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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace, ou la déraison générale – § 9

Le Boulangiste en chef pique le coup de sang, parce qu’on serait en train de lui casser son jouet. Photo à l’appui, le site du premier quotidien d’Alsace nous le montre, avec ses petits poings crispés, abandonnant cette fausse bonhommie dont il a fait son fonds de commerce, pour rouler tout le monde dans la farine.
“ Le referendum du 7 avril est sur les rails ! ”, ne craint-il pas d’affirmer, alignant ensuite tous les renoncements dont se seraient rendu coupables celles et ceux qui auraient le front et l’insolence de trouver que son usine à gaz territoriale ressemble à tout sauf à une simplification. Se rappelant qu’il existe un gouvernement qu’il ne soutient pas, alors qu’il appartient à un courant politique qui considère que lorsque la Gauche gagne les élections, c’est par effraction, il excipe des engagements qu’il a reçus des uns et des autres pour renvoyer deux députés du Bas-Rhin sur le banc de touche. Il y aurait eu une réunion avec une bonne quinzaine de ministres, dont le premier d’entre eux, autour du président de la République, la synthèse personnifiée. Nul doute que ce jour-là, pour n’ennuyer personne, et sachant que rien n’est pire qu’un convive insatisfait, on y sera allé de quelque formule alambiquée aux multiples acceptions que chacun pourra brandir comme preuve de la volonté de l’un de soutenir l’autre et vice-versa.
Qui croire ? De ce point de vue, en rappelant les votes unanimes des assemblées strasbourgeoises, conseils municipal et de communauté urbaine, en faveur du siège unique, pour ne pas rejouer la mauvaise pièce d’un parlement européen grotesque au-delà du ridicule, Monsieur P. Bies a une bonne carte dans son jeu. Enfonçant le clou, il rappelle d’une part que la représentation nationale va discuter le troisième volet de la décentralisation qui fixera, entre autres, les modalités de fusion des collectivités territoriales et d’autre part que la simplification annoncée va se traduire par la création de deux assemblées régionales auxquelles on adjoindra deux assemblées départementales ainsi que de nombreux conseils de territoire qui viendront, au mieux précise-t-il, se glisser entre les intercommunalités, pour conclure que, vue sous cet angle, la simplification annoncée est sans doute perfectible. Il ajoute que la négociation menée par le Boulanger a été chaotique, rien de moins. Si comme l’affirme le Boulanger “tout le monde regarde ce qui se passe en Alsace où une démarche exemplaire de fusion des deux conseils généraux et du conseil régional est engagée”, il semblerait qu’il s’agisse d’une sorte de contre-exemple !
Dans l’affaire, on reconnaît les méthodes que les électeurs français ont condamnées il y a six mois : caporalisme, passage en force, rideau de fumée, poudre aux yeux, corporatisme, la démocratie n’étant convoquée qu’à la phase ultime quand il faudrait se prononcer par oui ou non, alors qu’il existe une grande variété de peut-être. Mais ça, la droite crispée, qu’elle soit dure, forte ou décomplexée n’en a cure, ce qu’il lui faut, c’est démolir ce qui existe, et qui est sans doute perfectible, en faisant passer ceux qui contestent pour au mieux des archaïques arc-boutés à de vieilles lunes que sont la justice sociale, l’égalité entre les citoyens, l’accès aux services publiques et la solidarité nationale.

