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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d'alsace, ou le matraquage général – § 11

“ … la thématique du referendum risque de saturer l’espace médiatique en début d’année prochaine. ” ainsi Olivier Claudon ponctuait-il son article d’hier des D. N. A., alors qu’il rendait comte des interventions de Monsieur G.-D. Kennel et P. Richert devant l’assemblée générale des maires du Bas-Rhin. Citant l’actuel président du conseil régional, nous apprenions que ce personnage allait compter sur la cérémonie des vœux pour faire le maximum pour la campagne en faveur de la fusion des trois collectivités territoriales. Voilà qui promet de bien jolis discours, tous sur le même thème, tricotés par quelque “ spin doctor ” local, expert dans l’art d’infliger des torsions aux faits et aux événements pour les présenter sous un angle favorable [ auparavant, il existait des services de propagande, c’est la même chose, mais c’est trop dur à entendre, alors on utilise un mot étranger que personne ne comprend, popularisé de plus par le grand communicateur, quand il avait encore sa tête, qu’a été le président Ronald W. Reagan. ] ! On ne peut d’ailleurs que critiquer le courant boulangiste alsacien qui s’approprie les moyens tant des municipalités que des conseils généraux et régional pour servir un dessein qui ne figurait explicitement dans aucune plateforme électorale. Quelle légitimité peuvent-ils exciper pour déclencher ce feu roulant promis par Olivier Claudon ?
Le malheureux n’avait sans doute pas prévu que sa prophétie se réaliserait si rapidement ! Ce matin, c’est l’Alsace, l’autre plus grand quotidien régional qui donne complaisamment la parole au président de l’assemblée des corporatismes régionaux, appelée le CESER. Cette personne, qui cultive une apparence qui voudrait nous renvoyer aux figures des Habsbourg, la ramène sur l’après-referendum, rien que ça. Mais avant de décliner sa “ pensée ”, il n’omet pas de tenter de nous convaincre de l’autorité dont il serait investi pour nous ânonner ces lieux communs : “ notre assemblée est inscrite dans la loi ! ”, assène-t-il histoire de nous en mettre plein la vue. Le seul problème, c’est qu’il suffit d’interroger les passants au hasard de nos promenades, aucun d’entre eux ne sera capable de dire ce que désigne l’acronyme du CESER, encore moins d’en donner le nom du président, quant aux 77 autres membres qui le composent et qui se seraient investis dans le groupe projet mis en place par le Boulanger, il suffit de lire ce qu’en pense Monsieur P. Bies pour se faire une idée : chaotique ! Ce Monsieur, qui n’a aucun doute sur le résultat qui sera positif car il a été “ validé ” par les présidents Richert, Buttner et Kennel [ on suggèrera “ les présidents Richert, Buttner et Kennel l’ont approuvé ”, ça ferait moins barbare ], qui n’a aucun doute du tout, semble-t-il, tant cette fusion est bien “ positionnée ” [ mais que veut-il dire ? “ bien situé ”, mais par rapport à quoi ? ] s’imagine déjà en grand conceptuel pourvoyeur d’idées qui prétend réfléchir sur les incontournables “ problématiques ” que son ami président du conseil régional lui soumet. Cette fois, ce sera “ emploi, insertion et formation ”, mais où vont-ils chercher tout ça ?
Après nous avoir entretenu sur la futilité de transférer ou non le siège de ceci ici et celui de cela là, Monsieur embraye sur “ la réduction du nombre d’élus, la rationalisation des moyens et une territorialisation forte, pour que le citoyen alsacien puisse s’adresser à un guichet unique ”, puis enchaîne sur les économies d’échelle permise par la fusion, ou la place que nous devrions avoir face aux Länder allemands, autant de thème qui constitueront les refrains des moulins à parlote qui vont “ saturer l’espace médiatique en début d’année prochaine. ”, comme dirait l’autre. Il termine d’un définitif “ Quel bonheur de prendre notre destin en main, sans qu’on nous l’impose ! ” qui prend toute sa saveur quand on sait d’où ça vient.
Il est curieusement très discret sur les “ aménagements ” au code du travail qui sont inclus dans le contrat, mais il s’agit des petites lignes illisibles que l’on recommande de compulser attentivement mais que nous laissons systématiquement de côté. À terme, et c’est sans doute là le projet du Boulanger et de ses mitrons, il s’agit de faire de l’Alsace une région de zone franche, sur le modèle de ce qui a été fait dans certains quartiers de l’Hexagone, avec la généralisation des embauches précaires et la mise au service du patronat de la force de travail de leurs employés privés de droits, fragmentés, intimidés, comme c’est en train de se réaliser dans des pans entiers de l’espace économique de l’Eurolande.
Mais tranquillisez-vous, tout cela, ni l’un ni l’autre encore moins aucun troisième ne vous le dira, et si vous avez l’audace de les accrocher sur la question, vous vous ferez envoyer aux pelotes parce que vous êtes au mieux un grincheux et un ronchon, et si vous insistez, vous serez alors un archaïque, un conservateur, et un immobiliste.

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