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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

L’étrange soirée au relais culturel

On organisait un débat dans la grande salle du relais culturel ce lundi soir, à 18h00. Beaucoup de monde, signe que contrairement à ce que nous serinent les gazettes, le Peuple est intéressé par la chose politique. Y aura-t-il plus ou moins d’abstentions que la dernière fois ? Ce sera plus le fait de la mobilisation des citoyennes et des citoyens eux-mêmes que de la profondeur des réflexions qui nous ont été livrées plus de deux heures durant.

Mais globalement, incontestablement, et bien que cela ne soit d’aucune utilité en terme d’efficacité électorale [ on se rappelle ce débat de 1993, également au relais culturel, au cours duquel un ancien conseiller régional écologiste, complètement disparu de la circulation depuis, avait créé la sensation en s’imposant à la tribune face à Monsieur F. Loos, finalement élu, et à Monsieur P. Bertrand que l’on présentait à l’époque comme l’héritier de Monsieur F. Grussenmeyer, et qui avait commencé son intervention par un retentissant “ D’abord l’Homme ! ” impérissable pour ceux qui l’ont vécu, et repris ce soir par Monsieur C. Gliech ! ], puisque chacun sait que c’est en arpentant les rues des villages depuis des mois que l’on est élu conseiller général, c'est le maire de Wissembourg qui est le grand gagnant de cette soirée. On en trouvera quelques éléments plus bas.

Un mot quand même de Monsieur Loyal, qui n’a pas trouvé un mot pour couper la chique à ceux qui ont trusté la parole les trois quarts du temps, réservant son ire au représentant des amis du Steinbaechel, pressé dès le second mot de sa courte intervention de poser sa question. Il va de soi qu’un citoyen qui a le front de prétendre parler plus de 15 secondes pour autre chose qu’interroger selon l'ordre établi les représentants de l’ordre établi est insupportable pour celui qui accepte qu’un des candidats, le sortant, lui serve du “ Bernard ” pratiquement à chaque fois qu’il lui adressait la parole. Dis-moi qui sont tes amis, et je te dirai qui tu es. En tout cas, voilà quelqu’un qui a bien du mal à imaginer que l’on change ou que l’on évolue à l’échelle du quart de siècle, lui qui a su rester intégralement fidèle à lui-même sans jamais sembler s’interroger d’aucune façon, perclus de certitudes et de bon sens qui, lui, ne ment pas..

Si le maire de Wissembourg, Monsieur C. Gliech, a fait le trou, a contrario l’ancien maire de Wissembourg, et conseiller général sortant, ex-premier vice président du conseil général, et actuellement, mais pour combien de temps, président de la commission de la coopération transfrontalière et décentralisée dont on peine à trouver les comptes rendus d’activité, a brillé par l’insignifiance de son propos en général. Il aura été somme toute fidèle à lui-même, dans le droit fil de ce que l’on constate au conseil municipal, quand il ne maîtrise manifestement rien de ces fameux dossiers qu’il prétend connaître sur le bout des doigts. Le summum du ridicule a été atteint lorsqu’il est parti dans un plaidoyer … pour les pistes cyclables qu’il a poursuivi ensuite en s’engageant pour le train. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus pour parler de ceux que l'on voit si peu dans le train ou sur un vélo. De même a-t-il eu beaucoup de mal à se sortir des questions économiques, lui qui a laissé le “ territoire ” comme ils disent tous, dépérir et se vider tranquillement de sa substance. Nous avons eu droit à un morceau d’anthologie quand il a expliqué pourquoi il était candidat : passionné par la réforme institutionnelle en gestation, il s’apprête à relever le challenge [ on suggèrera défi ] et se targue de présenter des garanties d’équité entre les différentes communes. Ce genre de propos a l’avantage de ne rien vouloir dire tout en agglomérant des mots ronflants qui voudraient crédibiliser le discours. C’est à peu près sans intérêt. Tout le reste a été du même niveau avec des lieux communs sur la crise qui nous appauvrit et prive les restaurateurs de la clientèle qu’ils avaient il y a une quinzaine d’années. Il faut vraiment avoir passé 26 ans au conseil général pour être capable d’énoncer de telles banalités en ayant l’air d’être convaincu par son propos.

