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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

quel beau jeudi pour la saison !

Aujourd'hui, c'est un peu plus long que d'habitude, mais l'actualité s'y prête.

Aujourd’hui, c’est une sorte de pause, qui intervient après quelques jours comme on n’en a jamais connu à Wissembourg. Historiquement, une telle situation ne s’est jamais produite. Et ce n’est pourtant pas l’occasion qui a manqué, mais quand elle s’est présentée, chaque protagoniste s’est refusé à l’envisager.
Eh oui, aujourd’hui, nous découvrons que nous sommes comme les autres. Lorsqu’une majorité nette ne sort pas des urnes, comme cela a pratiquement toujours été le cas, il faut bien se mettre autour d’une table et que chacun apporte son programme pour envisager quelles concessions réciproques peuvent être faites afin qu’un accord politique de mandature soit conclu. Ce n’est ni plus compliqué ni plus simple que cela. À en croire la déclaration de celle qui a été sollicitée par celui qui est arrivé en seconde position dimanche dernier, c’est ce qui s’est passé, qui est sans doute perfectible, mais qui démontre qu’il est nécessaire de savoir mettre, à un moment donné, ses rancœurs et ses amertumes sous le boisseau pour se projeter vers l’avenir.
En ce moment, je suis dans un livre, "anatomie d’un instant" de Javier Cercas, qui dissèque le coup d’état manqué du 23 février 1981, quand une bande de militaires nostalgiques du franquisme a investi les Cortès. L’auteur reprend toute la genèse de la mise en place de la transition démocratique, enclenchée par l’action conjointe d’Adolfo Suarès et du roi, Juan Carlos. Pendant les quatre ou cinq ans qui ont précédé la tentative, ceux qui ont été les véritables artisans du renouveau espagnol de l’époque ont été ceux qui ont su envisager l’avenir tout en n’oubliant rien, en particulier Santiago Carillo, secrétaire général du parti communiste espagnol, honni par l’extrême-droite franquiste. Fort heureusement, comparaison n’étant pas raison, la situation locale n’a rien à voir avec les décennies dramatiques vécues par les démocrates espagnols.
On peut cependant envisager que si ceux qui étaient ennemis sont parvenus à un modus vivendi, là où il n’y a que des adversaires, potentiellement relativement majoritaires, au vrai sens du terme, il est envisageable de s’entendre sur un programme engageant les six ans à venir.
S’agit-il d’une alliance contre nature ? Il est vrai que cette fusion peut surprendre si l’on reste accroché aux vieilles histoires, aux haines recuites ou aux malveillances complaisamment colportées. Après tout, Pumpernickel garde au cœur une plaie ouverte par ceux qui n’avaient rien d’autre à faire il y a dix ans que d’engager contre lui un combat judiciaire que tout le monde s’accorde à qualifier de stupide, mais qui était destiné à nuire, à détruire, à ruiner. Les choses ont-elles évolué ces dix dernières années ? Ceux qui ont pris cette initiative ridicule qui aurait pu être dévastatrice n’ont-ils pas eu le temps de se rendre compte de leur démesure ? N’ont-ils pas eux aussi le droit d’évoluer, tout simplement, en s’enrichissant de l’expérience, la leur et celle des autres ? Ne peuvent-ils pas observer que toute la construction qu’ils ont mise en place ne tient pas et que le tableau qu’ils s’entêtaient à brosser n’avait pas grand-chose à voir avec la réalité ? Peut-on imaginer que des leçons peuvent être tirées et que l’on puisse repartir sur d’autres bases que celles de la confrontation violente, l’intimidation ou l’ultimatum ?
Pour ceux qui ont réellement suivi le cours de la vie politique ces vingt-cinq dernières années, la situation est totalement inédite simplement parce que le rapport de forces n’a rien à voir avec ce que l’on connaissait jusque-là : droite dominante, gauche résistante, écologie politique intransigeante.
Cette fois, la droite, naguère sûre et dominatrice, est obligée de composer avec un courant politiquement marqué par un humanisme revendiqué, une charte signée, un programme original, des propositions qu’il va lui falloir comprendre et accepter de les mettre en œuvre, dans un contexte qui requiert intelligence, réflexion et écoute. Après tout, peut-on prendre le pari que des gens accessibles à l’argumentation vont occuper les premiers rôles, des gens qui n’ont rien à (se) prouver encore, des gens qui savent que l’ambition doit être collective ?
On ajoutera aussi espérer en avoir fini avec le syndrome de la prise de melon, ce mal qui atteint ceux qui se croient en haut de l’affiche et qui pensent en être, parce qu’ils ont oublié d’où ils viennent, ce qu’ils ont fait, qui ils sont.
Aujourd’hui, sans doute pour préparer la réunion de ce soir, les petites mains du sortant ont glissé un tract dans les boîtes à lettres. On ne dira rien de l’ensemble qui est la réplique de tout ce que l’on a lu ces dernières semaines. On s’en tiendra à cet encadré sur le "parlons vrai du palais Stanislas". Il est inexact d’affirmer que ce sont les adversaires qui ont vendu le bâtiment. Une décision a été prise le 23 mai 2008, soit onze semaines après l’élection de l’actuelle municipalité. Et pour que tout soit bien clair, alors que les archives des délibérations du conseil municipal ne sont plus disponibles à partir du site de la commune, voici ce que vous pouviez lire sur ce blog aux pages du 21 mai 2008 et du 25 mai 2008 [ que vous pouvez encore consulter si vous le voulez ] :

