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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

quelques mots, quelle situation !

À l’évidence, les deux billets d’hier ont animé le blog tombé dans une sorte de somnolence consécutive au point final mis au numéro 65 de Pumpernickel. Les démêlés, en fait dramatiques, mais déclinés en mode pathétique, entre une mairie, qui s’obstine à ne rien entendre de ce que lui disent ceux qui ont été ses amis et ses soutiens, et des concitoyens qui s’inquiètent à juste titre de la dégradation de leur milieu de vie sont en effet de nature à intéresser les cent cinquante lecteurs du blog qui viennent voir, trois à quatre fois par jour, où on en est de l’actualité locale. Ces derniers jours, le rythme s’est un peu ralenti, du fait que les journées n’ont que vingt-quatre heures : distribuer à vélo les 125 exemplaires d’un numéro exceptionnel, en mettre autant sous bande, affranchir et mettre à la poste prend du temps qui ne peut pas être consacré à vous tenir au courant des turpitudes réelles ou présumées d’un bestiaire politique wissembourgeois qui n’en finit pas de surprendre.
Quant au numéro 65, il semble avoir produit son petit effet, plus sûrement encore que s’il s’était agi de tomber à bras raccourcis sur un bilan municipal pour le moins décevant. Expliquer que l’on peut faire au moins aussi bien que les autres, pour beaucoup moins cher que ce qui nous est proposé actuellement, sans subir le parasitisme et la normativité des agences de communication peut étonner, et agacer celles et ceux qui se présentent comme des gestionnaires rigoureux et responsables. En fait, ce sont plus sûrement des gérants de biens, sortes de syndics [ d’ailleurs, c’est comme cela qu’on les appelle en Suisse ] administrateurs, "bons pères de famille" comme ils aiment à qualifier leurs manières de jongler avec les deniers publics, qui n’aiment rien tant qu’assener ces "vérités" sur les efforts qu’il convient de demander aux autres, ou les économies qu’ils oublient de s’infliger à eux-mêmes. Mais associer les citoyens, cette populace qui les indiffère quand elle ne les indispose pas, les ennuie, eux qui croient que les honneurs sont associés à ce qu’ils prennent pour une charge. Lire alors qu’il est possible de s’engager sur une autre route que celle du conformisme, que l’archaïsme des rapports sociaux n’est pas une obligation, que les traditions n’ont rien d’indispensable doit effectivement les déranger. Et c’est très bien comme ça.
Ce dépit devant le fiasco qui nous est imposé doit être à l’origine d’une exception l’autre semaine, puis d’une récidive hier. C’était déjà arrivé, mais c’était il y a bien longtemps ! Pumpernickel a en effet reçu un mot dans lequel un destinataire demandait à ne plus recevoir ce follicule dans sa boîte à lettre. Un article dans lequel il décelait des propos désobligeants à l’égard de l’autorité militaire était à la source de cette démarche originale. Tant pis, le commissionnaire passe devant chez lui sans s’arrêter. Depuis, une bonne cinquantaine d’autres destinataires ont pris sa place, signe que personne n’est irremplaçable, même si l’on regrette toujours d’avoir rompu le fil du dialogue, y compris et surtout avec ses adversaires, même les pires.
Cette fois, ce sont deux exemplaires de Pumpernickel qui ont été retournés, deux sur les trois ou quatre qui avaient été déposés !
La première fois, c’était à la suite de la première demi-tournée, et une note manuscrite demandait que le commissionnaire passe son chemin. C’est bien dommage, s’agissant de ceux qui ne se privaient pas, il y a quatre ans, d’utiliser un medium dont ils reconnaissaient l’efficacité à l’époque. Ils y intervenaient sans limite et profitaient, à leur aise, de la tribune qui leur était offerte pour se répandre en commentaires et porter à la connaissance de celles et ceux qui ne les auraient jamais entendus tout le bien qu’ils pensaient d’une équipe qui nous inspirait confiance. Tout cela a été fait sans aucune contrepartie, rien n’a été demandé, et non, rien de rien, non, on ne regrette rien !
La seconde fois, c’était à la suite de la seconde demi-tournée. Mais pas de note manuscrite, une sorte de lettre anonyme, comme on doit en recevoir parfois. Que doit-on penser de celui ou de celle qui s’habille couleur de muraille et va, rasant les murs, jetant aux alentours des regards inquiets et soupçonneux, guettant celui qui le verra … glisser le corps du délit dans la boîte à lettres honnie ? A-t-on le droit de paraphraser ce refrain [ musique du si beau film de René Alliot de 1965, "la vieille dame indigne", tiré de la nouvelle de Bertolt Brecht ] emprunté à Jean Ferrat, lui qui n’a pas été à la soupe, qui n’a pas trahi, qui ne s’est pas renié, qui n’a pas oublié ses amis, qui n’a pas oublié d’où il venait et à qui il devait d’être parmi nous :
"Faut-il pleurer, faut-il en rire, font-ils envie ou bien pitié, je n'ai pas le cœur à le dire, on ne voit pas le temps passer."
Qu’ils se rassurent, Pumpernickel a une idée précise de l’identité de ce courageux anonyme qui vient furtivement se débarrasser d’une lecture qui le dérange. C’est donc un grand éclat de rire qui salue ce geste qu’il convient d’apprécier à sa très juste valeur !

