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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Monsieur B. Couturier vs Monsieur P. Jorion, sur france culture !

Vous avez déjà pu lire par deux fois sur ce blog, le 6 janvier 2010 et le 11 octobre 2011, de quoi l'un des animateurs de la tranche matinale de France Culture était capable. Ce matin, il était déchaîné, jusqu'à l'absurde, hors de lui, aveuglé par la colère, blessé dans son orgueil, et on arrêtera là la liste des péchés capitaux. Plaise au Ciel qu'il aille au plus tôt hanter des antennes plus conformes à ce qui lui sert de pensée.

Il suffit de lire les commentaires de l’émission de ce matin sur France Culture [ et dans France Culture, il y a aussi culture ! ] pour s’apercevoir que Monsieur B. Couturier a fait pour le moins un faux pas. À moins qu’il ne se soit tout simplement dévoilé, tel qu’il est, un homme de droite, acculé à ses contradictions, défendant mordicus un système dont il prétend qu’il a amené la richesse à 300 millions d’Indiens et de Chinois [ en oubliant soigneusement les deux milliard d’Indiens et de Chinois qui sont réduits à une misère encore plus grande pour assurer le bien-être des quelques centaines de millions de privilégiés, mais ça, ça ne le dérange pas outre-mesure ], ou, parce qu’il n’a rien à dire, qui somme celles et ceux qui critiquent, à juste titre, un système qui creuse toujours et plus les inégalités, y compris dans nos sociétés, de présenter ce qu’il appelle, parce qu’il ne parle par français, une alternative. Il ajoute l’ignorance au ridicule, ce qui finit par faire beaucoup pour un donneur de leçon qui prétend tout et surtout n’importe quoi en l’administrant de ce ton pseudo-doctoral des fats et des affabulateurs.
Ce matin, on a assisté, enfin, à ce qu’est réellement cette émission : on affecte d’y recevoir un invité alors qu’elle n’est en fait que le moyen donné, offert à un thuriféraire, rémunéré, d’un système [ qui a fait ses preuves, et d’ailleurs, ne l’accablent-elles pas ? ] pour qu’il passe en boucle, pour qu’il nous assène, pour qu’il ânonne tout ce qui lui a été demandé d’apprendre par cœur la veille au soir dans les réunions des think tanks réactionnaires qu’il ne manque pas de fréquenter, comme “ le meilleur des mondes ”, une revue néo-conservatrice fondée au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Quand on allume la radio, ce n’est pas pour entendre ce qu’a à dire l’invité, ce n’est pas pour être invité à la réflexion, non, c’est pour supporter celui qui a été, ce matin encore plus qu’un autre, tout simplement odieux. Hier aussi, lorsque Monsieur faisait semblant de recevoir Madame C. Lepage, il n’a pu s’empêcher de parsemer ce qu’il prend pour une chronique, d’allusions plus ou moins explicites sur le compagnonnage réel ou présumé entre des écologistes qu’il vomit dès qu’ils s’avisent de sortir du champ-clos où Monsieur aimeraient qu’ils restassent et les forces que la droite s’est résolue à appeler dictatoriales, mêlant avec gourmandise hitlérisme et stalinisme, ce qui est effectivement strictement la même chose, tous les historiens en conviendront.
Mais Monsieur B. Couturier n’en a cure, et demain il reproduira ce qu’il nous a exprimé ce matin [ et il convient de comprendre exprimer au sens qu’on lui donne quand on parle d’un lavement ], et ainsi de suite sous couvert de citations invérifiables de grands auteurs qu’il convoque à l’envi ou d’approximations débitées sur un ton mécanique qui fait de lui une sorte d’automate au service du clan qui sévit à ce que l’on est contraint d’appeler les sommets de l’État et qui approchent ceux du ridicule.
Face à ce déferlement de haine, il aura fallu beaucoup de sang-froid et de hauteur de vue de Monsieur P. Jorion, lui qui a des images et des métaphores complètement inconnues chez nous : quel “ commentateur ” de la trempe de notre Monsieur B. Couturier sait qui est Hans Brinkers, ce petit garçon de Hollande septentrionale qui aurait découvert un trou dans la digue et y aurait mis son doigt, une nuit durant, sauvant par là la communauté villageoise vivant en contrebas ? Que nous dit Monsieur P. Jorion ? Qu’il est ridicule de demander à une banque, “ too big to fail ” de mettre 2% de côté pour faire croire c’est une garantie ; qu’il est grotesque d’avoir supprimé les impôts en particulier sur les plus gros revenus, comme le proposent les libertariens, au moment où les états ont (eu) besoin d’argent ; que la proximité des récessions annonce l’entrée en fanfare en dépression ; qu’il est probable que l’euro ne tiendra pas au-delà de l’hiver, même pas l’entrée de l’hiver peut-être ; qu’il n’y a plus de pilote dans l’avion ; que le système est terminé et qu’il s’écroule par pans entiers ; qu’il faut reconstruire un système financier parce que l’actuel est en panne ; que nous reprenons le culte des cargos des polynésiens [ les Américains ont déversé des richesses sur les îles du Pacifique au moyen d’avions cargos, puis ont cessé le mouvement ; les populations ont introduit un rite à ces épaves pour s’en attirer les bonnes grâces ] et que nous faisons des sacrifices humains aux “ marchés ”, qui n’existent plus et ne sont qu’un grand Moloch, une grande statue d’un dieu qui est mort, en essayant de s’attirer leur indulgence alors que le cœur est fondu ; que c’est la panique au sommet ; que l’on ne demande pas aux spécialistes les conseils qui nous sortiraient, au moins en partie, du désordre ; que la science économique qui a été créée n’a aucun intérêt et n’est d’aucun secours ; etc.
