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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

"on" à "voté" à "mona and co"…

On ne le savait pas, mais il existe un micro-état qui a failli être rattaché à la France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, où il se tient des "élections" à l’issue desquelles il est possible remporter  83% des sièges alors que l’on a obtenu 50,3% des voix. C’est une sorte de caricature de ce qui se fait chez nous, aux élections municipales et dans une moindre mesure aux élections régionales, quand pour "dégager des majorités", on favorise ceux qui ont déjà beaucoup en spoliant ceux qui ont peu. Qu’il soit écrit en passant que ce système, mis en place par des détraqués opposés à la représentation proportionnelle, sous prétexte que la IVème République nous aurait traumatisés, exacerbe les passions, fossilise les rancœurs et sédimente les frustrations. Il n’est pas surprenant que les courants extrémistes xénophobes autoritaristes s’en trouvent renforcés, et que dès qu’ils ont passé la seconde place ils se trouvent à profiter de ce qui avait été fait pour les écarter du pouvoir. Mais expliquez cela à un ex-RPR adhérent à la droite forte : il n’en sait rien, lui, de tout ça, car ce qu’il veut, c’est en finir avec les socialo-homo-écolos qui ne sont parvenus au pouvoir que "par effraction", sachant que les élections ne sont justes que si elles vous donnent le pouvoir à défaut de la majorité qualifiée pour gouverner.
Bref, nous sommes sur le Rocher, à Monaco, où la liste d’opposition "Horizon Monaco" regroupant une sorte de remake de ce que nous avons connu à Wissembourg en 2008 [ plusieurs groupes politiques et indépendants, alliant des candidats du centre gauche à d'autres de la droite conservatrice, dit un analyste politique et fin connaisseur des arcanes du Conseil national ], emmenée par Laurent Nouvion, administrateur de sociétés de 44 ans qui prône le changement, tout en se disant inquiet d'éventuelles velléités du Conseil de l'Europe de modifier le régime politique monégasque, nous en dit la presse.com ].
Avant de donner le détail des résultats, à la mesure de la supercherie, signalons qu’une liste, "Renaissance" était composée … uniquement de croupiers de la Société des bains de mer (SBM, principal employeur à Monaco), il était donc légitime qu’elle obtînt son premier siège à ce parlement dont le rôle se cantonne à voter le budget qui lui est présenté et à amender les projets gouvernementaux. On comprend mieux pourquoi une assemblée aux mains de l’ultra-gauche comme le Conseil de l’Europe ait envoyé un député polonais membre du PPE pour y surveiller le déroulement de la farce électorale.
Ce qui est marrant là-bas, c’est que c’est comme chez nous : tu recueilles plus de 52% des voix [ comme c’était le cas en 2008 pour les battus ] et tu obtiens 21 sièges sur 24, ou alors tu recueilles à peine plus de 50% des voix [ comme c’est le cas cette fois ] et tu obtiens 20 sièges sur 24 !
D’ailleurs, les résultats sont à la mesure de la supercherie :

"Horizon Monaco" : 50,34% des voix, 20 sièges,
"Union Monégasque" : 38,99% des voix, 3 sièges,
"Renaissance" : 10,67% des voix, 1 siège.
Ça ressemble aux élections aux chambres d’agriculture en France, où c’est la liste qui arrive en tête qui rafle tout.

Pour le reste, on n’y comprend pas grand-chose, mais c’est probablement l’objectif, puisque le changement, c’est … que le Conseil national est revenu aux mains des conservateurs, comme c'était le cas avant 2003, explique doctement un analyste bien au courant des querelles de Rocher. Le président du Conseil national doit être élu le 21 février, lors de la première réunion de la nouvelle assemblée.

Un peu plus de cinq mille Monégasques [ , 5 088 exactement ] sur les 6 825 inscrits se sont déplacés aux urnes dimanche, soit un taux de participation de 74,55%. Seuls les Monégasques ont le droit de voter pour élire leurs représentants au Conseil national, seul organe national élu de cette monarchie d'opérette. Sont ainsi exclus du scrutin les étrangers de 120 nationalités qui composent majoritairement une population d’environ 35 000 habitants. On est proche de la république athénienne… À Monaco, le prince exerce la réalité du pouvoir, nommant le gouvernement qui n’est responsable que devant lui. Aucun homme politique monégasque n'ose prendre le contre-pied d'une volonté princière, Albert II étant très populaire.

On pourrait souffler toutes ces idées à l’ex-futur prince-électeur d’Alsace ?

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Régis Hulot 13/02/2013 08:46


Hé! Pumpernickel!


L'allusion un peu acide à la démocratie (imparfaite) athénienne m'a fait bondir. Certes, on peut lui reprocher de n'avoir ouvert la droit de vote qu'aux citoyens et ni aux esclaves, ni aux
métèques (les étrangers), mais elle fut une invention révolutionnaire dont nous pourrions nous inspirer davantage...


Sans rancune, évidemment.

pumpernickel 13/02/2013 11:50



révolutionnaire pour l'époque sans doute, et accordant à la bourgeoisie les privilèges que la noblesse se réservait, donc cela reste particulièrement restrictif quant à la mise en application. et
puis, six mille électeurs sur trente-cinq mille habitants, on aurait sans doute pu les rassembler sur une seule place, une agora par exemple, et les faire voter à main levée comme ça se passe
encore en suisse.


je sais qu'il ne fait pas juger l'avenir avec les yeux du présent, mais cela n'empêche pas de critiquer.


sans aucune rancune, naturellement.