Le maire de Wissembourg avait manifestement préparé son truc puisqu’il avait amené ses fiches, connaissait les dossiers qu’il avait l’intention de présenter, savait nommer tous ses interlocuteurs des précédentes années ainsi que les instances dans lesquelles il les avait rencontrés. Il lui a fallu combattre tant à droite, mollement puisque l’adversaire a été plutôt terne, qu’à gauche d’où son ancien adjoint [ dont tout le monde dit qu’il a été déchu, alors qu’il suffit de dire qu’on lui a retiré ses délégations, sans en rajouter ; déchoir signifie quand même tomber en décrépitude, se dégrader, s’abaisser et a une connotation péjorative humiliante qui se retourne immanquablement contre celui ou celle qui l’emploie ] ne lui a pas fait de cadeau. Laissons cela au niveau des querelles d’ego. Bref, Monsieur C. Gliech a pas mal d’idées sur pas mal de sujets, en particulier sur le rôle d’animateur qu’il assigne au conseiller général. Sans doute est-ce parce qu’il a maintenant cette expérience de trois années de mandat municipal qu’il a convoquée fréquemment qu’il sait réellement ce qu’il (ne) faut (pas) faire pour rassurer tout le monde. Tourisme, économie, attitude à l’égard des associations, réforme territoriale, politique de transport en commun, gestion des hôpitaux, démographie, logement, tout y passe au crible de la grille de lecture d’un gestionnaire qui sait lire un bilan, lui, qui a des réponses à tout, lui, et qui prend par conséquent plus que son temps pour les exposer. D’ailleurs, avait-on eu la prudence de préciser aux candidats que leur temps de parole était compté pour que le public puisse poser des questions ?

Monsieur A. Perrin devait exister entre les deux personnages qui ont été présentés comme les deux acteurs principaux de la revanche des municipales de 2008 que le journaliste-sic a eu la bon goût de présenter comme une surprise [ en omettant bien sûr de préciser qu’un périodique, qu’il abhorre, en avait anticipé le résultat et que ses confrères de la presse régionale audiovisuelle s’étaient rendus aux arguments de cette insupportable publication ]. Il a essayé avec plus ou moins de bonheur d'en finir avec le ronron en proposant par exemple un musée européen dans la palais Stanislas histoire d’occuper des lieux chargés d’histoire dont on ne dira jamais assez qu’ils ont été échangés contre une bâtisse hideuse aux marches de la ville, et ce à l’initiative du conseiller sortant et de l’ancien président du conseil général, et maintenant président de la région en même temps que ministre rattaché au ministre de l’Intérieur. C’était en gros n’importe quoi, et cela se termine en eau de boudin, dans une sorte d’embrouille générale, chacun essayant de masquer sa propre impéritie sous les oripeaux des restrictions budgétaires. C’est en fait assez proche de zéro. Comme les autres, Monsieur A. Perrin est pour le soutien aux associations et a son idée sur le canton “ en termes de pertinence ” comme la question a été posée par le journaliste-sic qui a sûrement cru s’inscrire dans les grands débats qui agitent le macrocosme branchouille politico-médiatique.

Quand aux deux autres, restons-en au candidat régionaliste plus sympa que pronostiqué qui, en proposant que la région unifiée dispose d’un ministre-président à l’instar de ce qui se passe en Allemagne a eu le mérite de sortir des sentiers battus de la langue de bois lourdement chargée qui nous a été infligée par les autres. Pour le reste, le couplet invariable sur les bienfaits du bilinguisme qui serait la résolution de tous nos problèmes mérite autre chose qu’un débat du genre de celui de ce soir.
On ne dira rien du candidat du parti qui veut supprimer les élections, si ce n’est que se réclamant du nationalisme et de la famille, nous avions en face de nous un personnage national-famillialiste.

En fin de partie, le journaliste-sic est venu s’expliquer auprès de mon voisin à qui il avait coupé le sifflet en prétextant le manque de temps, alors qu’il venait de solliciter deux fois la salle pour qu’elle pose des questions : Monsieur était pressé par le temps. Mais bien sûr, “ Bernard ” !

Que dire au terme de ces deux heures ? Comme d’habitude, et parce que les règles sont transgressées par ceux-là mêmes qui nous donnent des leçons, il n’est pas possible d’engager réellement un débat. Il suffirait que chaque candidat dispose de 5 minutes pour exposer les grandes lignes de son programme. Il resterait alors une bonne heure et demie pour que cinq à six interventions viennent du public, étant entendu que les candidats ne disposent pas de plus de trois minutes pour y répondre. Nos personnages auraient encore eu deux à trois minutes pour conclure, et chacun serait rentré chez lui avec la satisfaction d’avoir participé à un grand moment de démocratie directe. Il faudrait alors que ceux qui s’obstinent à croire que leur discours est intéressant cèdent la place, pour une fois. C’est sans doute ce à quoi nous allons nous employer dès maintenant.

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