Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace, ou l'emportement maximal – § 7

Vous pouvez retrouver d'un clic sur le lien les précédents articles des 8 mai 2011, 10 mai 2011, 22 mai 2011, 23 mai 2011, 14 novembre 2011 et 23 octobre 2012. Mais, vu la fièvre qui a saisi l'ensemble de la "classe politique locale", qui fait maintenant bloc autour du "Boulanger d'Ingwiller", appelé ainsi parce qu'il roule tout le monde dans la farine, il a été nécessaire de regrouper dans une catégorier les articles déjà publiés sur ce blog.

Et maintenant, où en sommes-nous ? Après les feuilletons désastreux et indignes qui nous ont été servis tant par le parti auquel appartient cette "majorité alsacienne" que par les "gouvernementaux qui n'hésitent pas à grenader, bastonner ou embastiller les opposants à l'Ayrault-port de Notre-Dame des Landes, voilà qu'une sorte d'union sacrée, à 88,5% d'adhésion, se forme autour du concept de "réunion des trois conseils régional et généraux de notre région" bien-aimée. Les contours des votes en disent long sur les arrière-pensées des uns et des autres, ainsi que sur la nature du mélange instable créé lors de cette émulsion momentanée. Le FN, les écolos, un tiers des élus socialistes et l'ensemble de cette droite qui se déchire au niveau national font semblant de se retrouver dans une construction qui ne sera ni plus efficace [ ils n'ont d'ailleurs que cet adjectif à la bouche, jamais on ne les entend parler de justice, de dignité ou de vertu, trop ringard sans doute ] ni plus économe [ les chiffrages produits sont systématiquement contredits ou, dans le meilleur des cas, établis à la louche convexe ici parce qu'elle est concave là ] ni plus simple [ ces fameux conseils départementaux chapeautant des conseils de territoire de vie (?) préfigurent ces baronnies dérisoires où il vaudra mieux être en phase avec le petit despote local ]. Il suffit de voir comment on se distribue déjà les postes en fonction des disgrâces et des faveurs, tel étant rétrogradé au passage de flambeau au profit de tel favori plus souple ou plus accommodant. Les petites mésaventures du conseiller général de Wissembourg en sont l'éclatant témoignage : de premier vice-président de l'ancien président du conseil général, et actuel président du conseil régional, il a été rétrogradé et écarté du premier cercle, devant se contenter de ronger son frein en attendant des jours qu'il espère meilleurs.
Quant au reste, il est simplement grotesque dans le meilleur des cas. Ainsi de cette manœuvre qui consistait à user d'un artifice pour que l'initiative de Monsieur P. Richert échappe à l'une des dispositions d'une loi dont Monsieur Richert P. était l'initiateur, le fameux seuil du quart des inscrits dans chaque département pour que le referendum ait le minimum de sens et de légitimité. Qui peut croire qu'une proportionnelle qu'extrême-droite et écolos appellent de leurs vœux, et que la droite régionale limitera au mieux à un cinquième des sièges "pour qu'une majorité se dégage", comme dirait le promoteur de l'Alsace des pays et des terroirs, corrigera les effets néfastes d'un scrutin de circonscriptions néo-cantonales ? Qui imagine autre chose que des comportements orgueilleux, cassants et méprisants de la part de ceux qui ne se sont jamais conduits autrement ? Un conseiller général socialiste bas-rhinois, qui s'est fait couper le sifflet par un président du conseil régional, représentant autoproclamé de la droite humaniste et démocrate-chrétienne locale, en a fait les frais. En voilà un au moins qui a compris aujourd’hui de quoi seront faits les comportements de demain.
Les écolos ne sont pas en reste. Leur approche "postmoderniste" de la vie politique, avec ici les courbettes devant la droite et là-bas la course aux maroquins est au mieux pathétique. Voulant se donner des airs, au nom des quelque 5% qu'ils représentent, ils feignent d'avoir trouvé un conceptuel en la personne de leur porte-parole régional qui nous invite à nous concentrer sur l'essentiel sans faire le bilan de ce qui a été fait, pour nous projeter en avant [ "en avant pour le grand bond en arrière", chantait le regretté François Béranger que ne doit pas connaître notre théoricien en culotte courte ]. Mais cela ne l'empêche pas de regretter ce qu'il appelle un "déficit de coproduction". Non mais, c'est quoi cette langue de bois ? Qu'il dise ce qu'il a sur le cœur : la droite n'aime partager que toute seule ! Mais, ce serait sans doute hypothéquer une prochaine promotion… Quant à "le congrès des élus d'Alsace ne doit pas être un champ-clos où se confronteront les exigences", on aimerait qu'il précise son propos à défaut de sa pensée.
Bref, tout se présente au mieux, comme on le constate. Les élus, vous savez, ces fameux élus proches des gens, se prononcent pour un truc qui va déboucher sur une consultation populaire, euh non, citoyenne, et là, attention à nous, car nous avons intérêt à voter comme ils le veulent, sinon, ils nous referont le coup du referendum Giscard de 2005, dont ils n'ont toujours pas avalé les résultats. Ils disposent des services de propagande d'une presse régionale aux ordres qui s'est engagée depuis le début au service de cette chimère. On ne compte plus les articles, les tribunes dites libres et les points de vue qui encensent l'initiative boulangiste. Sans doute, les intérêts des uns se confondent-ils avec ceux des autres, comme on l'a déjà constaté dans le passé.
Il ne nous reste plus qu'une alternative pour les renvoyer à un peu de raison : ou bien ne pas voter [ pour que le seuil des 25% de participation ne soit pas atteint, et c'est sans doute la meilleure option ], ou bien voter NON, NON et NON à cette question insensée qui va nous être posée.
Ah oui, la question : "Approuvez-vous le projet de création, en Alsace, d’une Collectivité Territoriale d’Alsace, par fusion du Conseil régional d’Alsace, du Conseil Général du Bas-Rhin et du Conseil Général du Haut-Rhin répondant aux principes d’organisation énoncés ci-joint ?" C’est clair, non ? Et c’est clairement NON !
Deux points pour terminer.
Les élus socialistes avaient préparé vingt-quatre amendements dont seuls les cinq les plus marginaux ont été retenus, ça commence bien.
Par ailleurs, il est intéressant de lire entre les lignes ce vers quoi on nous engage sans trop nous le dire, on parle de l'énoncé de ces nouvelles compétences que va s'arroger le gouvernement provincial :
"La Collectivité Territoriale d’Alsace exercera l’ensemble des compétences actuellement dévolues au Conseil régional d’Alsace et aux Conseils généraux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Elle bénéficiera également des transferts de compétences résultant de l’Acte III de la décentralisation. De plus, la Collectivité territoriale d’Alsace interviendra dans des champs de compétences spécifiquement demandés, à l’exclusion des domaines garantis par la Constitution, afin de créer des dynamiques nouvelles, notamment dans les domaines de la coopération transfrontalière, l’économie et l’innovation, l’orientation, la formation professionnelle et l’éducation, la culture et le patrimoine, la mobilisation des fonds européens, les langues et la culture régionales et le logement et l’habitat. La Collectivité territoriale d’Alsace disposera d’une capacité réglementaire lui permettant d'adapter l’action publique aux spécificités de l’Alsace, dans le respect des lois de la République. Elle pourra, le cas échéant, recourir à l’expérimentation. Dans un souci d’efficacité et d’application du principe de subsidiarité, la Collectivité territoriale d’Alsace pourra, dans le cadre du dialogue avec les communes et les établissements de coopération intercommunale, leur confier la mise en œuvre de certaines de ses compétences."
Nous aurons été prévenus.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article