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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

quel beau jeudi pour la saison ! – 2

"Mon engagement personnel est différent de celui des autres candidats car je suis né ici. J’ai grandi à Wisssembourg. J’y ai toujours vécu. Je suis l’un d’entre vous. "Ich bin e weisseburcher"."

Voulant sans doute nous refaire le coup du beignet [ eh oui, en déclarant "Ich bin ein Berliner !" à la place de "Ich bin berliner", le feu-président des Etats-Unis d’Amérique a confondu les Berlinois avec les beignets, on ne saurait penser à tout… ], le sortant nous la joue "plus local que moi tu meurs !".
Est-ce vraiment une bonne idée ?
Est-ce vraiment respectueux de nos concitoyens qui, nés ailleurs, ne pourraient, si on le suit, considérer la situation avec la même acuité que ceux que le hasard a fait naître quelque part, à Wissembourg en l’occurrence.
Est-on moins l’un d’entre nous si l’on n’est pas né sur les bords de la Lauter ?
Celui qui est né au dépôt de l’Assistance publique a-t-il moins de droit que les autres ?
Que dire de nos amis, de nos voisins, de nos connaissances, de nos conjoints qui ne sont même pas nés en France ? Doit-on leur compter encore plus le droit à l’expression, à ces métèques pendant qu’on y est ?
Autant de questions qui en posent encore d’autres plus graves sur la catégorisation des citoyens, le découpage entre ethnie pendant qu’on y est, et en continuant encore un peu le "développement séparé", traduction partielle de la notion d’apartheid…
Pourquoi celui qui n’a que la République à la bouche, avec cette "fierté" [ ce substantif est abominable, de quoi peut-on être fier, sinon de la sympathie que l’on suscite et qui doit rester de l’ordre de l’intime ] d’avoir accroché le triptyque républicain au fronton d’une maison qui n’est plus commune depuis longtemps, qui nous sort de "l’école républicaine" à tous les coins de phrase, qui n’hésite pas à traiter l’un de ceux qu’il a classés au rang de ses ennemis de, citons-le, "dictateur xénophobe de droite extrême", s’est-il lancé sur ce terrain spongieux, fangeux et nauséeux ? C’est plus qu’une maladresse, c’est une faute de la part de quelqu’un qui est encore le premier magistrat et qui doit poser sur tous ses concitoyens, qu’ils soient électeurs ou non, un regard bienveillant, accueillant et fraternel.

Pour changer d’air, lisons ce que les Périphériques strasbourgeois pensent de ce premier tour des élections municipales :

Les Périphériques entendent réagir après le premier tour des municipales, véritable "21 avril 2002" à l'échelle cruciale de nos espaces politiques de vie quotidienne.
La participation aux municipales est traditionnellement le scrutin que les citoyens affectionnent le plus et pourtant à Strasbourg, il y a plus d'abstention que de suffrages exprimés [ ce qui n’est pas vrai à Wissembourg, mais ne change rien sur le fond ]. Et les deux partis politiques démocratiques principaux ont perdu des voix par rapport à 2008. Plutôt préoccupant quand on se proclame "force du progrès". Le PS récolte logiquement ce que le gouvernement a semé : un taux d'abstention record inégalé, une claque électorale et une percée du FN.
Et maintenant, il appelle au secours les forces de gauche qui ont résisté et les abstentionnistes. Que signifie aujourd'hui le concept de "Front Républicain" ? Est-ce une auto-proclamation ou existe-t-il une charte éthique et pragmatique d'un tel type de posture ? Le FN est le grand vainqueur de ce suffrage, nous dit-on. Mais nous n'avons pas rien vu, hélas, dans l'attente du résultat des élections européennes.
Mais pour nous, il n'y a pas de vainqueur mais un perdant : notre démocratie. La liste de Fabienne Keller obtient environ 33 % des bulletins exprimés au premier tour. Celle de Roland Ries à peu près la même chose. Ce qui représente pour chacune 11 % des majeurs de la ville de Strasbourg, puisque chacun sait qu'environ 70 000 majeurs ne sont pas inscrits sur les listes électorales. "Merci" à François Hollande de n'avoir pas respecté sa promesse d'établir le droit de vote pour les étrangers non communautaires.
Le FN représente, lui, environ 4 % des majeurs. Pour nous ,il se "contente" de recueillir le soutien des "protestataires", des déçus, des opposés à la soi-disant théorie du genre, des antisémites, des anti-islamiques, des antisystèmes qui se retrouvent autour de l'exaltation de Marine le Pen, peut-être le seul homme politique qui semble exercer son activité avec une joie communicative et contagieuse (Avec Gilbert Meyer ).

Il n'y a pas de véritable programme politique au FN autre que l'injonction à se reconnaître dans une identité nationale ( qui donne droit à la préférence nationale, à une sorte "d'élection" quasi religieuse ) qui ne demande jamais à être définie ,car c'est impossible ( et Sarkozy en a fait la tragique et triste expérience ).

Mais cela permet de mettre en place un processus "pousse-à-jouir" qui va permettre d'exclure légitimement tout ce qui n'est pas "homogène". Elle va permettre de stigmatiser le bouc-émissaire ; "à l'origine de tous nos maux" avant de le marginaliser ici ou de l'expulser là.

En dehors de l'espace Schengen.
Le FN crée une machine idéologique à exclure, à broyer et ça fait momentanément "plaisir" à ceux qui croient que la machine les épargnera. On pourrait résumer la doctrine du FN à "Moins il y a de programme, plus il y a d'adhésion".

Ces élections ne sont pas l'expression de la volonté de porter au pouvoir le FN mais le désaveu du bipartisme qui régit notre vie politique.
En toute conscience , douloureusement et lucidement , nous ne pouvons appeler à l'érection une fois de plus de cet improbable "Front républicain" qui ne doit pas protéger des politiques comme Sarkozy, Besson ,Guéant, Valls , Chevènement ou Vaillant.
Mais nous en appelons à un engagement de chacun dans le quotidien de la vie de la cité et dans la reconnaissance de la place civique des 210 000 majeurs de Strasbourg dont seulement un petit tiers s'est exprimé dimanche.

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Régis Hulot 28/03/2014 10:44


On a appelé cela la "lepénisation" des esprits.


Ce n'est jamais grave "avant", c'est toujours terrifiant "pendant", et ça ne laisse que des cendres derrière soi.


Avons-nous vraiment mérité cela?