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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

“ l'affaire ”

Qui pourrait accorder la moindre once de vraisemblance à l’information suivante :
“ Albert Jacquard, chroniqueur sur France Culture et compagnon de route de feu Théodore Monod, est suspecté d’avoir détourné au bénéfice de ses amis proches et intimes des sommes en liquide reçues lors des conférences qu’il a données à l’occasion de la sortie de ses livres. ”

Personne, évidemment, car ces deux figures majeures de la vertu témoignent, ou ont témoigné, par leur comportement, leur attitude, leur engagement d’une probité que nous savons tous à toute épreuve. C’est donc invraisemblable. Et c’est le grand drame de cette affaire dont on ne sait plus comment on doit l’appeler, est-ce du nom d’un ministre de la République, de son épouse, de l’une des femmes les plus riches de France ou de l’un de ses domestiques, ou bien encore de l’une des communes du département le plus riche de France, qui met en scène des personnages dont nous pensons qu’il n’est pas invraisemblable qu’ils n’aient pas la même exigence de probité que Théodore Monod ou Albert Jacquard.

Le pire dans une affaire, c’est que ceux qui en sont à demander, voire à implorer, qu’on leur dise ce qu’on peut bien leur reprocher, sont peut-être, voire sans doute, sincères dans leur supplique.
En ce sens qu’ayant perdu tout sens de la mesure, parce qu’ils sont intégralement déconnectés de la réalité qu’ils imposent à plus de 62 millions de leurs concitoyens [ d’ailleurs, nous considèrent-ils vraiment comme leurs concitoyens, quand on les entend parler de “ ce pays ” qui serait commandé par des réflexes qui leur semblent étrangers ], ou du fait de leur méconnaissance de notre vie [ il suffit d’observer leur regard interrogateur lorsqu’ils sont quelque part et qu’ils doivent rencontrer ces individus bizarres aux mœurs étranges qui travaillent pour si peu, ne fréquentent pas les champs de course, ne sortent pas en “ cravate noire ” ou n’arborent pas les mines satisfaites de ceux dont on devine que Papa a eu de la chance ; on en aura encore une illustration lors du prochain déplacement du ministre du Travail, et héros malheureux d’une saga politico-médiatico-financière, dans les usines Alsthom d’Alsace, attendons-nous au pire ! ], ils ne parviennent pas à comprendre pourquoi on viendrait leur chercher des poux dans la tête au prétexte qu’ils auraient été plus ou moins témoin plus ou moins éloigné d’une transaction portant sur quelques centaines de milliers d’euros.
Mais ces gens savent-ils que pour la plupart d’entre nous, 50 000 euros, c’est entre deux et trois années de travail, imaginent-ils que 150 000 euros, pour la plupart d’entre nous, cela représente un patrimoine que nous ne parviendrons jamais à économiser pour nous mettre à l’abri du besoin, que 7 500 euros [ le maximum de dons qu’une personne privée peut faire au parti politique de son choix ], c’est plus d’une demi-année de salaire. Et doit-on continuer l’énumération de ce qui ressemble maintenant à un étalage obscène d’une richesse d’autant plus insupportable qu’elle dégouline de cette ostentation chère aux parvenus.

Comment ose-t-on faire avaler qu’un personnage déguisé en trésorier pourra remercier un généreux donateur lors d’une soirée du “ premier cercle ” et quelques heures plus tard recommandera la plus extrême sévérité à l’encontre de ce même donateur dans le cadre d’un contrôle fiscal ?

Si les informations sont vraies, comment peut-on imaginer qu’une entreprise privée qui perd la moitié de sa valeur en moins d’une dizaine d’années puisse récompenser son personnel en triplant les salaires durant les deux dernières années de cette déconfiture financière ?

Et comme il ne faut pas se substituer à une administration judiciaire qui semble très occupée par le sujet, on ne s’étendra pas sur les outrances de langage de tous ces gens qui nous expliquent, avec une véhémence qu’on ne leur soupçonnait pas, qu’ils sont plus calmes encore et que tout cela ne les affecte pas le moins du monde. Tout comme on s’abstiendra de tout pronostic quant à la prestation de Monsieur le président de la République dont on espère qu’il saura un peu mieux trouver ses mots qu’il n’a pu le faire lorsqu’il visitait un hôpital de la région parisienne et qu'il s'agissait de défendre l'honneur [ toujours les grands mots ! ] du favori de l'instant.

Tout cela donne une vision pathétique et pitoyable mais surtout bien triste de l’état dans lequel se trouve plongé celles et ceux qui devraient avoir en tête de gouverner notre pays, notre communauté, notre collectivité, et non pas d’utiliser les moyens de l’État ou une notoriété d’occasion pour défendre l’indéfendable et s’engager maladroitement dans des ornières où ils ne feront que s’enliser.

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