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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

même au conseil municipal !

Il était 19h00 lorsque les trois élus de l’opposition ont décidé de quitter la séance, plongeant une partie du public dans la perplexité. On avait senti la pression monter lorsqu’à l’issue du vote du point numéro 3 sur le budget, le porte-parole de l’opposition a demandé la parole alors que l’on en était déjà au point numéro 4. Il est revenu sur le point précédent, voulant donner une explication de vote a posteriori. Est-ce adroit ou pas, la question n’est pas là. Comme il reprenait ce qu’il avait déjà dit lors de la précédente séance sur le manque de sincérité du budget, sur la dette, sur les transferts de compétences à la communauté de communes qui permettent à la commune de dégonfler son propre budget, il a été violemment pris à partie par le maire qui l’a sommé d’être précis et de donner les chiffres auxquels il faisait allusion. Ne se départissant pas d’un certain calme, le porte-parole de l’opposition a voulu continuer son exposé en faisant remarquer au maire qu’il avait une parole qu’on lui avait donnée, et que, lorsque le maire parlait, il n’avait pas été interrompu. C’en était trop, Madame la première adjointe est à son tour sortie de ses gonds, faisant remarquer au porte-parole de l’opposition qu’il eût plus expédient qu’il se manifestât avant le vote [ en fait, elle ne l’a pas dit comme ça, mais c’était sûrement sous le coup de l’émotion ].
Le ton est alors monté d’un cran, l’un voulant poursuivre pendant que l’autre vociférait qu’il aimait les chiffres précis. Cela a abouti à ce que l’opposition, qui cherchait peut-être un prétexte, prenne ses cliques et ses claques, laissant aux quatre élus d’Altenstadt le soin de mettre de l’ambiance. Mais c’est vrai qu’après la départ du chauffeur de salle, tout le monde était un peu interloqué, d’autant que le maire a saisi l’occasion pour nous infliger l’un de ces discours où se mêlent toutes sortes de considérations, dans une grande confusion rhétorique. Que veulent démontrer ces énoncés fastidieux de sommes dont on ne sait plus à qui et à quoi elles servent, ces pourcentages sans doute vrais mais qui restent, en l’occurrence, invérifiables, ces incantations sur les vertus du suffrage universel, ou ces attaques à l’encontre de celles et ceux qui se contentent de lire les statistiques publiques sur l’état des finances municipales ? Nous avons aussi été prévenus que contredire le maire relevait de l’affabulation populiste, nous voilà prévenus. C’est vrai que par les temps qui courent, on entend beaucoup d’anathèmes à l’encontre de celles et ceux qui ont le front de contester une insupportable doxa moulinée à jet continu sur le thème de l’excellence de la gestion dont nous bénéficions. Le seul problème, et c’est vrai pour tout et pour tous, ce n’est pas que ce soit vrai ou faux, c’est que ce soit vraisemblable. Et ce n’est pas l’emportement, que l’on est si prompt à reprocher aux autres, y compris à ses anciens amis taxés maintenant de qualificatifs insultants [ on peut rappeler ce délicieux "dictateur xénophobe de droite extrême" ], qui donnera un semblant de crédibilité à ces doctes énoncés censés nous en mettre plein la vue.
Sans vraiment s’en rendre compte, et aveuglés par l’orgueil qui leur sert de boussole, l’ancien, en s’en allant, et le nouveau, en s’emportant, ont joué le jeu qu’ils reprochent aux autres. Ils ont été incapables, l’un et l’autre, de ramener leur interlocuteur au minimum de raison, empêchant les citoyens de bénéficier du débat contradictoire auquel ils ont légitimement droit. En somme, deux capricieux se sont affrontés alors que nous attendions deux personnes posées capables d’échanger des arguments.

Je regrette maintenant toutes ces heures passées à décortiquer les ordres du jour d’un conseil municipal que l’on a réussi à tuer, à vider de son sens, à sortir de son rôle, en en faisant le champ clos des petites ambitions personnelles, des excommunications stériles ou des leçons de morale qui ne nous concernent pas. Les Wissembourgeois, tous les Wissembourgeois, qu’ils soient électeurs ou non, méritent largement mieux, nous méritons autre chose que cet infect déballage de haines recuites sur fond d’indigence idéologique.
Il est clair que les uns et les autres sont dans les starting-blocks avec, en ligne de mire, le renouvellement de 2014. Rien ne serait pire que la reconduction des uns ou la revanche des autres : nous entrerions alors, comme le disait un ami, dans une aire de glaciation mentale proche de la contre-réforme, où il ne manquerait plus que les inquisiteurs, déjà à l'œuvre, pour nous mettre au silence. La seule solution, c’est celle des Wissembourgeois, celle tous les Wissembourgeois, qu’ils soient électeurs ou non, qui doivent, impérativement, se lever et constituer cette liste de vingt-cinq citoyennes et citoyens, intègres, vertueux, humbles, bienveillants, humains, désintéressés, ouverts, qui rendra à notre commune sa personnalité, son originalité et son inventivité. Nous étions nombreux à penser que cela était possible déjà en 2008. Sourd aux mises en garde, Pumpernickel s’est donné, sans contrepartie, à ceux dont il pensait qu’ils avaient un véritable projet pour une petite ville qu’ils disaient aimer. Force est de constater qu’il n’en est rien, tout simplement, et que le positif est largement éclipsé par ces condamnations sans appel du même ordre et du même type que celles qui nous avaient été assénées par l’ancien équipage. C’est donc aux uns et aux autres qu’il faut tourner le dos, pour s’engager résolument dans la voie de résolution des grands défis qui sont déjà là, et que ceux qui occupent le pouvoir, comme leurs prédécesseurs, sont bien incapables de relever. Que savent-ils des difficultés de transport en commun alors qu’ils ne les utilisent jamais ? Que connaissent-ils de la ségrégation sociale quand ils n’en voient que ce que leur cabinet ou leurs techniciens leur en ont dit ? De quel droit nous imposent-ils des décisions d’urbanisme quand ils s’abstiennent de respecter les règles qu’ils ont eux-mêmes rédigées ? De quoi parlent-ils quand ils vantent leurs créations d’emplois alors qu’il s’agit au mieux de déplacements de postes de travail ? On pourrait continuer la liste, au risque de lasser, alors que le temps presse, que les propositions existent, que les bonnes volontés ne demandent qu’à travailler en donnant le meilleur d’elles-mêmes, au nom de la confiance qui leur aura été accordée, dans le sérieux, le dialogue et le respect de l’autre.
Quoi qu’il en soit, le spectacle indigne qui a été donné au maigre public qui a pris la peine d’honorer la séance du conseil municipal de sa présence envoie un tableau exclusivement défavorable de ses protagonistes.

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