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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

les futurs-ex conseillers généraux ne sont pas contents !

"bousillage", "imbécillité gouvernementale", "idiotie", "grand n’importe quoi", "requins politiques",
le moins que l’on puisse dire est que ces messieurs, presque ci-devant conseillers généraux, sont fort mécontents du sort que leur a réservé un gouvernement qu’ils honnissent, qu’ils haïssent, qu’ils maudissent, rayer la mention éventuellement inutile. Ils sont quatre à revendiquer cette sacro-sainte proximité, au nom de cet ancrage qui serait le reflet de leur popularité. Ne les appelle-t-on pas par leur prénom ? S’il fallait une autre preuve de cette fameuse notoriété dont ils se revendiquent, on peut relever que la participation aux élections cantonales est de l’ordre de 60%, ce qui relativise un peu les triomphes dont nos quatre indignés voudraient se targuer.

Que le mode de scrutin soit étonnant, avec le recours, une fois de plus, à des circonscriptions et une élection majoritaire à deux tours pour un tandem [ c’est le problème, quand on est deux, il y en a toujours un, et plus rarement une, qui veut être le premier, surtout quand il y a des "charges" à se partager et des indemnités à encaisser ], c’est une évidence. Mais nier que les campagnes étaient surreprésentées avec l’ancien système n’est pas conforme à la réalité. Après tout, établir une moyenne départementale d’un conseiller général pour un peu moins de 25 000 habitants n’est pas vraiment stupide, et donne à tous, ou presque, une chance de représenter ses concitoyens au conseil départemental.

Là où l’on comprend bien le dépit de nos bonshommes, c’est que de quatre, ils passent à deux, et qu’étant tous des hommes, il y en a forcément trois qui doivent passer la main. Que ne l’ont-ils fait plus tôt, au lieu de s’incruster jusqu’à l’excès sans penser que le mouvement social allait mettre un terme à ces baronnies d’un autre âge. Ne voyant rien venir, ils en sont réduits à la défensive maladroite consistant à tirer sur tout ce qui bouge, essentiellement lorsque cela vient du camp d’en face. Que penser de cet argument selon lequel on aboutirait une "anonymisation" de l’élu, au prétexte qu’il aurait la charge une si grande circonscription ? Comme si le fait de connaître le nom, et surtout le prénom, de l’élu lui donnait une sorte de brevet supplémentaire d’efficacité ! Pour s’en convaincre, il suffit de faire le bilan de "Pierre", puisqu’il faut l’appeler par son prénom, le conseiller général de l’actuel canton de Wissembourg. Élu en 1985, il a d’abord fait silencieusement ses armes avant d’être initié aux us et coutumes de l’assemblée départementale qu’il n’aurait pas intégrée s’il n’avait reçu l’onction du député de la circonscription, dont il fut, un temps, l’attaché parlementaire. Recueillant ensuite 45% des voix à l’élection municipale de 1989, il a monté en grade à la faveur de l’élection suivante pour intégrer la commission permanente au sein de laquelle il est devenu premier vice-président, sous la houlette de l’actuel président du conseil régional [ seul membre de cette assemblée dont cette personne serait capable de donner un nom ? ]. Après cette ascension patiente et régulière est venu le temps d’une certaine disgrâce avec la rétrogradation à la sixième vice-présidence pour une commission [ dite de coopération transfrontalière et décentralisée ] dont on peine à trouver les comptes rendus des réunions. Cet infortune "professionnelle" pour celui qui assimile sa fonction à un métier est due en grande part au revers électoral de 2008 qui l’a privé de sa fierté, cette place de maire qu’il ne devait qu’à la conjugaison de ses talents de gestionnaire et de visionnaire, malheureusement contrariés par l’ingratitude d’un corps électoral qui ne comprenait pas ses méthodes. C’est toujours le problème de ces gens, ils savent bien, eux, quelle est la réalité, et ne comprennent pas pourquoi elle s’obstine à ne pas épouser les contours de l’idée qu’ils s’en font !
Et maintenant, quel est son bilan de conseiller général ? Si quelqu’un est en mesure de le faire, qu’il s’attelle au grand œuvre de cet homme si bien en phase avec "ses" électeurs qu’il en a perdu une grande partie en route, à commencer par ceux de l’ouest du canton, qui se sont tournés vers des interlocuteurs mieux à même de répondre à leurs préoccupations. Comment se fait-il que les deux Steinbach, en même temps que Lembach et Wingen soient allés voir ailleurs, c’est sans doute une question qu’il faut [ se ] poser, mais à laquelle on aura difficilement une réponse claire.

On est aussi fondé à demander à ces mécontents ce qu’ils ont fait quand l’ancien gouvernement, avec lequel ils avaient soi-disant les meilleures relations, a mis en place ces commissions préfectorales de refonte des cartes des intercommunalités. Mauvaise question qu’ils ne nous remercient pas de leur avoir posée puisqu’ils ont été d’une confondante soumission, anticipant parfois les desiderata du représentant du gouvernement quand de nombreux autres conseils généraux luttaient pied à pied contre des décisions imposées par la place Beauvau. Ça, c’est pour que chacun endosse les responsabilités qui lui reviennent.

Dernière chose, au passage, quand le conseiller général de Wissembourg demande où sont les économies, parce qu’il va y avoir 46 conseillers au lieu de 44 actuellement. Oui, en effet, et on va prolonger la question de Monsieur en lui demandant ce qu’il a fait, à titre personnel et exemplaire pour que les indemnités des conseillers généraux ne soient pas une charge pour la collectivité, et donc pour les contribuables, quelles dispositions il a prises pour convaincre ses collègues de le suivre, et en gros, s’il estime que le niveau général de ces indemnités, tout compris en y incluant ces innombrables invitations pour ci pour ça et pour le reste, lui paraît en conformité avec les efforts qu’il ne cesse de demander à ses concitoyens, en particulier les plus démunis. Mais est-il bien surprenant que celui qui revendiquait il y a une bonne dizaine d’années que le maire sache, dans "sa" commune, qui était chez qui s’en prenne maintenant aux allocataires du RSA en priant les maires de vérifier que leurs déclarations de ressources sont bien conformes à la réalité, sous prétexte que ces gens coûtent trop cher ! On voit déjà l’ambiance de suspicion, de ragots et de cancans qui s’installe avec ce type d’initiative. Mais a-t-on vu une commission de citoyens tirés au sort convoquer les conseillers généraux pour leur demander de s’expliquer et de justifier leurs indemnités ? Encore une mauvaise question à porter au bilan de ces élus qui seraient les plus populaires de tous.

À l’évidence, nos trois mousquetaires de la désillusion électorale plaident bien mal une bien mauvaise cause, et ils feraient mieux de raccrocher les gants en laissant aux électeurs le soin de faire un choix sur un programme et non sur une popularité dont la réalité repose d’abord sur ces pesanteurs sociologiques qui plombent complètement le débat politique local.

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