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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Madame C. Lagarde – La Gaffe – La Bourde

Cette information est passée presqu’inaperçue, et c’est bien dommage : l’ancienne ministre française de l'Economie et des Finances vient d’être faite docteur honoris causa d'économie de l’université catholique de Louvain, en raison de son "incroyable leadership éminent et visionnaire, son esprit de décision, sa communication ouverte et claire et ses efforts soutenus pour promouvoir son message", a déclaré le très inspiré recteur, Monsieur M. Waer. Un leadership qui est "reconnu à travers le monde", a-t-il ajouté, mettant en avant "sa vision claire et ses analyses lucides par lesquelles elle veut comprendre et s’attaquer à la crise financière mondiale". Bien décidé à ne pas en laisser à quiconque, un autre expert en flagornerie a même déclaré que "avec ce titre, nous voulons exprimer notre admiration et notre estime pour les compétences et le professionnalisme avec lesquels elle occupe son rôle". Il s’agit du doyen de la faculté des sciences économiques, Monsieur L. Sels dont il est nécessaire de préciser le nom, et de surveiller l’évolution de sa carrière, lui qui considère Madame C. Lagarde comme "un exemple à suivre pour nos étudiants en économie" : peut-être y a-t-il une petite place pour lui confier l’une ces études à la gomme dont ces gens-là raffolent.
Il faut dire qu’il y a de quoi honorer cette dame pour tout le travail qu’elle abat en tant de que porte-coton du capitalisme international, saigneur des peuples et grand pourvoyeur de misère. Avec ses deux autres amies de la Troïka, la banque centrale européenne et la commission, elle organise la mise en coupe réglée de pays entiers comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande, la Roumanie, la Lettonie et la Hongrie. On remarque que les résultats sont pratiquement immédiats avec la montée des nostalgiques du nazisme, la résurgence des nationalismes les plus étroits, et l’effondrement des organisations de solidarité. On comprend d’autant mieux l’empressement d’une université, d’où est partie, en 1963, la revendication séparatiste flamande, à honorer celle qui a remplacé un directeur du FMI à la ramasse, après avoir fait une carrière dans le privé, au cabinet d’avocat d’affaire Baker & McKenzie, dont chacun sait que l’augmentation du chiffre d’affaire est proportionnelle à son implication philanthropique. C’est cette même Madame C. Lagarde qui disait "penser tout le temps [ sic !; c’était le 25 mai 2012 dans un entretien au Guardian ] à ces jeunes enfants dans un petit village du Niger qui vont deux heures par jour à l'école, partageant une chaise pour trois, et qui rêvent d'avoir une bonne éducation", estimant qu’ils "ont encore plus besoin d'aide que les gens à Athènes, ces Grecs qui feraient mieux de s’entraider et de payer leurs impôts" ; cette remarque tout en nuance et en intelligence a dû être l’élément déclencheur de sa récente promotion, elle qui bénéficie d’un confortable statut salarial et fiscal hérité d’une époque révolue. Tout cela donne simplement la nausée.
On peut ajouter que tous ces gens qui se refilent entre eux les doctorats de pacotille ne sont pas très regardants sur la précision des propos de ceux qu’ils honorent. Ainsi, Madame C. Lagarde s’est-elle transformée en Madame La Gaffe, ou Madame La Bourde en félicitant le bourgmestre courtraisien Stefaan De Clerck (CD&V) pour sa réélection à la tête de Courtrai, alors qu'il devra céder l'écharpe maïorale à Vincent Van Quickenborne (Open VLD) qui prendra les rênes de la commune dès 2013 [ l’université catholique de Louvain a un campus situé sur la commune de Courtrai ]. On sent à ce type d’approximation qu’on a vraiment affaire à une professionnelle, entourée d’une équipe de professionnels qui sait lui rédiger des notes professionnelle qui lui évitent de passer pour une gourde, toute huitième place dans la liste des femmes les plus puissantes du monde que lui ait attribué en 2012 le magazine états-unien "Forbes" dont l’objectivité n’est absolument pas à mettre en doute puisqu’il passe son temps à cirer les pompes des grandes fortunes dont il s’amuse à publier le classement. Il semble que cela intéresse au moins autant Madame C. Lagarde – La Gaffe – La Bourde que les enfants du Niger auxquels elle pense tout le temps…
Pour l’honneur de la Flandre, de la Belgique, de l’Europe et de l’Humanité, une quarantaine de jeunes de COMAC [ pour "COMmunistes ACtifs" ], le mouvement des jeunes du PTB, a perturbé la remise du prix en s'enchaînant devant les portes de la salle où Madame C. Lagarde – La Gaffe – La Bourde a reçu son titre. Ils voulaient ainsi "protester contre cette récompense pour quelqu'un qui pousse les travailleurs européens vers la misère".

