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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

pub dans le "journal" municipal,…

…, la droite dure l’avait rêvé, la gauche molle l’a fait !
Il n’y avait manifestement rien de plus urgent à faire que de chercher à "optimiser les coûts des différentes publications municipales" en leur incorporant de la réclame ? On avait déjà la presse "ordinaire" qui est plus un support pour annonceurs qu’un medium d’information, voilà que les feuilles de propagande municipale vont se mettre au diapason de cet égarement selon lequel il n’est pas de salut sans publicité. Comme le confessait un ponte de cette "profession" [ qui capte tout de même 500 milliards de dollars par an ], "la moitié des investissements se fait en pure perte, mais on ne sait pas laquelle !". Les grands ordonnateurs de dépenses inutiles actuellement à l’œuvre au conseil municipal de Wissembourg feraient bien de méditer cette réflexion lourde de sens.
Que veut dire "optimiser" ? Dans le contexte de ce qui a été proposé, cela veut dire que l’on va transvaser les dépenses publiques vers le privé. Il aurait été plus clair, et en fait plus juste de l’écrire comme ça plutôt que de recourir une fois de plus à cette xyloglosse invariablement utilisée pour nous berner.
Continuons : chacun sait que celui qui paie commande. Imaginons que le conseil municipal prenne des décisions qui contrarient les intérêts de quelques annonceurs. Que feront-ils ? Couperont-ils les vivres ? Financeront-ils une autre publication ? Feront-ils le siège du conseil municipal pour exiger que l’on rapporte la décision si l’on veut continuer à profiter de leur manne ? Il n’est jamais arrivé qu’une publication soit plus libre après qu’elle eut fait le choix d’intégrer de la publicité à la place du rédactionnel.
Inversement, peut-on alors facilement imaginer que le conseil municipal ne prendra aucune décision qui pourrait nuire aux intérêts réels ou supposés des annonceurs de "ses" publications. Belle démocratie, quasiment censitaire, qui l’emporte sur le suffrage universel !
Dernier point : nous savons tous que les commerçants wissembourgeois sont actuellement confrontés à une crise qui les prive, tous, des revenus dont ils ont besoin pour envisager l’avenir avec sérénité. Il suffit de se promener le long des rues principales de la commune pour en être persuadé et tirer un trait sur les marchands d’illusion qui nous vendent de la zone commerciale comme le nouveau remède à tous nos ennuis. Ils oublient de préciser que pour acheter, et par conséquent faire vivre ceux qui vendent, il faut d’abord avoir produit de la richesse, faute de quoi, cela ressemble aux "recettes" irlandaises ou espagnoles dont les peuples mesurent la vacuité et la nocivité.
Il n’est pas seulement dommage qu’aucune voix ne se soit fait entendre pour dénoncer ce point 17, non, ce n’est pas dommage puisque s'agissant d'une mesure scélérate, c'est tout simplement scandaleux. Et ceux qui en ont pris l’initiative n’ont aucune raison d’en être fier.
Pour mémoire, et comparaison, Pumpernickel coûte 12 € la page. Certes rédaction, mise en page et distribution sont bénévoles, mais il n’est fait aucun recours aux annonceurs, les contributions sont sans arrière-pensées et l’ensemble est de bonne facture, du moins si l’on s’en tient aux échos recueillis. En plus, rien ne vient court-circuiter la ligne rédactionnelle. A-t-on alors besoin, pour une publication qui a considérablement réduit la voilure [ avec les "autres", c’était quatre publications par an, on va finir par se demander ce que fait la cellule "communication" mise en place il y a quatre ans maintenant : a-t-elle pris le rythme des travaux de conservation du fonds du musée Westercamp ? ], de mettre en place une régie publicitaire qui devrait, si tout se passe comme prévisible, coûter plus qu’elle ne rapporte ?
"Nous avons les même valeurs", aimait dire le maire au temps où il adressait encore la parole à celles et ceux qui se sont démenés pour emmener la liste à la victoire. Sans doute voulait-il parler de valeurs mobilières ?

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Régis Hulot 10/04/2012 10:09


La "pub", c'est le vers dans le fruit, mais c'est aussi autant de place en moins pour dire et écrire quelque-chose.


Un exemple?


L'autre jour, j'achète ce qu'on appelle sur ce blog le "quotidien vespéral des marchés". Jadis, du temps de ma prime jeunesse (et du temps du grand Hubert Beuve-Méry), la "dernière" du
Monde était réservée aux dernières nouvelles, celles qui tombaient dans les minutes qui précédaient le bouclage (c'était au temps du "marbre", des linotypistes et des rotatives) et qui
méritaient qu'on en parle (HB-M aurait préféré parlât). L'autre jour, au lieu de cela, une photo noir et blanc, pleine page, d'un éphèbe pour vanter les mérites de je ne sais plus quel
parfum.


 


Rue des Italiens, pardon, boulevard Auguste-Blanqui désormais, on doit bien accepter de troquer telle nouvelle, tel article, tel commentaire contre cette publicité qui fait vivre la boutique.
Quand on va à la gamelle, on ne peut pas être exigeant sur le menu, dit la sagesse populaire.


 


Mais la démocratie, la liberté (de la presse), elle y gagne quoi?


 


RH