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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

l'incroyable monsieur b. courturier !

Sans doute faudra-t-il tenir la rubrique du chroniqueur en lui réservant une catégorie à part ! Il avait fait une grosse impression le 30 novembre dernier en s'en prenant, foulant aux pieds toutes les règles de la courtoisie élémentaire, à Monsieur P. Jorion. Il y a aussi eu le 14 février. N'oublions pas le 9 novembre 2011, le 11 octobre 2011, pas plus que le 11 janvier 2012. Eh bien, il a réussi ces derniers jours à en sortir quelques-unes de derrières les fagots qui font honneur à l'intelligence et à l'esprit d'à-propos.

Adepte d’un pseudo juste milieu qui renvoie invariablement à droite, et toujours plus à droite, de l’échiquier politique, notre Couturier de France Culture, adore le cabotage de la parole qui va ici et là butiner quelque idée à la mode, soi-disant consensuelle, pétrie de bonne conscience petite-bourgeoise, soucieuse de bonnes œuvres et de rappels trempés dans l’eau bénite d’un humanisme dont on perçoit trop les contours.
Une fois, entre autres, il se prend de compassion des ouvriers chinois …

[ c’était le 29 février dernier, sans doute le syndrome de l’année bissextile qui le verra probablement dans quatre ans s’embarquer à nouveau dans la défense des opprimés par ceux dont ils ne cessent de chanter les louanges parce qu’eux seuls sont en mesure de "nous" tirer du sous-développement ].

Monsieur B. Couturier …

[ qui se cesse de se réclamer des Lumières, les pauvres, ont-elles mérité cela ? ]

… à l’instar d’un président de la République sortant, découvre que le fameux "progrès" chinois dont il se félicite, ne se fait que sur le dos de l’écrasante majorité, pour ne pas dire la quasi-totalité, des Chinois au prix d’invraisemblables dommages sociaux, culturels et environnementaux. Il était temps, pour quelqu’un qui sait lire à toute vitesse, probablement deux ou trois livres par jour, en même temps qu’il rédige des dizaines de fiches de lectures sur les innombrables revues qui lui passent entre les mains. Ce jour-là, le 29 février dernier, il n’hésite à faire l’apologie des syndicats [ ?! ] et va jusqu’à prédire une autre révolution culturelle, tout en prenant garde à l’assortir de ces guillemets dont on ne sait à quoi ils renvoient. Monsieur Je-sais-tout a aussi ses solutions, très nouvelles en plus que très efficaces, puisque ce sont celles qui nous ont amenés à la ruine que nous connaissons, y compris dans des pays réputés riches …

[ il n’est pas inutile de rappeler que le vingt-huitième pays de l’Union européenne compte une population active d’une vingtaine de millions de personnes, soit une population d’une quarantaine de millions d’habitants, mais qu’il ne dispose d’aucune institution, c’est celui des chômeurs, mais on attend les grandes réformes lumineuses lancées par les amis de Monsieur Huit-heures-seize pour que les solutions éclairent les jours à venir ]

… Oui, à l’instar d’un président de la République sortant quand il nous a fait le coup de l’imposition toute relative des grands groupes du CAC 40, qu’il faisait mine de découvrir.
Il est tout de même curieux de constater que les qualités des ouvriers sont proportionnelles à l’éloignement géographique. Cela fait penser à ces gens qui ne sont jamais chiches de générosité pour aider des pauvres, à condition qu’ils soient exotiques et qu’ils aient la bonne idée de rester chez eux quand ils semblent complètement dépourvus d’imagination quand il s’agit de mettre un peu de justice sociale dans le pays ou la région qu’ils habitent. Souvent, comme le claironne jusqu’à provoquer la nausée d’un nombre maintenant consistant d’auditeurs le thuriféraire de la troïka à l’œuvre en Grèce, ils ne pensent qu’à ce qu’ils appellent réajustement, ponction et surtout réformes, substantif dont ils sont parvenu à prostituer le sens à leur profit et à leur cupidité pour le dévoyer et instiller le doute et la confusion dans les esprits. Ce doit être l’idée qu’ils se font des Lumières, mais là on est proche de l’escroquerie intellectuelle.

Presqu’un mois plus tard, on remet ça avec un pseudo-débat entre un banquier actionnaire d’organes de presse bobo présenté comme social-démocrate et un dirigeant de "bidon à idées" qui serait encore plus à droite que l’autre. En fait, on avait la confrontation entre deux conservateurs avec l’arbitrage d’une flopée de bien-pensants européo-libéralistes qui prétendaient nous expliquer que ça irait probablement mieux si ça n’allait pas moins mal. Là encore, notre chroniqueur de 8h16 met le paquet et trouve le moyen, en moins de trois minutes de n’avoir strictement rien dit puisque chacun des débatteurs, invités à s’exprimer sur ce qu’ils avaient entendu, n’a pu que rendre hommage à l’oracle rendu par la pythie de France culture. On ne saurait mieux faire. C’était un peu comme Coluche, l’humour et le génie en moins : je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire !

