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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

non au m.e.s. – 2

Les parlementaires du Front de gauche ont promptement répondu aux courriels. Dominique Watrin, sénateur du Pas-de-Calais, Michel Le Scouarnec, sénateur du Morbihan, et  Michel Billout, sénateur de Seine-et-Marne. Ils ont joint à leur réponse les textes qui suivent.

Paris, le 22 février 2012

Le traité « M.E.S. » doit être soumis en urgence au Conseil Constitutionnel
Les parlementaires Front de gauche, Parti communiste et Parti de gauche, sénateurs et députés, s’adressent à leurs collègues de la gauche pour saisir le Conseil Constitutionnel de la conformité du traité instituant le mécanisme européen de solidarité avec la Constitution de la France, comme le permet l’article 54 de la Constitution. Alors que pour les traités de Maastricht, Amsterdam, pour le Traité Constitutionnel Européen et le Traité de Lisbonne, une telle saisine en amont avait été décidée, le Président de la République et le gouvernement n’ont pas jugé bon de le faire sur ce traité « MES » qui anticipe l’abandon de souveraineté budgétaire imposée par le traité de stabilité, de coordination de gouvernance qui, lui, doit être signé le 1er mars. Cette confusion, voulue bien entendu, ne peut masquer la réalité : pour bénéficier du mécanisme européen de stabilité mis en place par le traité soumis actuellement à la ratification du Parlement, les Etats devront se mettre sous la tutelle budgétaire de Bruxelles. La Constitution de la France, l’article 14 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui en est le préambule, établit la souveraineté du peuple et de ses représentants en matière de politique budgétaire. La contradiction est donc manifeste. La mise en œuvre de ces traités déjà soumis à ratification ou à venir, doit donc entraîner une révision de la Constitution. Les parlementaires du Front de gauche proposent donc de demander au Conseil Constitutionnel de statuer dans l’urgence sur ce point.

Mesdames, Messieurs, cher(e)s collègues,
Le traité instituant le mécanisme européen de stabilité, actuellement soumis à la ratification du Parlement, engage la France dans un processus d’abandon de souveraineté budgétaire. Les débats qui se sont déroulés à l’Assemblée nationale le mardi 21 février dernier, mettent en évidence une contradiction entre ce traité et le principe de souveraineté budgétaire en vigueur en France. En effet, l’article 14 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 préambule de notre actuelle Constitution pose ce principe. « Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou pour leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée ». L’interrogation sur la conformité du traité à nos principes constitutionnels fondés, selon une jurisprudence constante du Conseil Constitutionnel sur la Constitution de 1958 et les préambules de 1789 et 1946, porte principalement sur deux points. Premièrement, ce traité fait référence explicitement dans ses article 5 et 13 au traité fondateur de l’Union européenne qui inclura le futur traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance qui doit être signé le 1er mars prochain par les Chefs d’Etats européens. Or, ce dernier texte organise l’encadrement des débats budgétaires nationaux par les autorités européennes par l’instauration de ce que l’on appelle « la règle d’or » à l’échelle européenne.
La non-conformité du traité « MES » lié par anticipation à cette modification importante du Traité de Rome, le traité fondateur, est donc posée.
Deuxièmement, l’absence de modalité de contrôle que ce soit pour le gouvernement, pour le Parlement ou pour les citoyens sur le devenir des fonds publics engagés dans le « MES » contrevient explicitement à l’article 14 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Le Président de la République et le gouvernement n’ont pas saisi en amont le Conseil Constitutionnel pour vérifier cette conformité puis éventuellement saisir le Parlement d’une révision constitutionnelle. Cette modalité de saisine, pratique constante, a été utilisée à plusieurs reprises en 1992 sur le Traité de Maastricht, en 1997, sur le Traité d’Amsterdam, en 2004, sur le Traité constitutionnel européen, et en 2008, sur le Traité de Lisbonne. Le Président de la République et le gouvernement n’ont donc pas utilisé cette opportunité constitutionnelle. Soixante sénateurs ou soixante députés peuvent également saisir le Conseil Constitutionnel en vertu de cet article 54. C’est pourquoi, au nom de mon groupe, je vous propose, Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur, de signer ensemble cette lettre de saisine du Conseil Constitutionnel dont je vous joins une copie pour vérifier la conformité de ce traité instituant un mécanisme européen de stabilité avec les principes républicains en vigueur dans notre pays.
Bien cordialement,
Nicole BORVO COHEN-SEAT, Présidente du Groupe Communiste Républicain et Citoyen, Sénatrice de Paris

Paris, le 23 février 2012, QUESTION D’ACTUALITE
Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre, Mes chers collègues,
La Grèce, essentiellement victime d’une terrible spéculation facilitée par l’incurie des partis au pouvoir, va être mis sous tutelle et son peuple mis à genoux. Il y a deux jours, 237 milliards d’aide dont 107 milliards d’annulation des dettes privées ont été décidées. Comment se fait-il, M. le Ministre, que les 350 milliards concédés précédemment, se soldent par une régression sans précédent pour le peuple grec. Je vais vous le dire : parce que cet argent ne va pas à la croissance et au développement social, mais pour une bonne part, sert à rembourser les créanciers, les banques en premier lieu, qui ont mis le feu à ce pays.
Aujourd’hui avec le Traité MES, c’est l’ensemble des peuples européens que vous tentez de soumettre définitivement. Ce mécanisme européen de stabilité engage la France dans un processus d’abandon de souveraineté budgétaire au profit d’une règle d’or européenne. Avec cette nouvelle mise en cause de souveraineté, avec l’absence de modalité de contrôle sur le devenir des fonds publics engagés, la question de la conformité de ce dispositif à la Constitution, est manifestement posée.
Je veux vous poser deux questions :
Premièrement, pouvez-vous nous dire pour quelle raison le Président de la République ou le gouvernement n’ont pas saisi en amont le Conseil Constitutionnel sur la conformité de ce traité avec notre Constitution, alors que cette saisine a été utilisée à chaque fois depuis 1992.
Deuxièmement, le Président candidat a annoncé des consultations sur les chômeurs et les immigrés, nous ne pouvons que nous étonner de cette frénésie référendaire de sa part, lui qui n’a pas consulté les Français sur le Traité de Lisbonne et qui n’a même pas cru bon de rendre applicable son timide référendum d’initiative populaire.
Alors, pouvez-vous nous dire si nos concitoyens seront consultés par référendum sur cette nouvelle aliénation de souveraineté nationale et populaire en matière budgétaire ?

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