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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

l'interview imaginaire de monsieur timbale.

C'était hier dans l'édition locale des Dernières Nouvelles d'Alsace, l'interview impayable de la prochaine tête de liste – la troisième ? – qui nous dit que nous avons besoin d'être écoutés et qu'il va le faire avec les gens qu'il est allé chercher alors qu'il ne les connaissait pas. Il a oublié de nous dire qu'il espérait l'investiture de l'UMP, oui, mais laquelle, tendance droite populaire, droite sociale, droite républicaine, droite dure, droite molle, droite cuite ou droite crue. Nous verrons bien dans six mois ce que tout cela donne, et laissons les uns et les autres à leur fantaisie et à leurs espoirs.

Pumpernickel a de son côté réalisé l'interview de Monsieur Timbale, qui, lui aussi, est chef d'entreprise, est à Wissembourg depuis une quinzaine d'années. Il nous livre ses sentiments qui ont l'avantage d'être sincères. afin de donner sa pleine mesure.

Élu, Monsieur Timbale, chef d’entreprise, n’envisage pas de se dégager de ses obligations professionnelles pour disperser son temps et son énergie à construire l’avenir de Wissembourg qu’il envisage comme celui d’une société anonyme. Prônant l’exercice solitaire du pouvoir, il entend laisser faire et laisser passer, c’est là son cheval de bataille.
Installé à Wissembourg depuis une quinzaine d’années, et quasiment inconnu de la société locale, il est tombé, comme tout le monde, amoureux de la ville, mais à sa façon : "Wissembourg est comme un cimetière d’éléphants où ceux qui y sont nés reviennent y mourir après une vie d’errance ! On trouve ici l’identité très forte des imbéciles heureux qui sont nés quelque part, comme le chantait Georges Brassens, une passion pour la terre qui n’a rien d’original. On croit s’y sentir très vite très bien, mais c’est une illusion, car il faut ramer pour décrocher la timbale !"
Ni pour ni contre, bien au contraire.
Il s’y sent si bien qu’aujourd’hui il veut solliciter les suffrages des Wissembourgeois en conduisant aux élections municipales de mars prochain une liste dont le slogan est "Ensemble, faisons croître nos valeurs", sans préciser toutefois qu’elles sont cotées au CAC40.
Il n’a pour sa ville de cœur aucun projet : "Nouveau ici, je ne sais rien de sa gestion, ni actuelle ni passée. C’est pourquoi je me garde d’apparaître sur les bancs du public lors des conseils municipaux pour manifester cette passion que j’aurais. Comme tout le monde, je dis que je constate un manque d’écoute de la population, d’engagement et de dynamisme." Mais s’il n’est contre personne, il dit, en homme qui n’a pas de passé, préférer la proposition dans la critique, à moins que ce ne soit le contraire, on ne sait trop. "Finissons-en avec les querelles et tournons-nous vers l’avenir conditionné par le décrochage de la timbale !", un domaine auquel il a consacré toute sa vie professionnelle.
L’économie, un souci ?
"On est à un tournant, estime-t-il. Ouvrons tout, ne préservons plus ni qui ni quoi que ce soit, l’avenir, c’est la liberté intégrale, de dire et de faire n’importe quoi n’importe comment n’importe quand et avec n’importe qui ! C’est comme ça que l’on va préparer Wissembourg pour les vingt-cinq prochaines années, en permettant à des petites structures de s’installer et de grandir. Que l’économie se débrouille, peu m’importe les emplois ou que la vie locale se vivifie, ce n’est pas à moi de m’en occuper. il se trouvera bien une occasion ici ou là, on verra. Que chacun s’inspire de mon expérience professionnelle et démontre qu’il est bien formé, qu’il a de la valeur, ajoutée de préférence, et du potentiel, et basta ! Si avec tout ça on ne trouve pas de débouchés, et qu’on ne décroche pas la timbale, c’est à désespérer !"
Il voit bien le rôle des collectivités publiques : "La ville n’est pas là pour faire la courte échelle à ceux qui n’ont qu’à être réactifs pour décrocher la timbale. À chacun de créer un appel d’air, de nouer des partenariats avec qui il veut pour créer l’ambiance propice à la fructification du capital financier, et que le personnel se débrouille. Et dès que la pompe à vide va se mettre à fonctionner, de préférence à plein tube, on va être surpris des résultats ! Peut-être que, profitant de notre situation, idéale, à proximité de grandes villes françaises et allemandes, deux ou trois entreprises s’installeront-elles, suivies d’autres, pourquoi pas ! Croisons les doigts, si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal ! En plus d’avoir une opinion extrêmement favorable de ma modeste personne, je suis optimiste quant aux vertus du tiroir des possibilités qu’on trouve dans la commode des solutions pour décrocher la timbale."
La passion vs la raison !
Monsieur Timbale est un gars qui n’en veut, tous azimuts ! Tourisme, patrimoine architectural et naturel, vie associative seront les autres mamelles du renouveau local, dont il faut bien parler, même si on n’y a peu contribué ces treize dernières années…
Avec tout ça, celui qui va tout changer n’est pas connu, mais est-ce un handicap ? Non, puisque ses deux prédécesseurs ne l’étaient pas non plus quand ils ont décroché la timbale. Chef d’orchestre de liste, il envisage l’harmonie au sein d’une équipe – "mon équipe" – où chaque membre aura sa place, pour que ça sonne juste, et qu’importe s’il ne sait pas jouer de tous les instruments. Les membres de son équipe auront la place qu’il leur affectera, car il est tout de même allé les chercher alors qu’il ne les connaissait pas auparavant, ce qui ne les a pas empêchés d’être convaincus par son projet. "Et ils m’ont convaincu parce qu’ils ont le même moteur que moi — la passion des rapports humains."
Car il ne propose pas moins qu’une révolution copernicienne à la wissembourgeoise, en usant d’un slogan que l’on n’a jamais entendu, "remettre l’homme au cœur des préoccupations pour que chacun s’exprime et donne sa pleine mesure". Soit dit en passant, c’est mot à mot le discours de Pierre Bertrand en 1993 quand il s’est fait bananer par François Loos, et celui de Christian Gliech depuis qu’il a endossé le costard du maire qui n’aspire qu’à une chose, être réélu.
Il ne reste plus qu’à espérer que la liste emmenée par ce troisième homme – mais où sont les femmes ? Simone, au secours, sauve-nous ! – nous surprenne autant que le factum verbeux que le journaliste a été contraint de reproduire. Car, comme dirait le duc d’Elbeuf, c’est avec du vieux qu’on fait du neuf, et un point à l’envers, et un point à l’endroit,…

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