Ce matin, enfin le grand sujet, avec l’équipée sauvage de Toulouse. La nouvelle conscience morale de notre société tient une fois de plus l’occasion de la ramener avec ses sempiternelles bonnes raisons sur les uns et surtout les autres, particulièrement quand les assassins sont musulmans et les victimes sont juives …

[ il a fallu lui faire remarquer ce matin que sur les sept malheureuses victimes du tueur fou, il y avait trois musulmans ! ]

… alors qu’il pérorait sur un livre d’histoire universelle dont on vient de retrouver le manuscrit, écrit par un historien, Lucien Febvre, ancien ami de Marc Bloch, avec qui il a fondé la revue "les annales d’histoire économique et sociale", et qu’il a plus ou moins évincé alors que Marc Bloch était entré dans la résistance [ il sera arrêté et assassiné en juin 1944 ]. Voilà qu’on repart dans la grande discussion du moment sur les origines de notre civilisation qui est celle de sangs mêlés et d’apports successifs cumulatifs. C’est vrai qu’il est intéressant de voir comment on envisageait la fraternité universelle au lendemain d’une seconde guerre mondiale qui ne fut jamais que la deuxième. Même ce livre qu’il faut regarder avec tout le recul nécessaire, sans prétendre y mettre ou retrouver les phantasmes identitaires que toute la [ droite de la ] droite nous sert jusqu’à l’écœurement, qu’il faut resituer dans un monde d’empires coloniaux, de droit indigène et d’écoles coraniques auxquelles la république laïque et bouffe-curé ne trouvait rien à redire, même ce livre donc est un prétexte à notre ami pour la ramener encore sur l’identité forcément française [ en fait veut-il plutôt parler d’identité franchouillarde ], puis de partir sur un cours dérisoire selon lequel il a découvert, lui, que l’histoire de notre pays s’est faite en même temps que celle des autres pays. En voilà une qu’elle est originale ! D’après lui, les Français s’empareraient chez les autres de ce qui va marcher chez nous [ ?! ] et de combiner à notre sauce ces emprunts faits ailleurs. Sauf que le mot identité n’est pas utilisé par l’auteur ! Zut, les petites mains rédactrices de la fiche se seraient-elles trompées ? Oui, la France est présentée comme un modèle, à l’instar de ce qui a été fait pendant les longues années de la Troisième République, et cela a forcément influencé les esprits. Il n’y a pas que la Troisième République qui a influencé les esprits, l’école de Chicago n'a-t-elle pas infiltré ceux des chroniqueurs de France Culture ? Ce que n’a pas compris, ou pas voulu comprendre notre bavard, c’est que ce livre d’histoire est une sorte d’ode à l’universalisme et à l’internationalisme, beaucoup plus qu’à l’européisme qu’il s’obstine à prêcher. Et il faut l’entendre s’emporter, intransigeant face à l’obscurantisme, contre ces civilisations ou ces dogmes religieux qu’il revendique de combattre, lui, qui se soumet sans combattre aux dogmes des argentiers du monde, il faut l’entendre contester, courageusement, seul contre tous s’il le faut, Voltaire en bandoulière. "Il n’y a pas de tarif réduit pour certaines religions ou certaines civilisations sous prétexte qu’elles font peur, et comme nous l’avons fait contre le catholicisme au XVIIIème siècle, nous sommes prêts à recommencer !" Si on le comprend bien, même l’occasion du commentaire d’un livre d’histoire novateur il y a cinquante ans est pour lui motif à nous resservir toute la logorrhée en vogue dans les diners à la mode de la rive droite. Et puis ce "nous" du courage inflexible de celui à qui on offre tous matins une tribune hypertrophiée a quelque chose de pathétique quand on se rappelle l’évocation du souvenir de Marc Bloch…
Et encore une petite dernière pour la route avec son ultime poussée quand l’un des invités suggère de ne pas ajouter de l’exagération à la démesure et qu’il se croit autorisé à réécrire l’événement en prétendant que, pour l’instant, ce sont des enfants juifs qui ont été tués, obligeant l’animateur à préciser qu’il y a eu aussi deux militaires français de confession musulmane et un autre qui était noir [ maintenant, on est tenté, à cause de types comme Monsieur B. Couturier, de devoir préciser que l’on est d’ascendance francilienne et de confession catholique conciliaire et non-pratiquant, quel progrès ! ]. Il aurait pu choisir de se taire jusqu’à la fin de l’émission, mais non, il aura fallu qu’il lâche que c’était Oskar Schindler qui avait fourni les uniformes polonais dont on a habillé les malheureux qui ont été utilisés, et exécutés, lors de la soi-disant attaque du poste de radio de Gleiwitz, histoire de semer une fois de plus le trouble et la confusion dans les esprits. Il aurait pu continuer en disant que Otto Frank faisait des affaires avec l’occupant nazi à Amsterdam, ou encore que Otto Weidt, le courageux Berlinois, vendait ses brosses et ses balais au camp d’Auschwitz. Mais sait-il qui est Otto Weidt ? Oui, c’est vrai, Monsieur Prolixe, vous pouvez tout dire, et ces derniers temps, c’est essentiellement n’importe quoi.

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