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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

lundi soir à Altenstadt_Steinbaechel_consternation participative

Alors, soirée de dupes ou courageuse réunion d’information ? Alignement de lieux communs vaguement environnementalistes ou exercice de démocratie participative ? Doctor Strangelove de la croissance ou pari de développement raisonné ? On aura tout eu hier soir dans cette salle communale d’Altenstadt, qui porte elle aussi les stigmates d’un progrès décliné sur le mode de la fuite en avant à la sauce passéiste.
Personne ne manquait à l’appel, avec un Monsieur le B.M sûr d’un bon droit qu’il estime légitime puisque les dieux électoraux lui ont été favorables, une sorte de technicien qui parvient à déterminer une sphère en intégrant un point, on y reviendra, en reprise celle qui nous a revendu le processus ZAC, et dont le discours a vite engendré les bavardages, et quelques interventions de compères pour se féliciter de la bonne tournure que prenaient les choses. Dans ce tableau, il ne reste plus à ceux à qui on ne tardera pas de leur donner raison que les miettes, sachant que chacune de leurs interventions sera reprise, dénaturée, moquée, caricaturée, déformée ou ridiculisée. En bref, et avant d’entrer dans le compte rendu, on s’est retrouvé, pour ceux qui suivent la vie politique locale depuis plus de 25 ans, dans l’atmosphère que l’on connaissait il y a un peu plus de deux ans, avec les mêmes mots, la même rhétorique, la même dialectique, les mêmes ficelles ou les mêmes arguties. Cette fois, en prime, nous étions quelques-uns à être coiffés de cornes ce qui n’est pas toujours facile pour passer sous les portes. Quoi que l’on veuille dire et faire croire, l’ensemble des décisions est bouclé, cette “ soirée ” n’étant qu’une figure réglementairement imposée dans le processus imposé par la mise en place de la ZAC comme cela est le cas pour les PLU. Si cela est vécu comme une épreuve formelle par les infortunés décideurs qui sont alors contraints de subir la contestation populaire, ils savent que le pire n’est jamais sûr et qu’ils pourront reprendre tranquillement leurs activités et continuer à ficeler des projets dont on nous expliquera que leurs détracteurs sont évidemment les partisans de la bougie.

Hier donc, petit historique de la part de Monsieur le B.M qui nous “ démontre ” que le Steinbaechel est déjà, depuis longtemps l’objet des attentions des “ aménageurs ”, et que si ça avait été les autres, ça aurait été pire avec des lotissements “ old fashion ” du genre de ceux d’Altenstadt ou du vignoble [ le seul problème, c’est que cela, tout le monde le sait depuis longtemps, au moins ceux qui ont pris l’habitude d’assister régulièrement au conseil municipal ]. Et que je te décline les grands thèmes de cette ZAC qui ne sera pas de l’urbanisation et où, grâce aux ateliers où on va travailler ensemble [ et autrement ? ] qui vont être mis en place, chacun pourra rêver sa ville (sic) en y ayant déterminé les rapports qu’il envisage d’entretenir avec le logement, la voirie, les espaces naturels et leur préservation, la mixité sociale, les accès, et la maîtrise des propriétés foncières. Fermez le ban ! En plus, Wissembourg étant comme chacun sait un disque de 2 km de diamètre, la zone du Steinbaechel est le maillon manquant de l’urbanisation. Ça c’est de la réflexion ! De miroir ?

