Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

La semaine des fous

C’était samedi 14 mai que l’on recommençait à interminablement compter les morts, les blessés, les arrêtés et les torturés, tous victimes des exactions des troupes ou des groupes paramilitaires à la solde du pouvoir syrien. Les manifestants qui ont le tort de ne réclamer que le respect de la dignité que l’on doit à tout être humain sont jetés dans des cellules où ils sont roués de coups avant d’être traînés dans les salles de torture d’où ils ressortent, dans le meilleur des cas, sans dents et sans ongles. Les rares étrangers qui ont été relâchés des geôles syriennes les décrivent comme des lieux où règnent des voyous qui n’ont que faire de s’embarrasser de quelques sentiments qui soient. Ce ne sont que cris et hurlements sur fond de terreur.

Dans le même temps, et singulièrement le 15 mai, les Palestiniens ont entrepris de marcher sur les frontières d’Israël, nombre d’entre eux en possession des clefs des maisons dont ils ont été chassés il y a 58 ans. Bien mal leur en a pris puisqu’ils ont été une bonne douzaine à y laisser la vie, victimes des tirs d’une armée israélienne qui se comporte maintenant comme toutes les armées d’occupation du monde, l’état d’Israël se comportant lui-même comme tous les états d’occupation du monde : mise en coupe réglée, arbitraire, intimidation, brimades et spoliation. Même le président des Etats-Unis d’Amérique le reconnaît de fait puisqu’il demande, sans l’exiger, qu’un terme soit mis à l’occupation et à son corollaire, la “ colonisation ”. La répression des manifestations de commémoration de “ la Nakba ” a fait en plus des dizaines de blessés, qui ont rejoint les victimes de celles et ceux qui ont l’insolence de protester contre les nouvelles implantations de logements dans la partie Est de Jérusalem.

On ne vous l’a pas dit trop fort, mais un 58ème soldat français est mort en Afghanistan. Cyril Louasil, 24 ans, marsouin du 2ème RIMA, ne reviendra donc pas de sa 3ème opération extérieure. Les quatre soldats qui l’accompagnaient, blessés, ont pu être rapidement évacués vers l’hôpital de Kaboul. Si la proportion est respectée, cela voudrait dire qu’il y aurait des centaines de militaires blessés du fait de ces opérations dont tout le monde s’accorde à dire qu’elles sont menées en pure perte, et en dépit de tout bon sens de surcroît.

Depuis fin janvier, ce sont maintenant près de 200 personnes qui ont été tuées au Yémen, victimes de la répression policière et militaire de l’insurrection populaire. Cela s’accompagne naturellement d’une nombre encore plus important de blessés soignés tant bien que mal par des équipes médicales servant souvent de cible aux troupes de “ maintien de l’ordre ”.

Pendant ce temps, et c’est Dominique Leglu, directrice de la rédaction de SCIENCES & Avenir, qui nous le dit dans le dernier post de son blog, une réunion va se tenir sur la bien belle “ Ile du Bonheur ” [ qui se dit en japonais, comme personne ne l’ignore … Fukushima ( ! ) ; oui, c’est un peu comme Tchernobyl, qui veut dire armoise, genre auquel appartient l’absinthe, le nom de cette météorite qui, selon l’Apocalypse, en tombant sur la Terre a empoisonné le tiers des eaux en les rendant amères ] qui permettra aux Chinois et aux Sud-Coréens de s’entendre avec l’ennemi et envahisseur d’hier [ les massacres de Nankin de mi-décembre 1937 à mi-février 1938 ont fait au moins 200 000 morts, dont des milliers d'enterrés vivants ; des dizaines de milliers de femmes ont été violées par des troupes hystériques avant d'être tuées dans des conditions atroces ] pour lui permettre d’écouler ses légumes sur leurs marchés. Nous vivons une bien belle époque, puisqu’en même temps, on nous a appris, le 14 mai, qu’un ouvrier de 60 ans [ on comprend mieux pourquoi Madame Merkel envisage de faire travailler les Allemands jusqu'à … 69 ans ! ] était mort sur le site de la centrale alors qu’il transportait du matériel de décontamination d’eau irradiée, mais qu’il n’a pas été contaminé, s’est-on naturellement empressé de préciser, et on se deamnde bien pourquoi.

