups de butoir de gestionnaires au mieux maladroits qui ne craignent pas, par ailleurs, de faire la roue toutes les semaines sur les ondes publiques ou leur intéressant au cercle des épargnants.
On est même en droit de s’interroger : après la mue forcée de France-Soir qui a abandonné la version papier, le Monde n’en est-il pas au chant du cygne ?

Cet article a été écrit grâce aux renseignements trouvés sur les sites suivants :

dna.fr/actualite/2012/01/18, 20minutes.fr/medias, lessentiel.lu/fr, lessentiel.lu/fr, 20min.ch/ro.

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