L’intervention de Monsieur Scotan aura été aussi riche d’enseignements pour celles et ceux qui ont une idée des rapports de sujétion que les techniciens doivent entretenir avec les responsables politiques d'une part et les citoyens dont ils sont les mandataires d’autre part. Sûr de son fait, connaissant toutes les statistiques par cœur, il n’a pas hésité à extrapoler une situation microscopique pour en faire une règle générale : puisqu’au carrefour des 3-Croix [ en fait, il s’agit d’un hameau entre Wittersheim et Berstheim ! ], on est passé de 100 à 200 maisons en 30 ans alors que la population n’a augmenté que d’un tiers, de 450 à 600 habitants, c’est bien la preuve que sur les 90 communes d’intervention du Scotan [ 150 000 habitants ] il faut produire 900 logements par an, dont 50 à Wissembourg ! Et d’ailleurs, on a concerté, et vous, Monsieur, qui prétendez que ce n’est pas vrai, vous ne dites pas la vérité. Pauvre Monsieur Scotan, il confond forme et fond. Lit-il même les documents qu’il signe ? La concertation s’est évidemment limitée à de la consultation, et encore à celle des conseils municipaux. Les enquêtes d’utilité publique ne peuvent pas faire illusion, car les commissaires-enquêteurs sont issus d’un vivier agréé par ceux-là mêmes qui vont prendre les décisions. En plus, Monsieur Scotan prétend que les communes concernées ont pris de leur initiative la décision de se grouper en Scotan. En fait, il s’agit d’une démarche mise en place par la direction générale de l’urbanisme, de l’urbanisme et de la construction en 2004. Rappelons que “ les SCOT présentent le projet d’aménagement et de développement durable retenu, qui fixe les objectifs des politiques publiques d’urbanisme en matière d’habitat, de développement économique, de loisirs, de déplacements des personnes et des marchandises, de stationnement des véhicules et de régulation du trafic automobile. ” [art. L 122-1 du code de l’urbanisme ]. Voilà qui relativise les grandes idées qui nous ont été proposées par le VRP de la ZAC Steinbaechel. A l’écouter, il suffirait d’implanter 520 logements dans les 13 ha retenus pour conserver la Sous-préfecture à Wissembourg ! Ah bon !
Il a été évidemment interrogé par une riveraine sur la contradiction entre les discours sur la préservation des terres agricoles en particulier et de la biodiversité en général et le sacrifice des meilleures parcelles du coin. Invariable réponse de l’un, Monsieur le B.M, ou de l’autre, Monsieur Scotan : il y aura 8 ha de zone naturelle, que l’on y voie la preuve de notre bonne volonté. En plus nous allons con-cer-ter ! Et comme jamais, comme jamais cela n’a été le cas à Wissembourg. La réunion d’information de ce soir n’en est-elle pas la preuve. Clic sur le lien pour savoir ce que veut dire concertation à la sauce Scotan.

[ note : on s’est invariablement exprimé au futur, l’emploi du conditionnel n’a même pas été marginal. ]

Quant à la façon dont on va s’y prendre, pour cette ZAC, qui n’existe pas [ il est 20h00, et les choses ne se passent pas très bien, les orateurs commencent à fatiguer, mais ils vont continuer jusqu’à épuisement de leurs contradicteurs, une vieille technique largement éprouvée les décennies passées  ], et qui est un projet dont les élus qui ont choisi, eux, de remettre de l’initiative publique dans la politique du logement, comme dirait Monsieur le B.M, discutent… avec le cabinet d’urbanisme.
A la question de savoir de quoi vivront tous ces gens qui vont habiter ce nouveau lieu, il est répondu que c’est parce que l’on manque de logements qu’il n’y a pas d’implantation d’entreprise à Wissembourg, que l’époque de l’arrivée providentielle d’une entreprise de 500 salariés est révolue, qu’il faut des commerces [ avec quel argent les gens qui vont s’y rendre vont-ils les faire vivre ? ], que l’occupation des friches de la gare n’est pas à l’ordre du jour puisque le tram-train de Karlsruhe va arriver [ demain ? ], et que la question posée de l’inoccupation historique du Stenbaechel n’a pas lieu d’être. Comme il était ridicule il y a 21 ans de contester l’implantation du lycée à l’endroit le plus stupide que l’on ait pu imaginer : accès, atteintes à l’environnement, occupation désordonnée de l’espace, ruissellement et instabilité des terrains, etc. Depuis, plus personne n’ose en parler parce qu’il est contrariant de devoir reconnaître que l’on s’est trompé. Cette fois, c’est la même chanson, les mêmes erreurs, les mêmes plans fumeux sur les mêmes inaccessibles comètes, le même saccage [ et peu nous chaut qu’il soit badigeonné de vert ! ] avec la même facture laissée au suivants, pour qu’un B.M. de passage puisse s’enorgueillir [ l’orgueil, péché capital ] d’avoir laissé sa trace dans le paysage local. Nous connaissons déjà ce genre de trace, sur le toit de la tour romane de l’abbatiale par exemple, pour savoir apprécier leurs auteurs à leur juste valeur.

