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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

P2R : Une semaine mémorable / cercle de silence

Elle a commencé en tambours et trompettes avec ce débat de lundi dernier. Selon la P2R du mercredi 9 mars, il n’y aurait aucun vainqueur, aucun spectateur n’étant capable de reconnaître d’autre gagnant que celui dont il est le supporteur. C’est curieux, mais ce n’est pas l’impression générale, puisque les avis recueillis parmi celles et ceux qui n’envisagent pas de voter pour Monsieur C. Gliech lui décernent incontestablement la victoire. Peut-être pas par K-O, mais au moins aux points. Mais comme on ne peut pas tout faire à la fois et accepter par exemple que l’un des candidats, le sortant, vous appelle, à plusieurs reprises, par votre prénom alors que vous êtes l’animateur de la soirée, on peut ne pas avoir tout saisi de ce qui s’est dit. Cela n’empêche tout de même pas de recueillir des réflexions et de ne pas s’en tenir à d’hypothétiques, invérifiables et anonymes “ je sais à présent pour qui je vais voter ” ou mieux encore “ je sais à présent pour qui je ne vais pas voter ”. Reproduire de telles fadaises n’a aucun intérêt parce que cela n’a rien à voir avec les enjeux de la consultation électorale et que cela s'apparente, probablement involontairement, à cette plaisanterie de l'humoriste Coluche qui faisait dire à l'un de ses personnages qu'il n'était ni pour ni contre, bien au contraire.
Quand, croyant porter l’estocade, tout cela figure sous un titre emprunté à on ne sait quelle mythologie [ que l’on sache, il n’y a pas de Belle Hélène en jeu et Jean Giraudoux n’officie pas place de la République ] convoquée pour se donner un air, on croit effectivement rêver. Depuis quand la guerre a-t-elle été à l’ordre du jour dans le débat politique local ? Pas à l’initiative du camp progressiste en tout cas ! Dans ce contexte lamentable, il est évident que le compte rendu qui a été fait lundi est plus que jamais d’actualité, surtout si on s’en remet à la conclusion de ce poulet, selon lequel “ certains auditeurs [ auraient révisé ] leur a priori [ veut-il parler de préjugé ? ] alors que d’autres repartirent avec leurs certitudes ” [ Ce qui signifie que l’on a un a priori et des certitudes. ] et terminer triomphalement, en apothéose d’un rassurant auto satisfecit selon lequel cette réunion “ a pleinement contribué au débat démocratique ”, rien de moins. Ça va les chevilles ?

Nous n’étions évidemment pas au bout de nos peines avec cette excellente présentation, vendredi 11 mars, des nouveaux logements du quartier Breitwiese. On sent bien que la plume n’est pas en phase avec une architecture à l’encontre de laquelle les piques ne sont pas ménagées, certes de façon implicite. “ Ces nouvelles maisons ont de quoi surpendre ”, “ on appréciera ou pas dans cette région où le toit plat est banni ”, “ plateforme en béton surmontée d’une sorte de "cube" en bois ”, “ on est surpris par la petite taille des surfaces habitables ”, autant d’interrogations qui nous sont livrées pour aiguiser sans doute notre esprit critique. Mais il faut bien se rendre à la réalité : en exploitant intelligemment l’exposition du terrain, on rend ces logements agréables à vivre, n’en déplaise aux conservateurs normatifs qui n’envisagent la construction que dans le cadre suranné des lotissements consommateurs d’espace.
Ce qui manque cruellement, c’est que l'on ne mentionne pas que ce projet date de près d’une dizaine d’années, et que l’ancienne municipalité avait été incapable de le faire aboutir. Préférant se concentrer sur une entrée de Wissembourg en y engloutissant sommes pharaoniques, moyens humains et énergie qui n’ont pu être mobilisés sur un projet social dont la commune avait besoin. Car la grande réussite de cet ensemble, c’est aussi, et presque surtout, la requalification du quartier, la dignité retrouvée pour ses habitants, une nouvelle façon d’envisager l’avenir. De cela, c’est-à-dire l’essentiel, pas un mot tout comme sur l’incapacité de l’ancien maire, alors premier vice-président du conseil général, à dépasser les difficultés liées à l’application de la loi sur l’eau, à l’origine du retard de travaux qui auraient dû être terminés depuis deux ans [ Ce qui ne l'empêche pas de faire figurer ces 32 logements sociaux dans son “ bilan ” de mandat ! ]. Et ça, c’est la réalité.

Jamais deux sans trois avec la relation d’un conseil municipal placé sous le thème des orientations budgétaires. On sent que lapresse.com n’était pas contente d’assurer la couverture de ce pensum. Et que l’on ose parler de monologue [ sans aller tout de même jusqu’à le qualifier d’ennuyeux, on a sa pudeur ] “ pour ce qui est un temps fort de la vie municipale ”. Attention, on dirait du Pumpernickel dans le texte !
Que l’on s’ennuie à ce genre d’exercice n’étonnera personne, en tout cas pas les lecteurs du blog de Pumpernickel qui savaient déjà à quoi s’en tenir. Ne pouvaient-ils pas lire ça il y a deux ans [ clic sur le lien ] :
“ Comme annoncé hier soir, j’ai reçu la note de synthèse en vue de la prochaine séance du conseil municipal. J’envisage de m’y ennuyer copieusement, et pas du fait du thème central de la soirée, le budget, mais essentiellement de la façon dont les choses vont tourner : un interminable monologue qui assomme tout le monde, une majorité qui est d’accord et qui n’a donc rien à dire, et une opposition aphone et donc inaudible qui laisse passer toutes les occasions de faire la preuve qu’elle connaît bien les dossiers qu’elle a légués à la plus tout à fait nouvelle municipalité. Il y aura sans doute un échange sur le projet du relais culturel nouveau, qui pourrait alimenter quelques réparties supplémentaires de la revue de la KDB. ”
Seule pointe d’humour, réussie, celle qui invite à penser à Christo quand on regarde le clocheton de la mairie.

Et puis comme tout ne va pas si mal, nous étions une cinquantaine à participer au 1er cercle de silence wissembourgeois. C’est une réussite, et ce ne sont pas les occupants de la voiture de la gendarmerie stationnant sur la place réservée aux handicapés qui diront le contraire. Alors que tout était terminé, une limousine noire est passée au ralenti, le regard de son conducteur s’est tourné vers la place, la voiture a poursuivi son chemin. Sans doute cette personne ne se sent-elle pas concernée par les lois liberticides [ et partiellement censurées par le conseil constitutionnel ] votée par une majorité parlementaire qui fait la course à l’échalote à l’extrême-droite dans la surenchère sécuritariste. Nul doute que si cette personne se présentait aux élections, on serait déjà une cinquantaine à ne pas voter pour elle.
Rendez-vous le samedi 30 avril 2011 à 18h00 pour la seconde édition de ce cercle de silence.

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