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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Monsieur H. Guaino, ou la plume colérique

L’homme qui sait tout, Monsieur H. Guaino, celui que l’on présente comme le conseiller spécial de Monsieur le président de la République, se répand dans les colonnes du quotidien vespéral des marchés pour délivrer son oracle. Sous un titre énigmatique qui fait penser à un sujet du bac, "Ne pas prendre en compte les passions populaires expose à la colère", il prétend faire le tour des grandes questions, enfin celles qui l’intéressent, les autres n’étant pas à la mesure de celui qui a de lui-même une idée semble-t-il assez favorable.
Détail amusant, celui qui écrirait les discours de Monsieur le président de la République [ à tel point qu’on l’a filmé un jour récitant le texte que son employeur s’essayait à déclamer ! ] est présenté comme une homme de gauche ! C’est vrai qu’à côté de l’ancien directeur de "Minute", Monsieur P. Buisson, on est vite à gauche.
Au long de l’entretien, il donne son avis sur l’intégration des immigrés, la droitisation présumée de la campagne de Monsieur le président de la République sous l’influence de Monsieur P. Buisson, ou encore les mouvements de foule qui accompagnent, dans les meetings UMP, chaque tirade anti-immigrés, sur le populisme, dont il a, lui aussi, une définition [ curieusement, personne ne parle jamais de Juan Perón, on se demande pourquoi ], sur ces corps intermédiaires, nouvelles cibles de la propagande de l’État, sur la CGT coupable de faire campagne pour que Monsieur le président de la République ne soit pas réélu, etc.
Mais là où c’est drôle, c’est quand cet homme qui doit tout de même avoir le sens de l’humour, dit ceci :
"La politique est toujours confrontée aux passions populaires. La question est de savoir si elle se laisse entraîner par elles pour le pire ou si elle les canalise pour le meilleur. Si vous ne prenez pas en compte les passions, vous risquez d'avoir les colères. A force de rejeter dans le populisme toute attention portée à ce qu'éprouvent les peuples, on finira par conduire le monde sur des chemins tragiques qu'il a déjà empruntés."
Mais à quoi fait-il allusion ? Est-on en passe d’atteindre le fameux "point Godwin" ? Quels sont ces chemins tragiques empruntés par le monde du fait du peu d’attention qu’il aurait porté aux passions, qui peuvent, oh la la, dégénérer en colères ?
Ah oui, la colère ? Vous connaissez ? Les uns parfois mieux que les autres, et en quelques semaines, Monsieur H. Guaino est un psécialiste, qui sait vraiment frapper fort.
La dernière fois, il s'est accroché avec Madame M. Darrieussecq qui l’aurait outragé, au micro de France Culture, en rappelant les termes du calamiteux discours de Dakar. Elle avait bien pris garde de dire qu’environ 10% du speech lu par Monsieur le président de la République faisait référence à Aimé Césaire, pour s’intéresser aux 90% restants, sur lesquels elle est tombée, à juste titre, à bras raccourcis. Malheureusement, comme il est arrivé en retard, Monsieur H. Guaino avait manqué un épisode, et il a fallu entendre sa colère ! Voilà quelqu’un qui a du mal à tenir ses nerfs ! Heureusement, il avait quelqu’un de solide en face de lui, qui ne s’en est pas laissé compter, tout conseiller spécial qu’il puisse être. Visiblement, Monsieur n’a pas l’habitude d’être remis en place, et c’était une rechute. Il avait déjà montré son [ mauvais ] caractère sur France 3 cette fois, face au président du conseil général de l’Essonne, Monsieur J. Guedj, à qui il avait demandé, entre deux mises en demeure, ce qu’il penserait s’il le traitait de "sale c…" ! À se demander si Monsieur le conseiller spécial ne souffle pas les répliques à son mentor quand ce dernier parcourt les allées du salon de l’agriculture [ vous vous rappelez, "casse-toi, etc…" ] ?
Récidiviste, il avait déjà fait son numéro sur la chaîne parlementaire, en apostrophant les journalistes, traitant leurs questions et leurs méthodes d’idiotes, affirmant qu’il ne discuterait de rien parce qu’il ne voulait pas qu’il y ait une dépêche sur ce qu’il avait dit !
Peut-on hasarder qu’il y aura bien une dépêche le jour où Monsieur le conseiller spécial ne fera pas de colère, parlera calmement pour être compris, expliquera posément sa position, acceptera qu’elle ne soit pas partagée par ses interlocuteurs, et enfin cessera de nous considérer de haut, lui à qui Monsieur J. Guedj a conseillé de prendre un peu de repos. Il serait effectivement grand temps, ça lui permettrait un retour sur lui-même qui l'amènerait à rectifier son attitude vis-à-vis des autres.

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Régis Hulot 01/04/2012 10:50


C'est vrai que parler "d'homme de gauche" à propos de ce M. Guaino, cela a quelque-chose d'assez drôle. Quand on va voir ce que dit Wikipédia au sujet de M. Patrick Buisson (dont les
fréquentations passées et présentes sont à elles seules tout un programme), on apprend qu'il "est approché par Nicolas Sarkozy en 2005, alors ministre de l'Intérieur, qui en fait un de ses
proches conseillers, équilibrant le gaullisme social [sic] d'Henri Guaiono..." Henri Guaino n'est donc de gauche que sous le masque de ces gaullistes qui, désireux de sauver leur âme ou leur
image aux yeux de la postérité, croyaient qu'un peu de social, un coup de pouce au SMIC, une petite revalorisation du minimum vieillesse suffisaient à faire d'eux des progressistes
présentables... sans avoir à prendre le risque d'une analyse des choses et du monde. Avant que le terme ne soir à la mode, et utilisé dans un autre domaine, ces gens-là ont inventé le
greenwashing social.


 


Marie Darrieussecq (dont le Truisme reste un excellent et étrange souvenir) a eu bien raison de ne pas se laisser impressionner par un personnage qui semble n'avoir de considération que
pour ceux qui, de son avis en tout, rendent hommage à son talent et partagent ses opinions. Les termes employés ("malhonnête", "gens de votre espèce", et autres qualificatifs) montrent bien comme
la "plume" convient bien à celui qui déclame, souvent si mal - car il est décidément bien mauvais orateur, des énormités qui tiennent lieu de pensées profondes.


 


RH