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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Monsieur J. Rapoport attend la privatisation … de la poste !

C’est du moins ce qu’il a déclaré sans rire aux dernières nouvelles d’Alsace et que l’ensemble de la région a pu lire dans l’édition du 11 décembre 2209.
Mais qui est Monsieur J. Rapoport ? Rien d’autre que le directeur général délégué du groupe “ La Poste ”, venu s’ébaubir l’autre jour du nouvel emballage dans lequel on va nous servir plus d’attente et moins de service, euh pardon, il paraît que c'est l'inverse. “ Les guichets sont certifiés ” ne craint-il pas d’avancer. Cela a le mérite de vouloir dire tout et rien à la fois, en donnant l’image de dynamisme et de réactivité qui sied à toute “ entreprise ” qui veut le faire. Les “ critères ” de certifications vont de la réduction de l’attente [ Wissembourg doit être, à la surprise générale, l’exception nationale puisque l’attente y est interminable quand les horaires ont été réduits de façon à obliger ceux qui veulent réceptionner une lettre recommandée à prendre une demi-journée de congé ! ] à l’information aux clients [ ! ] en passant par la réactivité, le bon fonctionnement des automates ou le sourire à la clientèle [ ! On remarquera le glissement terminologique de “ usager ” à “ client ” ]. Le remède pour que ça marche mieux : le bureau postal dernière génération [ ce qui, soit dit en passant, sauf arrêt subreptice de l’Histoire, ne veut strictement rien dire, puisque cette dernière génération ne fait que précéder la suivante, ce qui fait d’elle une avant-dernière génération ! ]. Nous serons donc dorénavant “ accueillis ” par un agent [ probablement en CDD, comme plus de la moitié des employés de ce qui fut l’une des administrations les plus performantes de la République, et qui se déconsidère en étant maintenant le premier employeur de main-d’œuvre intérimaire de France ! ] qui va nous aiguiller vers le guichet, ou plus sûrement vers l’automate, qui correspond le mieux au “ service ” qu’il faut nous rendre.
[ Parenthèse : c’est ce qui s’est passé l’autre mercredi à Wissembourg, quand j’ai été abordé par une accorte collaboratrice du groupe “ La Poste ” qui m’a demandé ce que je voulais ; je lui ai répondu que je venais me rendre compte du chaos ambiant, et je n’ai pas été déçu : des dizaines d’ex-usagers serrés comme des harengs qui poireautaient en attendant que l’on s’occupe d’eux, une vraie réussite ! D'ailleurs, j'ai pris le pari que le bureau de poste de Wissembourg serait fermé d'ici 5 ans. Curieusement, personne n'a voulu relever l'enjeu, on se demande pourquoi. ]
[ Parenthèse-bis : l’autre jour, un papier dans la boîte m’annonce que mon colis est arrivé, mais que, comme je n’étais pas là, j’ai 48 heures pour me signaler, faute de quoi il sera retourné à l’expéditeur, signé ADREXO, 1er opérateur privé ayant obtenu une autorisation de distribution postale. Comme il y avait un numéro de téléphone, autre que 06………, appel, voix incertaine, énervement, et on me conseille d’appeler au 06……… Là, changement de décor : vous avez appelé chez moi, et ceci et cela, et si ça ne vous plaît pas, et ceci et cela. A ma question : vous me le livrez ou vous ne me le livrez pas mon paquet ? On baisse d’un ton et une petite demi-heure plus tard, le paquet est enfin là. JAMAIS le service public ne m’a répondu sur ce ton ! Mais cette “ entreprise ” qui emploie du personnel sous-payé, et appartient au groupe de pression “ collectif libre choix ” sous-titré “ + de concurrence, c’est + de pouvoir d’achat ”, ne craint rien, elle est protégée, elle a un site pilote ADREXO mail dans les Hauts-de-Seine, elle peut faire tout ce qu’elle veut, y compris mettre la pression sur les auto-entrepreneurs auxquels elle soustraite les “ marchés ” qu’elle décroche. Tout cela est d’une nullité qui dépasse l’imagination. ]
Pour en revenir à Monsieur J. Rapoport, il est bien content parce que ce qu’il qualifie de modernisation [ ce qui en dit malheureusement long sur ce qui se cache derrière ce terme galvaudé ] se fait dans le cadre du plan de relance des pouvoirs publics [ et c’est par conséquent payé par chacun d’entre nous, c’est ce que l’on appelle la socialisation des pertes ] et que l’augmentation de capital de 2,7 milliards d’euros QUE LE GROUPE ATTEND AVANT SA PRIVATISATION
[ c’est ce que l’on appelle la privatisation des profits ] devrait nous [ ? ] permettre d’assurer la suite de ce programme.

Pendant ce temps-là, Monsieur C. Estrosi n’en finit pas de raconter ici et là que le service public de distribution du courrier ne sera JAMAIS privatisé. Comme on le constate, on ne peut que le croire.

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