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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

indignés_15/X/2011_14h00_place kléber_strasbourg – suite

jeangamm@free.fr a envoyé ce texte en guise de "commentaire" à l'invitation à participer à la journée de demain à Strasbourg, et ailleurs. Comme je ne suis pas intégralement idiot, j'ai bien compris, comme vous quand vous lirez ça, qu'il s'agit d'une récupération maladroite et indigne, d'un texte et d'un mouvement qui puise son inspiration dans les errements et les entêtements de ceux qui nous vendent maintenant de la récession, de la misère etdu malheur. Je lui ai donc envoyé ce messsage en même temps que je publie sa contrefaçon.
"ton commentaire … ne m'inspire rien de bon, ton texte n'a pas beaucoup de sens, il véhicule les stéréotypes éculés d'une vieille droite réfractaire au progrès social. que penser de ceux qui s'approprient un texte, le détournent, le travestissent et jettent le discrédit sur celles et ceux dont le seul tort est de se défendre contre les prédateurs ? la tentation est grande de le rejeter, mais comme je ne te ressemble pas, et que je pense qu'il est normal que les "opinions" même les plus stupides, aient le droit à lexpression. tu comprendras donc que je le publie en l'assortissant de quelques précautions d'usage, bien que je sache que les lecteurs de mon blog attentifs et majeurs."

Et maintenant, le texte en question :
Voici une autre version de la fable qui me parait nettement plus crédible :
Le maire d'un village et une partie de son conseil municipal s'étaient mis en tête de réguler la possession des ânes sur leur commune. La mairie s'était donc octroyée le monopole de l'élevage d'ânes et vendait les bêtes aux paysans à un prix fixé par ses soins.
Certains paysans étant trop pauvres pour acquérir leur âne, le maire, qui pensait à sa réélection, décida qu'il fallait les aider. Il pria donc avec insistance son ami banquier d'accorder des prêts avantageux aux paysans les plus pauvres. Sachant que l'argent de la commune et des impôts transitait par sa banque, le directeur ne pouvait pas refuser. Il accorda donc, des prêts de 100 € aux paysans les moins capables de les rembourser.
Le banquier était un peu inquiet des risques que le maire lui faisait prendre car il n'avait que les ânes pour garantie. Mais constatant le succès de cette première opération, le maire se dit que les réticences du banquier disparaîtraient si le prix des ânes augmentait. Comme il détenait le monopole de l'élevage, il maintint le nombre de nouveaux ânes proposés à la vente en dessous de la demande. Le prix des ânes se mit à grimper, d'abord à 150 €, puis à 200 €. Même s'ils n'arrivaient plus à payer leurs échéances, les paysans pauvres pouvaient toujours revendre leur âne pour rembourser leur prêt en faisant une plus-value confortable.
Tout le monde au conseil municipal était convaincu de la sagesse de la politique du maire. Un nombre croissant de paysans pauvres accédait à la propriété des ânes. La banque reçut des félicitations officielles pour sa politique non discriminante.
Lorsque le cours de l'âne atteignit 500 €, le nombre de défaut de paiement devint trop important et de nombreux ânes, saisis par le banquier, se retrouvèrent sur le marché, provoquant la chute des prix de l'animal. Après quelques mois l'âne valut 80 €. Les paysans préférèrent voir leur âne saisi plutôt que de continuer à payer trois ou quatre fois son prix, ce qui mit la banque au bord de la faillite.
Le maire et le conseil municipal décrétèrent que la banque avait été imprudente et cupide. Ils publièrent un communiqué dans lequel ils affirmaient que la bulle ânière était due à la spéculation, conséquence d'une dérèglementation bancaire. Une faillite de la banque aurait eu des conséquences dramatiques pour toute l'économie locale, le maire fut donc obligé de la renflouer précipitamment. Soucieux de paraître contrôler la situation, il décida aussi de relancer l'économie du village en prêtant de l'argent à certains riches artisans de la commune, lesquels devinrent ses fervents supporters.
Malheureusement la commune était déjà extrêmement endettée. Les maires successifs avaient dépensé sans compter pour acquérir le vote des villageois. Cette dernière et énorme dépense fit déborder le vase. Les villageois travailleurs et économes qui avaient prêté à la commune commencèrent à douter de sa capacité à les rembourser. Pour rassurer de nouveaux prêteurs et éviter de payer des intérêts plus élevés, le Maire dut s'engager, la mort dans l'âme, à réduire les dépenses.
Pour protester contre cette situation des villageois se déclarèrent "indignés" et organisèrent des manifestations au nom des paysans pauvres qui avaient perdu leur argent, leur âne et leur travail.
Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que ces indignés sont en fait des employés municipaux qui tirent l'intégralité de leurs revenus du déficit communal.
Très généreusement l'opposition municipale a promis d'augmenter leurs effectifs et leurs salaires en taxant les artisans et fermiers les plus prospères ainsi que la banque.
Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois pauvres et les villageois industrieux. Et vous, que feriez vous à leur place ? Que ferez-vous le samedi 15 octobre 2011 ? (journée internationale des indignés) Faites déjà passer cette histoire à votre voisin…

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Régis Hulot 15/10/2011 08:56



Il ne faut pas être grand clerc pour voir d'où vient le coup...


 


C'est d'ailleurs une des grandes habitudes de l'extrême-droite (souvenez-vous de J.-M. Le Pen, hilare, au soir du premier tout de 2002, reprenant les premiers mots de S.S.Jean-Paul II "n'ayez pas
peur! entrez dans l'espérance") de reprendre, de piller la rhétorique de gauche (voire d'extrême-gauche) pour la détourner de son sens originel.


 


Ici, et fois de plus, le droite dure, dure aux faibles, dure aux pauvres, dure aux inadaptés, dure aux "inemployables" - les bouches inutiles, les vies indignes de vivre du programme T4 - exprime
bien sa détestation de tout ce qui peut être "social", "communautaire", "solidaire". Mais il serait trop long de toute reprendre.


 


Contentons-nous d'une remarque sur le détournement idéologique, qui apparaît dès le début du texte.


Le maire d'un village et une partie de son conseil municipal s'étaient mis en tête de réguler la possession des ânes sur
leur commune. La mairie s'était donc octroyée (sic) le monopole de l'élevage d'ânes et vendait les bêtes aux paysans à un prix fixé par ses soins.


Allusion directe à une économie administrée, de type RDA (DDR, pour les germanophones, merci), qi n'a pas lieu d'être ici. La "crise des ânes" n'a pas eu lieu en URSS, en Albanie, en Corée du
Nord, mais aux États-Unis d'Amérique, et jamais l'administration américaine n'a fixé le moindre prix, ayant au contraire "dérégullé" (anglicisme) à tout va depuis trente ans. Et si les paysans se
sont endettés plus que raisonnable, c'est qu'ils ont été contraints de le faire, pour deux raisons: d'une part, la spirale infernale du désir-frustration induite par la publicité dont use la
société pour accélérer la consommation, d'autre part, l'injuste répartition des ressources entre travail et capital, qui n'ouvre aux paysans que la porte d'un crédit (très rémunérateur pour les
banques) pour atteindre, ou conserver, un niveau de vie conforme à leurs espérances.


 


Bonne journée à tous, en espérant un meilleur destin aux paysans et à leurs ânes.