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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

primaires_communales luxembourgeoises

Hier soir, l’expression la plus obtuse d’une droite française qui peine à reconnaître des compatriotes dans ses adversaires politiques a déclaré que si plus de deux millions de citoyens ont consacré une partie de leur dimanche pour aller participer à la primaire organisée par le parti socialiste, c’est qu’ils n’avaient pas autre chose à faire, et que quoi que l’on en pense, c’est d’abord un nombre dont il n’y a aucune conclusion à tirer. Comme d’ailleurs il n’y avait aucune conclusion à tirer des plus de deux millions de participants à la votation populaire sur le régime de l’administration postale ! Là aussi, immense succès populaire dont l’ampleur n’a pu être contestée, mais sur laquelle le personnage qui s’exprimait hier soir s’est assis avec une certaine délectation.
Ce genre de réflexion vient de celui qui est, de fait, le premier ministre réel, puisqu’il s’agit de l’un des principaux conseillers de M’sieur l’président d’la République. On a alors tout lieu d’être inquiet si l’on appartient aux restes des soutiens de M’sieur l’président d’la République. Comme cela ne suffisait pas, celui qui se prend pour l’un des porte-flingues du parti qui dit soutenir l’action de M’sieur l’président d’la République en a remis une couche, en parlant des 96% de Français qui savent que l’élection qui compte, c’est l’an prochain. Après tout, si c’est tout ce que leur inspire une actualité politique qui ne cesse de leur asséner années après années camouflets et défaites, quand il ne s’agit pas de déroutes [ pensons au Sénat, ou encore à la mairie de Périgueux, et pourquoi pas à celle de Wissembourg ], laissons-les à leurs aigreurs, à leur morgue et à leur arrogance, à leurs échecs, à leurs reniements, à leur impopularité, à leur illégitimité.

Il est évidemment inutile d’ajouter du commentaire aux interprétations souvent surprenantes de tous les spécialistes qui se relaient depuis une quinzaine d’heures pour nous expliquer pourquoi nous avons voté et pour qui [ et pour quoi ] nous avons voté. La plupart du temps, on passe sous silence qu’un appareil militant qui parvient à endiguer un flot de deux millions et demi de personnes qui se dérangent pour venir déposer un bulletin dan l’urne, ça finit par démontrer que celles et ceux sur lesquels on cogne savent au moins résoudre les problèmes d’organisation.
Après tout, ce n’était pas gagné. D’autant qu’il aura fallu dépasser les susceptibilités des uns et la sottise des autres. Ainsi ces municipalités comme Niederbronn, droite alsacienne étriquée dans toute sa splendeur, rejointe par La Courneuve, mairie communiste en l’occurrence sectaire, dans cette rigidité qui les amène à ne pas louer de salle au parti socialiste. Il y a aussi Bordeaux où la salle est louée plus de 8 000 euros, histoire de taper là où ils pensent que ça fait mal [ manière de montrer qu’ils ne croient qu’au portemonnaie ], et sans doute une multitude d’exemples qu’il serait intéressant de rendre publics.
Au bout du compte, et localement, avec 25 000 votants dans un Bas-Rhin, où il fait si bon vivre sans être surveillé que l’on pouvait lire ceci sur la page ouèbe des déhainas : “ Dans la campagne alsacienne, très à droite, « il faut du courage pour voter, on est montré du doigt, discriminé, considéré comme des gens à part » ”, avec des gens qui ne veulent pas venir voter parce qu’ils ne veulent qu’on les voie, bonne ambiance ! N'oublions pas Wissembourg avec 234 votants [ pour le canton, mais on fait ce qu'on peut ] et une équivalence Hollande [ 90 voix, 38% ] Aubry [ 84 voix, 36% ], un Montebourg à 42 [ 18% ], un Valls à 12 [ 5% ] et une Royal à 6 [ 3% ].