Apprendre par-dessus le marché qu’un personnage dont la dernière parole d’homme libre aurait été “ Quel beau c… ! ”, alors qu’il avisait l’hôtesse de l’air de l’avion dans lequel les agents de police s’apprêtaient à venir le cueillir a, à l’évidence, de quoi nous occuper quelques jours. Ça aura été effectivement le cas, avec un déluge de mauvaise foi, de faux-semblants, d’approximations, de démentis et de pénibles dénégations de celles et ceux qui la veille encore n’avait pas grand-chose à dire pour accréditer la thèse selon laquelle un directeur général du fonds monétaire international, présenté comme un club de philanthropes aux commandes de la banque de financement de l’Armée du Salut, avait quelque légitimité que ce soit pour représenter les intérêts des salariés à la tête de l’État. Vous pourrez aussi, d'un autre clic, prendre une partie de la mesure du modèle social de contrebande que cette “ institution ”, dont notre brave homme aurait réformé le fonctionnement, prétend promouvoir. Allons aussi demander aux Portugais, aux Grecs, aux irlandais, aux Espagnols [ et pas aux gouvernants qui prennent des décisions pour lesquelles ils n'ont pas été mandatés ] ce qu'ils en pensent.

Et se faire servir en prime que la prison privée de cette personne “ lui ” coûtera 250 000 $ par mois est d’abord obscène, en même temps qu’une insulte à tous ceux qui sont victimes des plans de redressement [ mais le redressement, c’est comme la tolérance, il y a des maisons pour ça ! ] et les ajustement financiers qui leur sont imposés. On se doit d'ajouter qu'il s'est trouvé des cohortes de ces chers faux-amis qui n'ont pas trop eu à chercher leurs mots pour trouver moult excuses à la conduite d'un débauché, euh, pardon, d'un libertin, puisqu'il s'étaient déjà fait la main avec l'affaire Polanski. Ah, les braves gens ! Quant à cette pauvresse, Guinéenne de surcroît, mais pour qui se prend-elle de porter plainte contre l'une de ces majestés de carton-pâte dont elle aurait pu refuser les assauts ?

Demandons-nous maintenant quand, au cours de toutes ces années durant lesquelles il aura vécu aux États-Unis d'Amérique [ et non pas en Amérique, comme l'écrivent les gazettes ], il aura eu un mot d'intérêt, de questionnement ou de compassion pour ces 2 à 3 millions de personnes qui y sont incarcérées, et auxquelles on fait subir des traitement qui vont au-delà de l'humiliation ?

Toutes proportions gardées, et toutes choses égales par ailleurs, la chanson de Craonne paraît étrangement d’actualité quand on mesure la largeur du fossé qui séparait déjà, il y a près d’un siècle, ceux qui devaient monter aux tranchées des embusqués qui faisaient la foire et pour qui la vie était rose.

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours et sans trompettes
On s'en va là-bas en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous des condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Nos pauvr' remplaçants vont chercher leurs tombes

- Refrain -

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
F'raient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Et les camarades sont étendus là
Pour défendr' les biens de ces messieurs là


- Refrain :
Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini, nous, les trouffions
On va se mettre en grève
Ce sera vot' tour messieurs les gros
De monter sur l'plateau
Si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Régis Hulot 22/05/2011 17:46



Si j'ai le droit aux comparaisons hasardeuses, je dirais que, dans cette lamentable situation qui est la nôtre aujourd'hui, j'ai un peu honte de voir tous les efforts faits pour nous parler d'un
homme qui s'est mis dans une situation des plus scabreuses, et le si peu de commentaires au sujet de ce jeune homme mort en Afghanistan pour une cause qui, au fond, n'était pas la sienne.


 


Il y a bien des années, une petite fille était morte, happée par la boue, après un éboulement, un glissement de terrain, quelque part en Amérique latine. A l'époque, on avait trouvé la caméra qui
avait filmé son agonie, mais pas la pompe qui aurait peut-être pu la sauver.


 


Nous avons encore bien des efforts à faire pour nous libérer des chaines si douces qui emprisonnent notre esprit.