Les hostilités ont commencé avec l’entrée en scène d’un Brice Couturier particulièrement méprisant qui en quelques minutes démolit celui qu’il taxe de prophète nous annonçant une hypothétique apocalypse [ dont notre théoricien feint de ne pas savoir que cela veut dire accomplissement ], puis prend la mouche et cite des bribes de chroniques de celui qu’il ne laisse parler que quand ça lui convient. Puis, c’est la droite qui revient, celle que l’on connaît, avec l’obligation de définir, au débotté, le nouveau système auquel l’invité peut et doit penser, histoire de pouvoir se moquer de lui un peu plus plus tard. C’est vrai qu’il est fâcheux de s’entendre dire que l’on est pétri de certitudes, et que l’on ne croit qu’à la perpétuation d’un système qui met les hommes au rang des sociopathes ! Évidemment, il est regrettable d’entendre que la soi-disant prospérité des émergents, dont les amis de Monsieur B. Couturier ne cessent de ne nous rebattre les oreilles, ne se fait qu’au bénéfice du fameux 1% qui rafle toute la mise, y compris d’ailleurs aux Etats-Unis où 80% de la richesse produite entre 2008 et 2011 est allée à ce 1%. Peut-on convoquer Saint-Just en en appelant à la vertu ? Créons des institutions, des cadres pour que les gens, les banquiers soient vertueux et qu’ils ne soient pas balayés par la concurrence. Peut-on faire autre chose que d’élargir ses parts de marché ? Foin des idées préconçues, et inventons quelque chose une manière pacifiée dont nous pourrions faire de l’économie autrement.
Mais il faut tout de même remettre sur le tapis la prospérité de ces Chinois et Indiens qui entrent dans la classe moyenne. Et cette richesse serait dû, selon Monsieur B. Couturier, au capitalisme, alors que celui qui est tout de même l’invité est plus ou moins empêché de répondre, jusqu’au moment où ça sort : ce n’est pas le capitalisme qui a produit de la richesse, c’est l’exploitation de la planète qui produit de la richesse, écoutez, je vois bien, je sais bien que vous représentez un certain système qui est en train de s’effondrer, vous n’êtes pas heureux à ce sujet, vous êtes en bout de course, vous mobilisez le temps de parole en disant n’importe quoi, continuez à faire votre barrage en m’interrompant dans chaque phrase, pourquoi me demandez-vous quel système je propose, je ne vous pose pas cette question-là, j’appartiens à ce petit groupe de gens qui réfléchissent pour trouver des solutions, alors que l’on se trouve face à un catéchisme néolibéral qui se contente de constater que le système s’est effondré mais que l’on ne pouvait pas faire autrement, mais que ce système a permis à des gens de sortir de la misère, ce qui n’est pas vrai car c’est l’exploitation de la planète, qui est devenue une poubelle, qui a permis ce changement. Cela s’est fait au prix d’une concentration de la richesse qui n’a abouti qu’à une machine dont le fonctionnement s’est grippé.
On n’est pas au bout et les questions reviennent comme un disque rayé, avec cette sentence censée nous impressionner selon laquelle la critique est facile mais la construction l’est moins,[ c’est un peu approximatif, Brice, mais c’est pas grave, tu vas t’améliorer ! ], sanctionné d’un implacable et savoureux “ vous êtes du côté d’une histoire qui se termine, et je ne vois pas pourquoi je dois continuer à discuter avec vous ! ” qui fait prendre la mouche à ce petit impertinent qui rétorque que si c’est comme ça, il n’a plus qu’à s’en aller [ oui, oui, va-t’en ! ], retenu par la manche par Monsieur M. Voinchet qui en appelle à l’exercice de la contradiction, puis on continue en laissant, enfin, l’invité, parler sans l’interrompre toutes les demi-phrases pour lui poser les questions que l’on pose à un prophète de façon à pouvoir le coincer ultérieurement. Alors qu’il n’y a pas d’erreurs d’analyse dans le livre écrit en 2005, sauf sans doute sur la personnalité décevante de Monsieur B. Obama. Mais il reste que c’est la panique au sommet, et on demande aux spécialistes de dire aux peuples que ce n’est pas la panique, mais Monsieur P. Jorion n’en fait pas partie. Il préfère se comparer à Diogène qui cherche un homme ! Qu’on ne lui demande pas, quand un miroir se brise, qu’il décrive la forme des éclats éparpillés sur le sol, selon l’image de René Thome !
Monsieur P. Jorion propose de casser les machines à reproduire les aristocraties, car quand le patrimoine est concentré comme aux Etats-Unis où 1% possède le tiers du patrimoine, l’argent va à la spéculation et pas à la production. En ne touchant pas aux privilèges de ce 1% en 2008, on a tout raté. Il faut que les capitaux soient utilisés à la production.

Ce comportement est ahurissant, affligeant de bêtise, on avait l'impression d'assister à une sorte de joute entre celui qui dit quelque chose et celui qui veut faire croire qu'il a quelque chose à dire. Monsieur B. Couturier doit se reprendre et apprendre et mettre en pratique l'une des vertus majeures, celle de l'humilité. Nous y gagnerons tous, il devrait, à son âge, l'avoir déjà appris, lui qui ne manque jamais de nous faire la leçon.

Transmis évidemment à la rédaction de france Culture qui n'a pas jugé bon de répondre, à l'inverse de Monsieur P. Jorion, qu'il soit remercié [ 1er décembre 2011 ].

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