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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

conseil d’Alsace : saturatio ad nauseam – § 17

Quand on vous le disait ! Hier soir, c'était le grand "one man tiède" d'un président d'on ne sait plus trop quoi maintenant qui présentait ses vœux au palais de la musique et des congrès strasbourgeois, loué par qui et sur quel budget, à quelques encablures de son palais sans doute trop exigu pour accueillir les "1 000 à 1 500 personnes" qui l'ont applaudi, abondamment dit la presse régionale de révérence manifestement très en forme. Comment aurait-il pu en être autrement puisqu’il s’agissait d’élus, de chefs d’entreprises et de représentants de cette fameuse "société civile" [ où l’on recrute les membres de cette chambre des notables, des corporations et des confréries appelée CESER ] invités par celui qui rêve tout haut de devenir prince électeur d’Alsace.
Au passage, on est surpris d’une telle incertitude sur la jauge, à moins que ce ne soit 1 000 selon la police et 1 500 selon les organisateurs !
Objectivement, il y a une différence de ton entre les Strasbourgeois des Déhaina et les Mulhousiens de l’Alsace. Si les uns titrent sur une Alsace qui a rendez-vous avec son histoire, rien de moins, les autres sont plus sobres en écrivant que Monsieur P. Richert est persuadé de gagner le referendum, ce qui n’est pas tout-à-fait la même vision des choses.
Le reste, ce sera à chacun d’en démêler le vrai du faux, mais il est savoureux de lire que l’actuel président de l’exécutif régional n’a rien d’autre à faire dans les trois prochains mois que d’arpenter la campagne, probablement en puisant dans sa propre cagnotte, pour nous convaincre que si nous ne nous rendons pas à ses arguments, nous n'aurons pas de nouvelle chance, et que c'est pour des décennies que la page sera tournée, rien de moins ! au passage, on peut remarquer une sorte d’aveu de complaisance sous la forme suivante : "la machine est manifestement lancée auprès des élus, des maires [ ne sont-ils pas élus ? ] et des entreprises", nous écrit sans rire un Christian Bach au mieux de sa condition. Évoque-t-on un dispositif quasiment militaire de prise de contrôle des esprits au moyen de ces élus et des entrepreneurs désormais agents électoraux d’un projet sur lequel ils se seraient mis d’accord ?
Passons évidemment sur cette passion qui animerait soudain le courant boulangiste régional, en précisant que cela renvoie tout de même à la souffrance…, mais le sait-il ?
Ne reculant devant rien, il nous joue la carte "consensus" sur le mode incantatoire un peu laborieux quant à l’énonciation : "… Lorsqu'un projet est porté par la droite et est bon, il doit être soutenu par la gauche. Et lorsqu'un projet est porté par la gauche et est bon, il doit être soutenu par la droite". [ Pumpernickel suggère : "… Lorsqu'un bon projet est présenté par la droite, il doit être soutenu par la gauche, de même qu’un bon projet présenté par la gauche doit être soutenu par la droite". ]. Il oublie probablement le comportement quotidien de ses amis politiques, qu’ils soient ici ou "à Paris" comme il le dit pour rallier tous les tenants du recroquevillement de la région sur l’image qu’elle voudrait se renvoyer d’elle-même. Que l’on sache, et même si ses adversaires politiques ne se tiennent pas mieux, mais l’inconduite des uns n’a jamais excusé l’impolitesse des autres, il ne s’est jamais démarqué des déclarations de tel qui considère que lorsque la Gauche arrive au pouvoir, c’est par effraction ! Il fait bon alors de convoquer le grand Charles ou Mitterrand, en oubliant que si on a déroulé les tapis rouges pour accueillir le premier, le second a été majoritairement tricard dans la région.
Curieusement, et alors qu’il ne semble pas manquer un seul bouton de guêtre à une armée mexicaine prête à partir en campagne, notre journaliste ne manque pas de conclure sur le doute qui l’habite quant aux résultats :
a. la victoire du "oui" n’est pas certaine du fait du poids démographique des métropoles urbaines,
b. le seuil du quart des inscrit reste la grande inconnue, et c’est sans doute cette carte que les adversaires du projet boulangiste doivent jouer.
C’est d’ailleurs ce qui transpire d’une partie des propos de Monsieur P. Richert quand il est contraint de passer sur cet empilement de "conférences départementales" et de "conseils de territoires de vie", autant de sinécures pour caser tel qui n’aurait pas été élu ou tel à la recherche d’une présidence, de préférence dérisoire et inutile, en forçant le trait sur ce qui sera sans doute l’un des slogans de la propagande payée par les collectivités territoriales existantes, "une assemblée, un exécutif, un budget". En parlant à tort et à travers de "rendez-vous avec l’Histoire", et en moulinant ce genre de triptyque idéologiquement connoté, on se demande à quelle Histoire il se réfère, et serait bien inspiré d’éclairer notre lanterne.
Quant à la mise en garde selon laquelle il n’y aurait pas de seconde chance [ ? ], on le renverra aux pratiques de ses amis qui se sont assis sur la volonté exprimée par le Peuple français lors du referendum sur le texte Giscard [ là, il y a bien eu une seconde chance, et même, on ne nous a rien demandé, se contentant de nous faire un petit dans le dos ], ou moins prestigieux et plus près de Wissembourg, quand le président de l’intercomm’ se console de sa déconvenue éolienne en pariant sur une évolution des esprits. On peut gager qu’en cas d’échec, on nous présentera la note sous forme de resucée forcément insipide d’une autre collectivité territoriale qui aura encore plus d’avantages et toujours moins d’inconvénients que cet enfer que nous vivons sans même nous en apercevoir.
Nous n’en sommes pas là, et il est temps d’organiser toutes ces fêtes de quartiers, de rues, de familles et d’amis d’un jour pour montrer que le 7 avril, nous avons bien d’autres choses à faire que d’aller cautionner une lubie qui ne nous ressemble pas.

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