Et pour en savoir plus et mieux sur les bienfaits de cette crise, dont Madame C. Lagarde – La Gaffe – La Bourde nous dit qu’elle "nous définit, mais elle nous définit surtout dans la manière que nous aurons de la vaincre, de la surmonter. Nous devons rétablir et restaurer la croissance, créer de nouveaux emplois, mais nous devons également rétablir l'espoir dans la dignité" [ si quelqu’un a compris quelque chose, qu’il se signale ], quoi de mieux que d’aller faire un tour dans la première économie européenne, là où on sait compter et faire la leçon aux autres :
L'autre dimanche, Bart De Wever [ c’est le dirigeant nationaliste flamand dont le parti vient de gagner les élections municipales belges en siphonnant les voix du vlaams belang, équivalent du front national français ] a une fois de plus répété devant les caméras : "Nous devons adopter le modèle allemand le plus vite possible." Voici, tirée de la presse allemande, une éclairante illustration de ce système "exemplaire".
Hugo Franssen
L’Allemagne exporte aussi ses personnes âgées
Madame Ludl n’arrive à trouver son appareil auditif. Ou plutôt, c’est l’infirmière qui vient de
retourner son coussin et de regarder dans la table de nuit de sa petite chambre qui ne le retrouve pas. En fait, Madame Ludl ne sait plus vraiment de quoi il retourne, ni même qu'elle porte un appareil auditif. Depuis quelques, minutes elle est fâchée parce qu’elle entend mal et qu’elle ne comprend pas ce qu’on lui dit. Elle ne voit plus bien non plus et ne peut plus porter aucune de ses trois paires de lunettes. "Elles sont très vieilles, ça ne convient plus", se plaint-elle. Avec une meilleure vision, Madame Ludl pourrait pourtant regarder plus souvent par la fenêtre la vieille ferme et son potager où l’on aperçoit encore quelques légumes d’automne.
Nous sommes en Slovaquie. Madame Ludl ne le sait pas, elle souffre de démence. Il y a un mois, son fils et sa belle-fille l’ont conduite ici, à Zlatna, près d’Ostrova, non loin de la frontière hongroise. Elle est à 700 kilomètres de son village natal, en Bavière. Après un jour de voyage, son fils a effectué toutes les formalités puis est retourné avec sa femme en Allemagne.
Hongrie, Slovaquie, Espagne…
Le pays champion du monde de l’exportation envoie aussi ses vieilles personnes pauvres à l’étranger. Les soins et les maisons de repos en Allemagne sont devenus pour nombre d’entre elles impayables. C’est ainsi que beaucoup de grands-parents vont passer leur fin de vie dans une maison de repos hors de leurs frontières, en Hongrie ou en Slovaquie. Mais aussi en Espagne et même en Thaïlande, où l’on voit fleurir des homes à la clientèle et aux propriétaires allemands. Evoquant l’histoire de Madame Ludl, le journal Die Welt cite un chiffre incroyable : en 2010, en Allemagne, 411 000 vieilles personnes recevaient une "aide sociale pour soins", faute de pouvoir se payer une maisons de repos ou les soins nécessaires. L’importante organisation sociale VdK précise que des soins à domicile pour un niveau 3 de dépendance coûtent en moyenne 2 900 euros par mois, alors que les pensions stagnent.
Outre ces 411 000 personnes, il en existe un grand nombre (impossible à chiffrer) qui, comme Madame Ludl, cherchent une solution dans un pays à bas salaires. Le secteur privé de l’assurance-maladie veut à l’avenir collaborer avec des homes à l’étranger et aplanir tout obstacle juridique à cet effet. Les bas salaires slovaques doivent contribuer à "comprimer les coûts", comme cela s’appelle.
L’option n’est visiblement pas d’attirer et de former des professionnels dans ce type de soins, mais le contraire : exporter le "problème". Et c’est ce "modèle allemand" que les dirigeants à la De Wever veulent importer ici.
Source: Die Welt et Junge Welt du 29 octobre
Et on se permettra d’ajouter, et c’est ce "modèle allemand" que les dirigeants français veulent importer ici.

Vous trouverez les sources aux adresses suivantes :
7sur7.be, lalibre.be, comac-studenten-leuven et ptb.be.

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Régis Hulot 03/11/2012 15:46


Sur Mme Lagarde, qui doit, grâce à son statut d'exemption fiscale absolue (ni contributions personnelles, ni contributions réelles, prévoit son statut de fonctionnaire internationale), faire le
bonheur des oeuvres philanthropiques, les lecteurs de Pumpernickel savent à quoi s'en tenir, et savent aussi, sans déroger à l'obligation de charité, ce qu'ils peuvent en penser.


Mais c'est la suite qui fait froid dans le dos...


Exporter les vieux vers des pays où la main d'oeuvre médicale est peu coûteuse, il fallait y penser. Et c'est bien ce qui nous différencie, nous autres gens ordinaires, de ces personnages qui
n'ont d'autre amour que celui de l'argent, d'autre but que l'argent, d'autre référence que l'argent. Nous n'y avions pas pensé.


Et j'en suis bien heureux.