21 mai 2008, compte rendu préalable :
Point numéro 17 : échange belle demeure historique centre ville contre rossignol au bord d’une rue improbable, toit en amiante-ciment, architecture hideuse.
Enfin, ce n’est pas tout à fait rédigé de la sorte sur la note de synthèse, chacun l’aura compris. De même que nous aurons droit, on l’espère, à une explication complète ainsi qu’au détail de l’avancement des négociations avec le conseil général qui n’y perd pas vraiment, même si les travaux de remise en état ont un coût relativement élevé.
Pour le reste, il sera marrant de voir si Jean-Louis Piquard et Norbert Schwartz reconduisent l’opposition qu’ils avaient exprimée lors du conseil d’adieu de l’équipage de naguère le 30 janvier dernier. C'est-à-dire que quand on est dans l’opposition, on vote contre, et quand on est l’exécutif, on vote pour !
Adopté sans doute, mais peut-être pas à l’unanimité !

25 mai 2008 : compte rendu
Point numéro 17 : échange belle demeure historique centre ville contre rossignol au bord d’une rue improbable, toit en amiante-ciment, architecture hideuse.
Il est amusant de lire ce qu’en a écrit le porte-plume de la P2R dans l’édition du 25/05. "Sur son siège, l’ancien maire, Pierre Bertrand, buvait du petit lait", croit-il pouvoir écrire, oubliant que la potion était trouble et amère quand il lui a fallu détailler quels services allaient nicher dans la future maison du département : il a été incapable de citer clairement et explicitement quoi que ce soit. Mais cela a dû échapper à l’attention de notre journalistissime qui n’est toujours pas remis de ce qu’il persiste manifestement à considérer comme une injustice, on parle évidemment du changement de casquette municipale. A l’instar de ces mairies de droite qui, pour manifester qu’elles ne reconnaissaient pas la légitimité de l’élection de Monsieur F. Mitterrand, ont entrepris de ressortir le portrait de de Gaulle au motif qu’il était le fondateur de la cinquième république et de l’afficher à côté de celui du président élu, notre homme fait de son mieux pour savonner la planche du nouveau pouvoir. Et pour s’en convaincre, quelqu’un peut-il dire qu’il a lu une seule fois que "Sur son siège, Serge Bordier, chef de file de l’opposition municipale, buvait du petit lait" à propos par exemple de cette séance chaotique consacrée à l’élargissement de la rue étroite, il n’y a pas si longtemps. On connaissait déjà le bonhomme qui avait montré de quoi il était capable quand il avait fait  une présentation particulièrement remarquée du nouveau maire, alors candidat, accumulant non-dits et allusions dont il pensait qu’ils seraient dévastateurs.
