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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

plu, plui, ils jouent comme on n'aime pas !

Il aura fallu un communiqué embarrassé du service de communication de la communauté de communes pour démentir une partie des propos qui ont été tenus lors d’une séance sans doute mémorable de cette assemblée non-élue. Que penser d’un président qui déclare un jour que l’agriculture n’a plus besoin d’autant de terres qu’il y a cinquante ans, et qui fait dire le lendemain qu’il voulait parler du nombre des exploitations agricoles, et non de la surface exploitée ? Voilà quelqu’un qui doit s’impatienter du tempo trop lent à son goût du nombre de disparitions de fermes en France ! Qu’il se rassure, le mouvement entamé au début des années cinquante, quand on comptait environ deux millions de fermes, n’est pas près de s’interrompre. Il continue, à raison de 3% l’an, soit deux cents exploitations professionnelles par semaine, majoritairement du fait du vieillissement d’une profession qui ne parvient pas à organiser le remplacement des partants. On n’aura donc besoin ni des "idées" d’une communauté de communes qui en semble singulièrement dépourvue ni des démentis maladroits de son président pour devoir constater la baisse du nombre des agriculteurs dans la sous-région. Evidemment, dire cela, aussi crûment et aussi simplement pourrait heurter ces électeurs dont on a tant besoin quand les perspectives prochaines sont encore incertaines, au niveau national du moins. Alors, après, après quoi d’ailleurs, avoir émis un vœu, avoir constaté un état, avoir envisagé des contre-mesures, on ne sait trop, on infirme soi-même ce que tout le monde a entendu et qui doit sans doute trahir une pensée. Ça fait sérieux !

Ce type de bévue renvoie au feuilleton, malheureusement interrompu de la fermeture annoncée, puis démentie, enfin un peu, du moins de façon tellement alambiquée qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits, de la base radar de Drachenbronn. Là encore, ce qui se dit dans les conclaves de ces "décideurs" qui rêvent de faire leur bonheur sur notre dos, est malencontreusement sorti sur la place publique où il aura fallu envoyer les démineurs en service commandé pour surtout ne pas affoler les populations.

Ces pratiques sont insupportables, en ce qu’elles donnent d’abord de ceux qui nous gouvernent une image déplorable, mais en avaient-ils besoin, mais également font de nous les jouets d’enjeux médiocres au service d’intérêts non-identifiés. On est alors loin de cette république irréprochable que les amis parisiens de l’écrasante majorité des élus locaux ne manquent pas de nous promettre à chaque échéance électorale.

Insupportable l’est aussi cette nouvelle marotte qui nous est imposée sur le nombre de logements à construire, à produire disent-ils. Avant, c’était seulement l’inénarrable "Monsieur Scotan" qui nous ennuyait avec ses réflexions de miroir sur les reflets de la lune. Il a trouvé, au grand dam de ceux qui l’ont élu, auprès du maire de Wissembourg une oreille complaisamment attentive et un porte-parole qui nous gave jusqu’à la nausée de ses collections de statistiques qui lui servent sans doute de livre de chevet. À l’entendre, la situation à Wissembourg en 2012 est plus grave que celle qui prévalait en France au lendemain de la seconde guerre mondiale ! Cela serait risible s’il n’était dramatique de savoir que celui qui administre huit mille de ses concitoyens [ d’ailleurs, sommes-nous encore ses concitoyens, ou bien une sorte de populace dont il faut bien supporter les sautes d’humeur ? ] tient de pareils propos, ou affecte de penser de pareilles billevesées.

