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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

le vrai visage de leur europe : misère et chômage

Grande réussite pour les experts au service de la BCE, de la commission européenne ou qui cirent les pompes d’un FMI qui ne se remet toujours pas du désastre dans lequel le naufrage de son ancien directeur général l’a entraîné. C'est le seizième mois consécutif au cours duquel le chômage a atteint ou dépassé le seuil de 10% dans l'union monétaire. Rien que pour Eurolande, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est élevé à 11,4% en août 2012. Il s'agit d'un niveau record. Quelque 18,199 millions de personnes étaient au chômage en Eurolande en août, soit 34 000 de plus en un mois. Pour l’union européenne, ou ce qu’il en reste, le taux de chômage s’est établi à 10,5% en août 2012, " stable " également par rapport à juillet. Ce qui nous amène tout de même à 25,466 millions de chômeurs, et fait de cette catégorie de citoyens le 28ème état d’une union qui ne sait plus quoi faire pour endiguer la vague qu’elle a elle-même mise en mouvement. C’est l’organisme officiel des gnomes de Bruxelles, l'office européen de statistiques Eurostat, qui nous donne ces précisions, masquant une hausse considérable du nombre de sans emploi, car le nombre de demandeurs d'emploi était évalué à 18,002 millions lors de la première estimation pour le mois de juillet.
Tous les plans de la dernière chance, toutes les réunions cruciales, toutes les cellules de crise n’y auront rien fait, c’est inexorablement qu’en une année 2,14 millions de personnes sont venues grossir les rangs de chômeurs en Eurolande !
Comme d’habitude, les déficits des uns nourrissent les bénéfices des autres. Les taux de chômage (données corrigées en variations saisonnières) les plus bas ont été enregistrés en Autriche (4,5%), au Luxembourg (5,2%), aux Pays-Bas (5,3%) ainsi qu'en Allemagne (5,5%). À l'inverse, l'Espagne a une nouvelle fois enregistré le plus fort taux de chômage de la zone euro (25,1% de la population active). En Grèce, où les dernières données disponibles datent de juin, le chômage s'est élevé à 24,4%. Dans ces deux pays où la situation s'est fortement aggravée en un an,

[ le taux de chômage est passé de 17,2% à 24,4% entre juin 2011 et juin 2012 en Grèce et de 22,0% à 25,1% d'août 2011 à août 2012 en Espagne ]

le chômage touche plus d'un jeune sur deux, soit 55,4% des moins de 25 ans en Grèce et 52,9% en Espagne. Et l’on retrouve cet invariant depuis maintenant plus de deux ans. Encore faut-il nuancer le propos : la précarité a explosé dans ces pays dits vertueux où l’on " paie " des travailleurs à des nivaux de misère qui ne leur permettent pas de vivre selon les standards en vigueur sous nos latitudes. À la liste des pays soumis à la purge libéraliste, ces traitements de choc qui ont raison du malade que l’on fait mourir puisque cela coûte moins cher que de le maintenir en vie, il convient d’ajouter Chypre, autre pays touché par la " crise de la dette " où le chômage a bondi de 8% à 11,7% en un an. Encore des gens qui doivent se mordre les doigts de s’être soumis aux critères qui leur ont été imposés pour rejoindre Eurolande, croyant faire une bonne affaire. Même constatation au Portugal où le chômage a bondi de 12,7% à 15,9% sur la même période.
Même les gnomes de Bruxelles se croient obligés de monter au créneau pour faire croire que notre situation les préoccupe : " Ces chiffres sont "tout à fait inacceptables ", a réagi Jonathan Todd, le porte-parole du commissaire européen chargé de l'emploi, László Andor ; "Nous devons prendre des mesures pour mettre fin a la crise actuelle et donner la priorité à la création d'emplois", a-t-il ajouté. Il est en effet grand temps de s’en apercevoir !
D’autres que lui n’ont pas l’air de trop s’en émouvoir, comme ce spécialiste d’une officine de consultation, IHS Global Insight, qui pronostique une augmentation du chômage du fait de la contraction de l’économie. Ces gens ont dû être formés à l’école des cadres du Parti pour manier la langue de bois avec un tel sens de l’à-propos !
Dans ce contexte qui rappelle celui du milieu des années ’30,

[ et merci à Régis Hulot d’avoir évoqué la politique du futur collaborateur Pierre Laval en 1935 ]

il n’est pas surprenant que les politiques d'austérité imposées à ceux qui ne sont pas responsables de tout cela suscitent une forte contestation qui monte en Europe : dizaines de milliers de manifestants ce week-end en Espagne et au Portugal, deux pays touchés de plein fouet par la crise, et des dizaines de milliers de personnes dimanche 30 septembre à Paris pour dire non à l'Europe de "l'austérité" et au TSCG.
On est loin du rêve européen qu’on nous avait vendu !

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Régis Hulot 03/10/2012 18:49


Par pure curiosité, je suis allé consulter une information toute simple, qui donne la population des pays d'Europe, de la Fédération de Russie (141 millions d'habitants) au Vatican (821
habitants). Avec 25 millions et demi de chômeurs, on pourrait placer le "Chômeurland" entre la Pologne (38 millions d'habitants) et la Roumanie (21 millions d'habitants)... Vu autrement, cette
foule de sans emploi, à laquelle il faudrait ajouter les innombrables précaires de l'intérim sous toutes ses formes, du temps partiel contraint, du travail dissimulé et donc sans protection des
travailleurs, représente une misère constante, une souffrance constante, une humiliation constante.


Rien d'étonnant à ce que les hyper-diplômés en sciences de la gestion s'alarment un peu de cette situation, puisque le malaise social est le lit de l'aventure politique, et que, à force d'être
privés de leurs droits légitimes, les citoyens finissent par se réfugier dans ce qu'on appelle joliment le "vote protestataire", ce vote qui n'est pas bien utile mais qui fait parfois du bien...


Et quand ce sont les élus de ce qui reste du "peuple de gauche" qui viennent prêcher la soumission au bon plaisir des possédants et font des phrases sur la baisse du coût du travail, on se
demande à quel saint il faudra se vouer la prochaine fois.


 


N'oublions pas que ce ne sont pas des fascistes qui ont amené les fascistes au pouvoir, mais des chômeurs, des humiliés, des pauvres qui ont cru que ces gens-là sauraient régler les problèmes que
personne ne savait résoudre.


 


RH