Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d’Alsace : le déferlement maximum – § 16

Vous rappelez-vous cet article paru ici-même le 16 décembre dernier ? Voici ce que vous pouviez lire :
« “ … la thématique du referendum risque de saturer l’espace médiatique en début d’année prochaine. ” ainsi Olivier Claudon ponctuait-il son article d’hier des D. N. A., alors qu’il rendait comte des interventions de Monsieur G.-D. Kennel et P. Richert devant l’assemblée générale des maires du Bas-Rhin. » Et d’ajouter que le Boulanger allait compter sur la cérémonie des vœux pour faire le maximum pour la campagne en faveur de la fusion des trois collectivités territoriales.
Eh ben, ça y est, on est servis, jusqu’à la nausée, avec une déferlante qui dévale en balayant tout sur son passage, ne faisant dans aucune dentelle, utilisant tous les moyens publics, et privés [ avec une presse qui va même jusqu’à anticiper ses désirs ] pour nous marteler, entre deux haut-le-cœur, ce que nous devons penser et faire le 7 avril prochain. Alors que les socialistes bas-rhinois viennent de décider à l’unanimité moins quelques abstentions, de dire "non" au projet boulangiste, Monsieur C. Bach, journaliste aux Dernières Nouvelles d’Alsace nous prévient : “ Monsieur P. Richert préside ce soir la cérémonie des vœux du conseil régional et évoquera certainement le projet de création d'un Conseil unique. ” Cela doit probablement participer de cette saturation de l’espace médiatique dont nous avait parlé Monsieur O. Claudon le 15 décembre dernier et auquel il entend bien donner toute la publicité nécessaire à ce grand-œuvre…
Quant au parti socialiste bas-rhinois, qui est essentiellement l’émanation des citadins d’Alsace, il se démarque sensiblement de tout ce qui a été dit et fait jusque-là par des boulangistes sûrs d’eux et dominateurs, parce qu’ils tiennent les campagnes, forts de leur implantation dans les chefs-lieux de canton. C’est en gros ce qui ressort des déclarations de Monsieur M. Cahn quand il rend compte des délibérations du conseil fédéral :
"non" au projet de création d'un Conseil unique d'Alsace tel qu'il est présenté à ce jour, parce qu’il ne s'agit pas d'un Conseil unique, mais d'un Conseil multiple [ allusion aux deux assemblées départementales ainsi qu’aux nombreux conseils de territoire qui viendront se glisser entre les intercommunalités ], que tout cela remet en cause le statut de la capitale historique alsacienne [ c’est vrai que le serment de Koufra ( « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ! » ) ne faisait pas allusion à une autre ville alsacienne ] et que le petit million d’habitants de l’Alsace urbaine n’est pas prise en compte. Voilà un caillou supplémentaire dans la chaussure du Boulanger, alors que Monsieur pouvait exciper de son vote quasi-soviétique du 24 novembre 2012 quand un congrès composé d’élus ronronnant en vase clos et se berçant de phrases creuses lui a donné cette majorité improbable dont il a besoin pour satisfaire son fantasme.
Maintenant, que feront les socialistes haut-rhinois, eux qui avaient plutôt approuvé l’initiative boulangiste ? C’est la seule question intéressante. Se rendent-ils déjà compte du marché de dupes qu’ils sont conviés à conclure avec quelqu’un qui n’a, en fait, rien à faire de l’Alsace, et encore moins des Alsaciens. L’entend-on se décarcasser pour sauver les emplois de ceux qui ont la malchance de travailler dans ces innombrables entreprises que l’on ferme après en avoir exploité le personnel ? A-t-il eu un mot à dire alors que la désindustrialisation de la région qu’il affecte de chérir est largement entamée ? Quelles industries d’avenir nous propose-t-il entre deux froncements de sourcils et une mimique pour signifier son énervement ? À part prendre la place des autres, quelle est réellement son projet pour la région ? Tout cela est dérisoire de la part d’un personnage qui joue sur les sentiments et active la corde régionaliste [ et donc nationaliste à petite échelle, et donc insupportable ] pour masquer ses insuffisances théoriques. Peu nous importe tous ces gens qui ânonnent maladroitement deux ou trois mots dans cet alsacien dont ils ont hérité de leurs parents alors que l’on serait curieux de savoir quelle langue leurs propres enfants vont transmettre à leur progéniture ! À la fin, tout doit quand même être dit, et entendu ! Si l’attachement à une région est légitime, parce qu’on y a ses amis, sa famille, son travail et que l’on y trouve son compte culturel, l’invocation de “ valeurs ” qui nous seraient communes au prétexte que le hasard nous a fait naître quelque part pour justifier d’une destinée collective à laquelle nous ne pourrions nous soustraire devient ridicule quand elle émane de celles et ceux qui ont été incapables de permettre à leurs enfants de converser avec leurs grands-parents. Et sur ce terrain-là, Pumpernickel ne craint personne, qu’on se le dise !

Plaise au Ciel maintenant que toute cette construction s’ensable dans des ornières qu’elle a elle-même creusées ! Nous avons tant et mieux à faire, le 7 avril prochain, que de participer au sacre d’un suzerain, fût-il oint du suffrage universel. Nous avons tout à inventer pour reconstruire ce que les amis du Boulanger ont patiemment démonté ces cinquante dernières années : services public de transport au service du public, politique culturelle, réappropriation de l’espace, mise en place de circuits courts entre fabrication et utilisation, démocratie interactive, choix énergétiques, etc. Et pour tout cela, nous n’avons besoin que de nous-mêmes, d’un peu de temps, sans “congrès”, avec des élus qui n’ont pas le melon, simplement, ordinairement, avec humilité.

Le 7 avril, on reste à la maison, ou mieux, on fait la fête avec les copains !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article