On a maintenant tout lieu d’être angoissé puisque les limites géographiques de ces ambitions [ "On doit produire cinquante logements par an !", "On doit produire cinquante logements par an !", etc. ] viennent d’être élargies à la communauté de communes qui reprend, en bon petit soldat obéissant et discipliné, les injonctions du SCoT-An qui a décidé que la réalité s’adapterait aux courbes établies, et surtout à leur prolongement. C’est avec de pareilles niaiseries que les mêmes statisticiens nous annonçaient plus de 20 milliards d’habitants sur la Terre en 2020, ou que l’actuel président de la République nous assurait qu’il s’apprêtait à aller chercher la croissance avec les dents. Mais chacun sait que la prévision est un art difficile, surtout quand il s’agit de l’avenir. Quand en plus on organise l’amnésie, il sera grand temps, dans quelques années, de se désoler de devoir constater qu’à l’instar de ce qui s’est passé en Espagne [ où l'on a construit des villes entières, mais elles ne sont pas habitées, des aéroports, mais aucun avion n’y atterrit, des routes, mais aucun véhicule n’y roule, doit-on continuer ? ], personne n’est venu et que nous avons l’amertume plus les factures à payer.

Il semble que le fiasco de la zone dite d’activité [ où ça ne s’active pas trop, à commencer par le conseil général qui va bientôt devoir faire repeindre le panneau, installé il y a cinq ans, sur lequel est écrit que "prochainement, on va construire un centre technique d’entretien des routes" ! ] n’ait été ni médité ni analysé, et que l’on s’embarque à nouveau dans l’impasse de la consommation des fonds publics à fonds perdus. C’est ça la France qui vit au-dessus de ses moyens, ce ne sont pas nos amis, nos voisins, notre famille, qui se débattent au quotidien avec le travail inexistant, les factures qui s’amoncellent, et le mépris, la morgue et l’arrogance de tous ceux qui nous ennuient avec leurs leçons de morale, d’économie, ou de maintien.

Dans un précédent article, c’est d’outrances, d’extravagances, de cette fuite en avant, d’excès, de démesure, de surenchère qu’étaient qualifiés les propos tenus lors de cette séance d’un conseil communautaire, issu du suffrage indirect. Compte tenu des implications des décisions prises sans notre assentiment et en dehors de tout débat public par des gens qui n’ont jamais été mandatés pour faire ça, ce qui a été écrit plus haut est extrêmement mesuré.
Oui, dans quel monde vivent-ils ?
Pour qui et pour quoi se prennent-ils ?
De quelle légitimité peuvent-ils se prévaloir ?
Que sommes-nous pour eux, des êtres doués de raison, ou des statistiques ?
N’en avons-nous pas assez d’être traités de "dents creuses" au prétexte qu’un maire croit savoir combien il faut construire ici ou rénover là ? Faut-il considérer les remparts, le jardin de la sous-préfecture ou ceux des presbytères comme des "dents creuses" ? Qu’on le dise, vraiment, sincèrement, publiquement, et on en reparlera.
La question du logement a pris un tour désastreux. Elle a complètement échappé à celui qui a commis l’erreur de la poser si mal que d’un problème il a fait un conflit [ mais ce n'est malheureusement ni la première ni la dernière fois qu'il commet ce type de faute ]. En choisissant de s’en remettre ou bien à des "techniciens" irresponsables [ ils ne rendent de comptes à personne, et sont donc dépourvus de responsabilité ] ou bien à des promoteurs privés déguisés en aménageurs à qui l’on délègue le service public du logement, la mairie, ou la municipalité, ou le maire, ou le directeur de cabinet nous ont embarqués sur le radeau de l’endettement, de l’étalement urbain et de la déstructuration sociale. Dans le même temps, on s’impatiente parce qu’aucun emploi n’apparaît, sauf peut-être ceux de la distribution, qui, comme son nom l’indique, ne produit aucune richesse, puisqu’elle se contente de distribuer celle des autres.
Voilà en creux tout ce qui se niche derrière ces plans locaux d’urbanisme intercommunal qui mêlent, dans le même règlement, les immeubles d’habitat social aux exploitations vinicoles des communes des alentours, sans doute un gage de sérieux. Sans oublier qu’à peine adoptés dans les communes, ces "documents d’urbanisme" comme ils nous sont vendus sont invariablement contestés : quelle promotion !

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