Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

"conseil d'alsace" ou l'emportement général – § 2

Rétrospectivement, avec 72 heures de recul, on peut se demander quelle mouche a piqué l’assemblage écologistes – socialistes pour qu’il mêle ses voix, et les suffrages de celles et ceux qui l’ont mis là où il se trouve, à celles du combinat conservateur UMP – NC – MA dans cette lamentable histoire du conseil unique pour l’Alsace. Auraient-ils oublié tout ce qui les sépare ? Ou bien sommes-nous les seuls à nous rappeler que lors de la campagne électorale des régionales, les projets des uns n’étaient pas identiques à ceux des autres ?

Il y aurait peut-être une autre possibilité, celle que les forces d’opposition régionale se soient fait rouler dans la farine par le boulanger d’Ingwiller, le gindre [ merci le dictionnaire des synonymes ] ayant trouvé là le point faible d’une partie de cette classe politique qui croit que pour prendre la place des autres, il suffit de leur ressembler, y compris en singeant la rouerie. Car comment expliquer que des gens qui se sont affrontés sur des programmes présentés au mieux comme différents, au pire comme antogonistes puissent se retrouver sur une affaire aussi fumeuse et aléatoire qu’un conseil d’Alsace dont on ne connaît pas les contours et qui résulterait du mélange des trois assemblées élues actuelles, conseils généraux et régional. Qui peut croire une seconde celui qui déclare, la main sur le cœur, qu’il a “ accepté d'écouter les groupes d'opposition comme ceux de la majorité, pour rechercher ce qui permet de dire ensemble oui. ” Outre la formulation dont la légèreté fleure bon les conseillers communication de l’Élysée, qu’est-ce que charabia veut dire ? Et au-delà d’une phrase mal ficelée et au maladroite, que penser de celui qui, au pouvoir, déclare qu’il a accepté d’écouter les groupes d’opposition ? Ce personnage, tout ministre qu’il soit, ignore-t-il que la démocratie, ce n’est pas la dictature de la majorité, et qu’il n’a pas à “ accepter d’écouter les groupes minoritaires ”. Quant à ceux qui ont honoré cette invitation à l’écoute, que croient-ils qu’ils en tireront, à part la satisfaction d’être allé servir de faire-valoir à celui qui, lorsqu’il était président du conseil général, n’a pas brillé par son sens du compromis, sauf lorsque c’était à son avantage, quand cela servait sa carrière.

À l’évidence, pour les groupes d’opposition, se mettre dans la main du président du conseil régional, celui qui refuse que l’on vote des motions demandant la fermeture de la plus ancienne centrale nucléaire française, celui qui affecte d’écouter alors qu’il n’en fait qu’à sa tête, celui qui manœuvre plus qu’il ne gouverne, celui qui gère son plan de carrière plus qu’il ne s’intéresse à la vie quotidienne de ses administrés, celui qui passe le plus clair de son temps ailleurs que dans une région dont il dit pourtant qu’il lui est indéfectiblement attaché, celui qui cautionne tous les errements autoritaires d’un gouvernement discrédité, celui qui soutient un président de la République qui ne circule dans le pays qu’entouré de rideaux de CRS et de gendarmes mobiles, celui qui ordonne le travestissement de la “ réforme ” de l'intercommunalité, oui, aller approuver une initiative de ce personnage est à l’évidence la faute majeure, le signe d’une capitulation en rase campagne pour se donner des airs de sérieux, d’opposant constructif, d’alternance raisonnable, de sérieux, de crédible. Tout cela est pitoyable est renvoie de toute cete construction l'une image dérisoire d’une agglomération d’ambitions et de combinaisons de médiocres quand cela ne préfigure pas les futurs ralliements.

À moins qu’ils n’aient rien compris, ce qui les sauverait du naufrage et du déshonneur, mais signerait alors un manque total de vision et d'analyse de la situation. Ils pensent peut-être que celui qui les travaille dans son pétrin est sincère, et qu’il veut faire autre chose que d’asseoir les pouvoirs de petits hobereaux comme on les connaît qui tiennent tout le monde au gré de leurs humeurs et des distributions de subventions. Peut-être, parce qu’ils ne connaissent rien de la politique locale, n’ont-ils pas remarqué comment ces féodaux savent faire pression sur des villages entiers pour les faire plier devant leur volonté ? Savent-ils comment on a forcé la main pour décréter les “ associations de communes ” et qu’il était ensuite impossible de revenir en arrière ? Ou préfère-t-ils se donner des airs de respectabilité à bon marché en participant à l’une de ces grandes messes au cours desquelles les “ il faudra… ” le disputent aux “ nous allons associer les citoyens ”, autant de déclarations qui seront oubliées le lendemain lorsque l’on recevra les représentants de tel groupe de pression, on parle alors de lobbyiste parce que ça fait moins grossier, pour leur manger dans la main.

Ce “ débat ”, en ce qu’il a été intégralement mené par le président du conseil régional, exceptionnellement sur place, ne ressemble à rien, et préfigure au contraire une centralisation accrue dans les mains d’un seul homme, qui a fait ses preuves et qui par conséquent l’accablent, qui servira avant tout la politique mise en œuvre par ceux dont les initiatives sont autant de ferments de division de la communauté nationale.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article