Parmi toutes les billevesées qui nous sont servies, il y a le secret espoir que ces socialistes, qui ont fait preuve d’une grande retenue des semaines durant en refusant de se laisser entraîner dans les ornières de la polémique, vont enfin s’entredéchirer et offrir à ceux qui cassé le pays au point qu’il n’est même plus l’ombre de ce qu’il était il y a quarante ans, l’occasion de dauber sur les querelles, les chamailleries et autres disputes dont les gens de gauche seraient friands. C’est le discours qui nous a été servi en boucle dès les premières heures de la soirée, avec les inévitables tractations d’appareils, histoire de bien nous faire comprendre que les socialistes au pouvoir, c’est le désordre, le déficit et le mécontentement. Qui oserait dire qu’actuellement, alors qu’un papillon de nuit est attiré par n’importe laquelle des sources lumineuses, essentiellement la plus futile, on a autre chose que le désordre, le déficit et le mécontentement ? Si, il manque les rideaux de CRS et de gardes mobiles qui accompagnent chaque déplacement de M’sieur l’président d’la République, les blocages de routes, les bus de militants UMP amenés sur place pour faire la claque, les élus humiliés qui doivent patienter des heures jusqu’à l’arrivée de M’sieur l’président d’la République, les tables rondes où les questions ont été dictées aux intervenants, etc. Mais laissons-le là où il essaie d’exister et concentrons-nous sur la suite et faisant confiance à l’esprit de responsabilité de celle et de celui qui savent qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur.

stembiljetEn passant, et quitte à innover, on aurait pu faire le premier pas vers le vote préférentiel, comme c’est le cas dans la grande majorité des pays de l’Union européenne, en proposant non pas 6 bulletins de vote, mais un seul sur lequel les citoyens auraient simplement coché, comme le font les citoyens de la grande majorité des pays de l’Union européenne, le nom du candidat de leur choix. Ça aurait été une bonne mise en jambe en préparation de la refonte des modes de désignation des élus lors des scrutins de liste.

Le saviez-vous ?
Les Luxembourgeois votaient pour les communales. 263 068 électeurs, soit 232 049 Luxembourgeois et 31 019 résidents étrangers, étaient appelés aux urnes. Ah oui, dans ce pays, on peut voter aux communales si on est étranger, même extra-communautaire, à condition d’avoir résidé plus de 5 ans au Grand-Duché. On l’écrit parce qu’on ne sait jamais, ça pourrait donner des idées aux candidats à l’élection présidentielle.
Là-bas, le vote est obligatoire, s’y soustraire vous faire encourir une amende [ plus élevée encore que celle qu’un fonctionnaire de la police municipale de Wissembourg a infligée à un cycliste coupable d’avoir roulé 1,50 m sur la place de la République et de ne pas s’être arrêté alors que ledit fonctionnaire de la police municipale de Wissembourg sifflait entre ses dents pour lui demander de s’arrêter ; après tout, on n’est pas des chiens ].
Il y avait 1129 sièges à pourvoir, soit 1 pour 233 électeurs. Soit dit en passant, si on respectait les mêmes proportions, il y aurait en France un peu moins de 200 000 conseillers municipaux, soit deux fois et demie moins qu’il n’y en a actuellement. Parallèlement, les échevins [ c’est comme cela que l’on appelle les adjoints du bourgmestre ] sont peu nombreux : il n’y en a que 4 à Luxembourg-ville, où siège un conseil de 27 membres pour 32 531 inscrits [ pour 93 000 résidents ( ! ) venant de 159 pays ]. On l’écrit parce qu’on ne sait jamais, ça pourrait donner des idées aux candidats à l’élection présidentielle.
La grande surprise du scrutin, c’est d’une part des écologistes,  déi Gréng , qui doublent pratiquement le nombre de leurs élus [ de 41 à 74 ], sans pour autant faire basculer les communes, et d’autre part une gauche de la gauche,  déi Lénk  - la Gauche, l’équivalent du Parti de Gauche en France ou de die Linke en Allemagne, qui s’affirme dans un contexte où elle ne peut que gagner des voix, ce qu’elle n’a pas manqué de faire, obtenant 2 sièges au Knuedler.

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Régis Hulot 10/10/2011 16:37



Mon cher Pumpernickel,


J'apprécie toujours la manière dont tu sais faire, entre notre pays et ses voisins, des comparaisons très instructives. Un peu moins d'élus, un peu moins d'adjoints à ceci ou à cela, un peu moins
de mandats aussi multiples que cumulés, et tout cela pour ne pas arriver à fauire grand chose (ce 10 octobre, cherchant la liste des élus du département où je réside, et celle des multiples
vice-présidents du conseil général, je suis accueilli par cette phrase: Suite aux élections cantonales des 20 et 27 mars 2011, l'annuaire des élus est en cours d'actualisation.),
on peut toujours rêver.


Et sur les conclusions à tirer du nombre de participants à ces primaires dites citoyennes, on paut rappeler quelques résultats: avec 11.448.663 voix au 1er tour, et 18.983.138 au 2nd tour, M.
Sarkozy n'a obtenu que respectivement 25,74 et 42,68% des voix des inscrits, donc aucunement la majorité absolue des électeurs..


 


Faites de beaux rêves.