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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

le smictom découvre la valorisation du méthane !

Alors qu’il y a 25 ans le conseil municipal de Wissembourg mettait en place les poubelles conteneurs et assurait la population qu’avec le nouvel “ investissement ” à Wintzenbach, on était tranquille pour 20 ans,
alors qu’il y a 20 ans les problèmes de sur-remplissage du site de ce qui allait devenir un centre technique d’enfouissement obligeaient les sommités du comité directeur à prendre des mesures conservatoires dans une certaine précipitation et surtout sans faire quoi que ce soit en amont pour tarir la source de ces plus de 500 kilogrammes de déchets générés par habitant,
alors que cela fait 15 ans, au moins, que se pose le problème de captation du méthane et de sa transformation en gaz à usage domestique et que les sommités du comité directeur en sont restées à le brûler dans une torchère qui se révèle en décalage par rapport à la réglementation [ 900°C au lieu de 1 200 °C ],
alors qu’à la suite d’une inspection de la DREAL de juin 2009 le SMICTOM a été mis en demeure par l’autorité de se mettre en conformité pour ce qui concerne les lixiviats [ jus issus de la décharge et chargés de tous les polluants qu’elle contient ] et la captage du méthane, ce qui l’a conduit à un investissement de plus de 3 millions d’euros,
alors que l’on se décide peut-être à généraliser une collecte des ordures ménagères à la levée ou à la pesée qui est en place depuis des lustres à quelques dizaines de kilomètres de chez nous mais que l’on en est encore à tester sur l’un des secteurs d’intervention du SMICTOM,
voilà que l’on nous annonce, toutes sommités étant présentes sur l’inévitable photo de famille qu’un protocole a été signé entre une filiale d’Électricité de Strasbourg pour, enfin, récupérer ce gaz qui est brûlé en pure perte depuis des années sans que cela ne semble émouvoir qui que ce soit.

Avec tout ça, et surtout une petite trentaine d’années de retard, se mettent en place les diverses mesures préconisées par les écologistes dès le début des années ’80 alors qu’il était de bon ton de les regarder en rigolant, en les traitent de rêveurs, en leur opposant les “ lois ” du marché, de la main invisible, de l’offre et de la demande et autres sornettes qui nous ont conduits dans l’ornière où nous nous embourbons un peu plus au rythme des annonces des différents initiatives de moralisation du capitalisme, des plans d’assainissement des finances publiques, ou des calendriers d’ajustements structurels proposés par les philanthropes du FMI ou de la banque mondiale.

On attend maintenant que ceux qui n’ont que la mesure à la bouche, et les leçons d’économie à nous servir, à défaut des leçons de politesse ou de maintien, se mettent enfin au travail et décrètent la dizaine de mesures nécessaires à la diminution consistante des volumes d’ordures ménagères collectés. Cela passe par bien autre chose que deux ou trois employés qui collent des étiquettes sur les poubelles pur mettre en garde contre des déchets qui n’ont rien à y faire, ou un journal à la gloire du président des sommités qui prétend nous expliquer que ce qu’il fait faire par une filiale de la Lyonnaise ou de la Générale c’est vraiment ce qui se fait de mieux. D’ailleurs, on remarque que l’on parle le plus souvent de l’opérateur, du concessionnaire, ou de l’attributaire, et qu’il est rarement nommé par son nom ; on comprend cette pudeur qui exposerait au grand jour la mise en coupe réglée de la quasi-totalité des services publics par des groupes, toujours les mêmes, qui sont en position dominante et font la pluie et le beau temps lors des discussions qui précèdent les délégations de service public.

Au bout du compte, tout le monde croit encore que les poubelles sont vidées par des employés du SMICTOM, alors que ce n’est plus vrai depuis longtemps mais que personne n’est au courant, de la même façon que tout le monde croit que le gaz est encore vendu par Gaz de France, alors que cette entreprise publique n’existe plus, qu’elle a été donnée au privé, et qu’elle fonctionne selon des critères qui n’ont rien à voir avec ceux qui étaient en vigueur lors de sa création, par le gouvernement du Général de Gaulle au lendemain de la Libération.
De là à penser que la supercherie est générale, il n’y a qu’un pas que nous sommes nombreux à avoir franchi depuis bien longtemps.

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Régis Hulot 30/05/2011 21:28



Il est bien rassurant d'apprendre qu'on va récupérer le méthane (un gaz tout à fait utile et utilisable - qui sort d'ailleurs aussi de terre comme le pétrole) qui émane des décharges publiques où
on a fait semblant, depuis tant d'années, d'oublier nos déchets, ces chers déchets, qui enrichissent tant de gens, à l'exception des citoyens.


On se demande d'ailleurs pourquoi cela n'a pas été fait avant, mais avant, nos "décideurs" n'avaient pas encore eu le temps de s'informer, d'aller voir ailleurs, comme en Italie, au Danemark, en
Inde (liste non exhaustive) pour constater que ce qui est encore à l'état d'expérimentation chez nous est déjà une habitude ailleurs. Qu'importe, puisque nous avons, nous, le nucléaire, cette
technologie d'avenir (médical, entre autres) que le monde entier nous envie, mais va peu à peu nous laisser pour se tourner vers autre chose. Après la Suisse, l'Allemagne, en oubliant de citer
tous les autres.


 


Dans dix, vingt, trente ans, nous aurons de beaux et grands efforts financiers à faire (nous, les citoyens, pas les fameux "opérateurs" dont il est question ici) pour payer le démantèlement de
nos 50 et plus réacteurs, sans d'ailleurs savoir quoi faire et où mettre les déchets, pendant que les Allemands, et quelques autres (je pense à l'Ecosse), auront conforté leurs places de leaders
dans le domaine des énergies renouvelables (éolien, photo-voltaïque, solaire thermo-dynamique, énergie des vagues et courants marins...) et viendront nous vendre des technologies que nous
("nous", les fameux décideurs, les opérateurs, les Suez, les EDF et leurs cohortes de X-Mines omniscients) avons méprisées par aveuglement et dogmatisme.


 


Je plains les enfants, adultes de demain, à qui je vais laisser un tel monde.