Bref, cela étant dit, et chacun à sa place, longue explication un peu jésuitique du maire qui dit qu’il est pour l’échange parce qu’il était contre le fait que ça se fasse dans la précipitation préélectorale. Et que comme nous n’avons pas les moyens de remettre le bâtiment à flot, autant que ce soit le conseil général qui s’en charge. Il y aura sans doute négociation pour que les Wissembourgeois ne soient pas dépossédés d’un bien qui leur appartient [mais dont ils sont privés depuis de longues années ; la dernière fois que j’y suis allé, c’était pour une visite à la mission locale, et bien avant, pour assister à l’un de ces fabuleux concerts des festivals de cours, mais c’était il y a si longtemps !].
Enfin, "Monsieur de Naguère" a eu cette saillie, qui a échappé au journalistissime, on se demande bien pourquoi, sur le "retour de la matière grise" que provoquerait l’installation de la maison du département. On en était gêné pour lui, à tel point que la première-adjointe a pris la parole, mais cela a échappé au journalistissime, on se demande bien pourquoi, pour dire que ce qui importait c’était que des gens viennent s’installer à Wissembourg, "matière grise ou pas " et qu’elle ne cautionnait en aucune façon ce genre de propos dont on peut dire qu’ils sont méprisants pour ceux qui sont restés à Wissembourg !
Norbert Schwartz a fait savoir qu’il ne croyait que modérément aux engagements du conseil général, et qu’en cohérence avec son vote défavorable le 30 janvier il s’abstiendrait, ce qu’a aussi fait Jean-Louis Piquard.
Adopté à l’unanimité moins deux abstentions !

Et c’est par hasard que je suis tombé là-dessus :

Ce 24 juin 2008, au conseil municipal - 2
Point 26, création d’un emploi de chef de cabinet. Il s’agit en fait de remplacer celui que nous regrettons tous car nous ne le lisons plus, ce personnage qui nous coûtait si cher, Monsieur Mille-Deux-Cents, bien connu des lecteurs de Pumpernickel. Payé à la mission, il émargeait à hauteur de 80 000 € au budget de la collectivité. Avec la création d’un emploi de chef de cabinet, cette somme est ramenée à 62 000 €, avec une disponibilité de fait plus grande puisqu’il s’agit "du renforcement de l’encadrement administratif de notre équipe", dixit le maire. Cette annonce a été accueillie par un GRAND SILENCE, de la part de tous les conseillers, et il a fallu une relance vigoureuse pour que Monsieur de Naguère se décide à dire quelque chose. C’était du genre "pour les coûts : comparaison n’est pas raison", et "pour la souplesse on s’engage pour 6 ans". Remarquons que si l’on peut s’interroger sur la nécessité d’un chef de cabinet pour le maire d’un gros village de 8 000 habitants, au moins, on le sait, c’est public, on sait ce que l’on conteste, et cela tranche singulièrement avec la situation qui prévalait auparavant. Comme "on" est courageux mais pas téméraire, l’unanimité s’est faite avec 7 abstentions, dont celle du maire, qui a tenu à préciser que les raisons de son non-vote n’étaient pas les mêmes que celles du groupe d’opposition. Notons que sur ce coup-là, les 4 d’Altenstadt (Oui, Gilbert ? ai-je eu le plaisir d’entendre, comme s’il fallait donner raison plus tôt que prévu à l’article du numéro 52 de Pumpernickel !) ont intégré la majorité.

On n’écrit jamais assez !

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