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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Massacre ? Carnage ? Tuerie ?

Après le massacre - le carnage - la tuerie - les mots manquent devant cela - qui vient d'avoir lieu dans le Connecticut, dans une petite ville bien tranquille où, certainement, il ne se passe jamais rien, les réactions n'ont pas manqué et sont allées aussi vite que les images qui, désormais, font le tour du monde en quelques clics de souris. Il faut dire que l'assassinat sans mobile apparent d'une vingtaine de bambins dans une école maternelle, et celui de six de leurs institutrices, sans oublier le meurtre préalable de sa mère par le tireur fou(?), cela a de quoi perturber. D'autant plus qu'il s'agissait de jeunes américains innocents, et pas de jeunes irakiens, de jeunes palestiniens, de jeunes salvadoriens, de jeunes tchétchènes – mais il ne faut pas tout mélanger.

N'écoutant que son enthousiasme et ses certitudes, et sa bonne conscience aveugle [la suite a été trouvée sur le site de 20minutes.fr] l'ancien candidat à la présidentielle, [a diagnostiqué que] les États-Unis travers[ai]ent une crise "morale"…

Pour Mike Huckabee, le problème n'est pas qu'un jeune homme avec un historique de troubles mentaux ait facilement eu accès à des armes semi-automatiques quasi-militaires. Non, l'ancien candidat a livré son explication, vendredi soir: "On se demande pourquoi il y a de la violence dans nos écoles mais nous avons systématiquement supprimé Dieu de nos écoles. Devrait-on s'étonner qu'elles deviennent le théâtre de carnages ?".

Alors que les cadavres des 20 enfants gisaient encore sur le sol de l'école Sandy Hook, les propos d'Huckabee sont mal passés. "Dieu était là, Monsieur Huckabee. Son nom : Rachel Davino, Dawn Hochsprung, Anne Marie Murphy, Lauren Rouseau, Mary Sherlach, etVictoria Soto – les six femmes courageuses qui ont donné leur vie pour protéger les enfants», écrit le blogueur libéral Rob Shofield."

Voilà qui rassure un peu. Tous les (chrétiens ?) américains ne sont donc pas des "fous de Dieu" qui, comme aux temps anciens, pensent qu'en les tuant tous, on aide la Créateur à retrouver les siens, et qui considèrent que le meilleur moyen d'assurer le Salut des "Indiens" est de les baptiser collectivement à la chaine avant de mettre en batterie la mitrailleuse Remington.

L'article poursuit ainsi :

Dieu "chassé"

Au cours du week-end, l'ancien aumônier a développé sa pensée. «On oblige des boutiques de propriétaires chrétiens à renoncer à leurs valeurs (en retirant des crèches de Noël, ndlr) sur les ordres d'un gouvernement qui force les assurances à couvrir la pilule du lendemain. On n'ose plus parler de péché, on abandonne le socle de notre morale, et on se demande ''Que faisait Dieu ?''. Je réponds : ''On l'a chassé de notre culture et on s'étonne que notre société reflète ce que nous sommes devenus?''»

Lundi, Mike Huckabee a relativisé ses propos [cette stratégie de la provocation, puis du retrait relatif est une des constantes, en France, du mode d'expression du Front national. Note RH]. «Je ne suggère pas que la tuerie n'aurait pas eu lieu si nous avions un retour des prières à l'école. Mais nous avons créé une atmosphère dans ce pays où le seul moment où l'on invoque le nom de Dieu est après une tragédie.»

Huckabee n'est pas le seul à invoquer la «crise morale et religieuse» après un drame. Lors de Katrina, le télévangéliste Pat Robertson avait expliqué que l'ouragan était une punition divine face au nombre grandissant d'avortements.

On peut aller un peu au-delà dans l'analyse, et je suis allé chercher sur le site du huffington post les opinions de Mme Anne Sinclair (dont les liens avec les États-Unis sont anciens et variés) et de Me Daniel Soulez Larivière, avocat pénaliste de renom qui doit son train de vie confortable au moins autant à son talent qu'à sa famille. Anne Sinclair pose le problème de ce second amendement à la constitution américaine qui, s'il a un sens historique (on peut aussi évoquer le cas de la Suisse où des armes sont détenues par des citoyens susceptibles d'être mobilisés), a été profondément détourné pour devenir le droit d'être armé pour assurer en toute circonstance sa propre défense.

On se souvient de ce dessin de Reiser (de Cabu ?), en "une" de Charlie-hebdo il y a bien des années, après la mort d'un jeune homme tué, par erreur, par son propre père : un quidam, en pyjama, à mi hauteur d'un escalier, tient à la main un fusil encore fumant, alors que sa femme, épouvantée, se trouve derrière lui. Par terre, le cadavre ensanglanté d'un chat. En titre : Drame de l'auto-défense : il tue son chat sans savoir pourquoi. Et, dans une bulle, les premiers mots du quidam : "Il a bougé, j'ai eu peur".

Il semble bien que les états-uniens acceptent que plus de 30.000 personnes meurent chaque année du fait des armes à feu, et parmi elles un bon tiers d'enfants et d'adolescents, mais c'est sans compter qu'il ne relève sans doute pas des seuls citoyens de décider de ce qui doit être fait pour préserver la vie de milliers de personnes, fût-ce au prix de la restriction de ce qui passe aujourd'hui pour une liberté. C'est là qu'Anne Sinclair attend que le président Obama agisse, vite et fort.

Quand à Me Soulez Larivière, il a forcément un autre regard, plus éclairant peut-être car davantage transposé dans notre propre système.

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