On ne dira pas grand-chose de l’intervention soporifique de l’autre invitée, simplement parce qu’elle s’est cru autorisée à reprendre ce qu’elle avait déjà présenté, aux erreurs près [ ainsi, le projet d’équipement scolaire sur le site ex-Gummi-Mayer abandonné depuis 5 ans figure-t-il encore sur cette présentation laborieusement mise en marche ! ], lors du conseil municipal du 30 octobre 2009, avec cette fois, en plus quelques photos qu’elle a extraites ou bien de ses souvenirs de vacances ou bien des catalogues de la bibliothèque de l’école d’architecture, sur les éco-quartiers forcément en Allemagne, forcément en Suisse, forcément avec des vélos, forcément avec des enfants qui jouent dans la rue, forcément l’image du Steinbaechel en somme !
Comme tous les nouveaux convertis, il convient d’en remettre et d’en dire toujours plus : développement durable [ d’ailleurs, je vais vous expliquer ce que ça veut dire : économie des ressources, environnement, solidarité ], éco quartier, déplacements, biodiversité, maisons bioclimatiques, vie de quartier, commerces, transparence, participation [ elle a probablement oublié “ écocitoyenne ” ], agencement des logements, intimité, concertation, souplesse, évolution, thématiques, état des lieux, écoresponsabilité, et autres sornettes.
Et de nous décrire comment le quartier sera organisé [ alors que rien n’est fait, on vous le jure, croix de bois, … ], et ceci, et cela, dans un brouhaha que Monsieur le B.M a dû calmer … au nom du respect mutuel que nous devons nous témoigner. C’est vrai que débiter de telles niaiseries aux frais du citoyen manifeste à son égard un respect évident qui inspire
à l’administré une proportionnelle considération !
Concrètement, nous avons maintenant une idée des choses qui ne sont évidemment pas, mais absolument pas, décidées : état des lieux (en cours), DUP pour les expropriations, contrats avec les aménageurs concessionnaires qui mettront en musique ces fameux cahiers des charges super-contraignants [ on en a déjà une idée avec ce qui s’est passé avec les bâtiments de l’ancien lycée Stanislas, rebaptisé cour de la Commanderie ] et qui sont, chacun le sait, des philanthropes, surtout quand il s’agit de privilégier leur intérêt personnel.
Petite leçon de maintien à l’adresse de celui qui a eu l’outrecuidance d’élever la voix contre Monsieur le B.M : “ la concertation, ce n’est pas élever la voix, et dire que les autres sont des c… ! ” On ne voit pas très bien le rapport, si ce n’est qu’il s’agit, alors que l’on monopolise la parole en s’affichant comme l’homme raisonnable de la situation, de la retirer aux autres en les caricaturant, histoire de les marginaliser davantage. Mais peu importe, les ateliers thématiques vont montrer que les idées constructives sont nombreuses et qu’elles vont contribuer à améliorer encore un projet dont on n’a pourtant pas arrêté de nous dire qu’il n’existait pas. Allez comprendre.
Passons sur les considérations sur la charge du coût de fonctionnement d’une ville selon qu’elle pèse sur 8 000 ou 9 000 habitants… ou sur cette vérité selon laquelle pour préserver le bon-vivre, il faut réfléchir à beaucoup de choses. C’est bien vrai, ça !

Plus drôle aura été cette assertion selon laquelle la ZAC ne coûterait pas un centime aux contribuables. On va emprunter par le biais d’un budget spécifique, et on se remboursera avec la vente des terrains, nous dit-on. Sauf que lorsque l’on emprunte, comme on l’a fait pour l’histoire de Bruker qui vient tout juste d’être apurée, il faut payer les intérêts à l’établissement bancaire qui vous avance les fonds. Entre le moment où l’affaire va être lancée et celui où l’argent des ventes arrivera, le budget général sera par conséquent grevé d’une charge supplémentaire. Mais qui est contre les éco-quartiers ? Mais qui est contre les maisons bioclimatiques ? Mais qui est contre les enfants qui jouent dans la rue ? Etc.
En plus, voilà que l’opération Steinbaechel est qualifiée d’opération structurante ! Ouf, nous sommes enfin rassurés, car il y avait si longtemps que nous ne l’avions pas entendue, celle-là. Structurons, structurons, il en restera bien quelque chose.