Cette droite qui n’aime pas la démocratie et qui l’arrange à sa sauce, toujours la même, toujours en portion congrue, formaliste et a minima. On en a une illustration avec ce soi-disant parlement d’Alsace des jeunes qui donne de notre région une image paternaliste et surannée du plus mauvais effet. Il suffit de lire ce que sont contraints d’écrire les journalistes qui en ont couvert la dernière réunion la semaine passée, c’est invraisemblable.
De trente-huit désignés [ c’est ça la démocratie boulangiste, on désigne les élus ! ], seuls une vingtaine de rescapés étaient là autour de la maîtresse, Madame L. Mérabet, conseillère régionale chargée de la jeunesse et pilote du PAJ. Et qu’ont-ils fait ? Ils devaient se réunir autour des thèmes liés à la jeunesse, l’orientation professionnelle et la citoyenneté, pour donner une voix aux jeunes Alsaciens ! Il y a bien entendu les fayots, qui pensent qu’en disant du bien du patron, il y aura bien une petite place pour eux dans le prochain train, on ne sait jamais. Mais il y a ceux qui trouvent qu’il n’y a pas assez d’interactivité entre les séances, façon diplomatique de dire qu’on touche un peu à tout, sans continuité dans l’action. Mais peu importe à Madame le cornac qui se réjouit de l’arrivée de la nouvelle fournée qui va s’autosaisir, en février, de la question du conseil unique d’Alsace et la traiter en toute indépendance, puisqu’on vous le dit !
Ne craignant rien, notre petit monde décrit ce parlement d’opérette comme un outil de démocratie participative en direction d’une jeunesse alsacienne, qu’il prétend représenter dans toute sa diversité. Il est même présenté comme la 3ème assemblée régionale, à côté de la chambre régionale des corporations qu’est le conseil économique social et environnemental et l’assemblée élue par les citoyens. On a une fois de plus les contours de l’idée que l’on se fait de la démocratie quand on vient des contreforts de la droite alsacienne frileuse, rétrograde et coincée.
Pour continuer sur la lancée, on apprend que ces jeunes sont sélectionnés après appel à candidature sur des critères objectifs (âge, parité garçon/fille, représentation des différents territoires urbains et ruraux, statuts, filières). Si on comprend mieux, on fabrique un échantillon représentatif d’une partie de la population en choisissant celle-ci plutôt que celui-là au nom d’une objectivité que nous mesurons tous les jours, et on affuble la construction du titre de parlement. Mais ça ressemble à quoi cette affaire ? Préciser la pensée a déjà valu à Pumpernickel quelques aventures dont il se serait bien passé, par conséquent, chacun est invité à aller consulter son manuel d’Histoire pour mieux comprendre à quoi on a affaire.
Autant de bonnes raisons pour considérer les initiatives boulangistes comme autant de chausse-trapes, de pièges et d’entourloupes dont nous devons nous garder. Il est encore temps de sonner le tocsin et d’envoyer tous ces thuriféraires  plus ou moins appointés, plus ou moins ignorants, plus ou moins mal intentionnés que sont les assemblées dominées par la Droite ou la presse régionale qui lui mange dans la main le message selon lequel ils feraient mieux de s’occuper de leurs mandants que de se regarder mutuellement le nombril en trouvant qu’il est le plus beau de la Terre.
On leur rappellera que les résultats de leur politique les accablent : selon Eurostat, 119,6 millions de personnes, soit 24,2% de la population des 27 pays de l'UE, étaient confrontées à ce risque l'an dernier, contre 23,4% en 2010, témoignant de l'impact de la crise économique. Les plus fortes proportions de personnes menacées de pauvreté ou d'exclusion sociale se situent en Bulgarie (49%), en Roumanie et en Lettonie (40%) ainsi qu'en Grèce (31% contre 27,7% en 2010). Les plus faibles se retrouvent en République tchèque (15%), en Suède et aux Pays-Bas (16%) ainsi qu'en Autriche et au Luxembourg (17%). Elles sont 19,9% en Allemagne et 19,3% en France. Ces personnes sont confrontées à au moins l'une des trois formes d'exclusion suivantes : le risque de pauvreté après la prise en compte des transferts sociaux, la privation matérielle grave (le fait de ne pas être en mesure de régler ses factures, de se chauffer correctement, de consommer des protéines, etc.) et la très faible intensité de travail (fait de vivre dans un ménage dans lequel les adultes ont utilisé moins de 20% du potentiel de travail sur l'année précédente). Dans l'ensemble de l'UE, 17% de la population est menacée de pauvreté monétaire, 9% est en situation de privation matérielle sévère et 10% vit dans des ménages à très faible intensité de travail, selon Eurostat.

C’est vrai, qu’avec un tel bilan, le plus urgent c’est bien de savoir si les deux départements alsaciens vont fusionner ou non, et on ne doute pas que Bulgares, Roumains, Lettons et Grecs, à l’instar de tout le monde, regardent avec envie et intérêt ce qui se passe en Alsace. On a vraiment envie de leur dire : “ Dégage ! ”

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