Et ça n’a rien à voir : un tract déposé, par les mêmes ?, appelant à voter pour le candidat soutenu par le parti socialiste. Oui, c’est ben vrai ça, aurait dit la mère Denis !
Alors, re-convoquons Jean Ferrat avec une chanson qui ne date que de 1985, "la porte à droite" [ pas une ride ! ] :
On m'a dit tes idées ne sont plus à la mode
Quand on veut gouverner ce n'est pas si commode
Il faut évidemment s'adapter au terrain
Mettre jour après jour un peu d'eau dans son vin
On m'a dit dans la jungle il faut qu'on se débrouille
On est bien obligé d'avaler des magouilles
De laisser dans un coin les projets trop coûteux
On va pas tout rater pour des canards boiteux

La porte du bonheur est une porte étroite
On m'affirme aujourd'hui que c'est la porte à droite
Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun
D'oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un

On m'a dit qu'il fallait prêcher le sacrifice
A ceux qui n'ont pas pu s'ouvrir un compte en Suisse
Qu'il fallait balayer tous nos vieux préjugés
Et que ceux qui travaill'nt étaient privilégiés
On m'a dit tu comprends tes idées archaïques
Ne feront qu'aggraver la crise économique
Ainsi la liberté dans un monde plus juste
Fait partie des slogans qui sont un peu vétustes

La porte du bonheur est une porte étroite
On m'affirme aujourd'hui que c'est la porte à droite
Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun
D'oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un

Puis d'autres sont venus beaucoup moins présentables
Qui parlaient de la France en tapant sur la table
Qui disaient faut changer c'est la loi du pendule
On va pour commencer supprimer la pilule
Ensuite il faudra bien flytoxer la vermine
Rétablir la morale avec la guillotine
Et pi gn'a qu'à virer les mauvais syndicats
Pour conserver celui qui plaît au patronat

La porte du bonheur est une porte étroite
On m'affirme aujourd'hui que c'est la porte à droite
Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun
D'oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un

Ils ont dit qu'il fallait se montrer réaliste
Qu'il y avait du bon dans les journaux racistes
Qu'il fallait nettoyer ce cher et vieux pays
Si l'on ne voulait pas qu'il devienne un gourbi
Dois-je vous l'avouer ces propos me renversent
Quand je vais boire un verre au café du commerce
Parfois je crois revoir sur du papier jauni
La photo de Pétain dans mon verr' de Vichy

La porte du bonheur est une porte étroite
Qu'on ne me dise plus que c'est la porte à droite
Qu'il ne faut plus rêver et qu'il est opportun
D'oublier nos folies d'avant quatre-vingt-un.

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