Temps fort de la soirée, l’intervention des compères qui viennent, avec candeur et maladresse faire acte d’allégeance, c’est toujours émouvant. “ J’ai 25 ans, je suis juriste, j’aimerais m’installer à Wissembourg qui manque de personnes de ma tanche d’âge [ Monsieur voulait sûrement parler de son intelligence ], je me réjouis des termes du rapport gagnant – gagnant proposé par la mairie, sur fond de participation des citoyens qui est un atout. Je crois au commerce et au tourisme, et si ce n’est pas aujourd’hui qu’on empiète sur les terrains, ce sera demain. ”
Voilà une question respectueuse de l’autorité qui permet à Monsieur le B.M d’embrayer aussi sec sur la popularité de son projet et de l’intérêt que nous y avons tous, même les grincheux.

Un imprudent se lance à reposer la question du travail qui devrait précéder, en toute logique, celle des logements.
Nous serons pragmatiques, nous subissons la crise et la situation économique, le site de Wimétal est invendable, on ne verra pas d’usine de 500 salariés s’installer dans les prochaines années, seule l’installation de centaines de logements est de nature à rassurer les investisseurs éventuels. Imparable parce qu’indémontrable !

Monsieur J’ai 25 ans reprend alors la parole pour prêcher en faveur des pôles de compétitivité, mais c’est légèrement hors sujet, alors on passe.
Un autre qui a 49 ans, qui a construit sa maison sur le Steinbaechel sur un terrain hérité de ses parents. Lui aussi il approuve la démarche de concertation qui permet aux “ pour ” et aux “ contre ” de s’exprimer, de donner leur avis, et d’aller de l’avant [ sous-entendu dans la direction des “ pour ”, les “ contre ” devant s’estimer heureux qu’on ne les ait pas pendus en place de Grève ou exposés au pilori ]. Je suis pour la ZAC, ce qui a le mérite d’une certaine franchise à défaut de courage.

Moment pénible, on est en fin de soirée, quand est reposée la question du concessionnaire privé chargé de mettre ce charivari pseudo-urbanistique en musique. Non, non, la maîtrise reste publique ! Comprenne qui pourra. Puis Monsieur le B.M part dans un truc sur le prix de rachat des terres agricoles qu’il envisage de payer 1 000 euros l’are, n’hésitant pas à interpeller directement le dernier paysan de Wissembourg que l’ancienne municipalité a fini par reléguer sur les hauteurs … du Steinbaechel ! Monsieur le B.M s’est-il rendu compte de ce qu’il disait lorsqu’il envisageait de priver celui qui vit de son travail de son outil de travail ? Est-ce ainsi que nous devrons être traités ? Ne sommes-nous que des gens à acheter, éblouis par quelque miroir aux alouettes financières, étourdis par la valse des millions, surtout quand il s’agit de l’argent des autres ? Quand on n'a à la bouche que le respect que l’on exige des autres, on peut aussi s’épargner ce type de remarque humiliante à l’égard d’autrui.

Après cette brillante saillie, il était temps d’entamer l’un de ces refrains qui ont fait la fortune des démagogues, celui de la solidarité car “ nous allons faire travailler les entreprises de travaux publics tout en conservant la maîtrise d’œuvre ; nous allons contribuer à réguler le marché, à faire baisser les prix, c’est une démarche solidaire ! ”.

L’affaire était faite, l’assemblée était comblée, les partisans du progrès l’ayant largement emporté sur les acrimonieux du passé. Il était temps de conclure, ce qui fut fait par Monsieur le B.M qui s’est félicité d’être en fait le porte-parole de la majorité silencieuse.

Alors là, c’était vraiment ensemble, pour ceux qui restent, ET autrement, puisque c'est pareil !

Note : Monsieur le B.M. pour Monsieur le Bourgmestre

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