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pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

quelques mots, suite

Le billet d’avant-hier a été posté alors que les détails du conseil municipal de vendredi n’étaient pas connus. Le compte rendu des Dernières Nouvelles d’hier brosse un tableau totalement consternant de la situation politique locale, avec deux personnages arcboutés à leurs certitudes, préférant, à l’introspection personnelle, remettre cent fois sur le métier un argumentaire dépassé, en totale inadéquation avec les drames vécus par les habitants d’une commune dont ils prétendent écrire le destin. Que veut dire cette foire d’empoigne qui suit une pseudo-union sacrée [ préfiguration de la commémoration de la boucherie de la première guerre mondiale, dite “ grande guerre ” ? ] pour se terminer en “ guerre de tranchée ”, dixit le journaliste qui n’a pas pris la comparaison au hasard. Ce n’est d’ailleurs pas la motion “ Bürstner ” dont les termes reprennent les antiennes bien connues de la vigilance, de la solidarité, du respect, de la prise en charge, de la réorientation ou de la reconstruction qui peut faire illusion. Tous ceux qui connaissent un peu la réalité sociale savent que les plans de sauvegarde de l’emploi [ appelés aussi par dérision “ plans de sortie des employés ” ] sont encadrés par des procédures réglementaires qui n’ont pas besoin d’une motion votée à la hâte. L’ancien maire de Wissembourg, tout comme son successeur, aurait d’ailleurs pu le dire l’autre soir puisqu’ils ont été l’un et l’autre protagonistes de l’affaire “ Bürstner–1 ” quand on a licencié 52 ouvriers en juin 2009. Mais une motion, si ça ne fait pas bien, ça ne peut pas faire de mal, sauf qu’il s’agit d’une décision d’une brutalité insensée qui mérite plus et mieux que la psalmodie ordinaire des déclarations d’intention. On attend par exemple des mots durs à l’encontre d’une direction qui multiplie les ukases toutes plus contradictoires les unes que les autres, en imposant des heures supplémentaires à ceux que l’on va mettre à la porte, à qui on ne sait rien proposer d’autre que l’initiation [ ? ] d’une cellule de soutien. Mais c’est quoi ce nouveau machin ?
Même motif, même punition pour la ène plus unième motion “ sous-préfecture ” qui ne devrait pas impressionner plus que ça les services de l’État qui ont déjà pris leur décision. Ne ressemble-t-elle d’ailleurs pas à celle votée naguère pour le maintien du tribunal d’instance ? On rappellera au passage que “ la présence quotidienne des services de la sous-préfecture demeure fondamentale et indispensable à [ et non “ pour ” ] l’appui au conseil, à l’animation et à la coordination de l’action des services déconcentrés de l’État, mais aussi au suivi des dossiers”, mais de côté-là, c’est stable.

Cette comédie fait penser à ce dessin de Sempé où l’on voit l’orateur annoncer à la foule que, “ pour manifester notre réprobation, nous allons observer une minute de grommellement ” !
Au passage, ceux qui l’ont vue se rappellent cette émission de télévision, sur i-télé paraît-il, au cours de laquelle le maire de Wissembourg se félicitait de la bonne santé économique de la sous-région…

Une fois les affaires courantes expédiées, on semble être entré dans une insupportable normalité qui consiste à s’envoyer des jugements, des accusations, des intentions forcément négatives, destinées à déstabiliser les personnes sans jamais faire avancer la cause commune, la cause de la commune, celle du collectif, celle de la communauté.

À quoi sert à l’un de menacer alors que s’il est si sûr de lui, il n’a pas à attendre pour saisir la chambre régionale des comptes ?
On rappellera qu’il y a un peu plus de vingt ans, il avait dans les mains un dossier bien plus brûlant concernant la gestion du relais culturel, et qu’à l’époque, il n’a rien fait, glosant même sur celui qui voulait se substituer à son indolence.
Cela dit, les remarques quant aux montants qui deviennent tout sauf dérisoires sont justifiées. Quand bien même on vendrait ces terrains pour lesquels on s’est endetté, quand bien même la collectivité réaliserait une plus-value sur les ventes à condition qu’elles se fassent, il aura bien fallu payer des intérêts d’emprunts ou on ne s’y connaît pas. L’ancien maire de Wissembourg le sait bien, lui qui avait fait voter ce fameux prêt d’un petit demi-million d’euros accordé à une entreprise qui s’engageait à ne pas licencier. Si elle en a remboursé le principal, les intérêts ont bien été à la charge de la commune. Quant aux licenciements qui ne devaient pas avoir lieu, on voit où on en est…

À quoi revient pour l’autre de faire de l’esprit sur les gamineries réelles ou supposées de son adversaire, dont il dit qu’il devrait avoir honte de ses paroles ? Mais qui est-il pour parler comme ça ?
On rappellera au passage que la méthode Coué repose sur un principe que l’on doit répéter inlassablement toute la journée : “ tous les jours, quelles que soient les circonstances, je vais de mieux en mieux ! ” C’est-à-dire qu’il s’agit d’auto-persuasion, et en aucun cas de la technique du comique de répétition qui consiste à reprendre inlassablement les mêmes termes pour engendrer le rire. Rien à voir non plus avec l’interminable répétition de contre-vérités pour leur donner un semblant de substance.

Un mot encore sur celui qui demande que la campagne électorale prochaine ne s’invite pas au conseil municipal et qui, quelques mots plus loin, prend rendez-vous avec les électeurs qui sauront reconnaître le vrai du faux. Peut-on faire respectueusement observer la contradiction ?

Que nous reste-t-il après un tel déballage, un tel déferlement, de tels débordements ? Pas grand-chose d’intéressant en fait puisque les positions des uns et des autres sont figées, cristallisées, fossilisées, alors qu’il est tout de même concevable que les uns n’aient pas invariablement raison quand les autres auraient invariablement tort.
Par exemple, en 1989, refuser de discuter avec les autres listes candidates, et assurant alors la victoire relative de la droite dure a été une faute grave. Le reconnaître n’est pas déchoir, mais permet au contraire d’envisager l’avenir autrement que sous la forme d’affrontements qui font le jeu de ceux que l’on n’aimerait pas voir arriver aux manettes, l’extrême-droite en particulier, qui attend son heure, et qui va nous surprendre, même à Wissembourg !
Peut-on imaginer que le maire de Wissembourg mette un terme à ce comportement hautain particulièrement désagréable, quand dans le même temps, au vu des circonstances, l’ancien maire cesserait de ne se situer qu’en fonction d’un échec qu’il n’a pas digéré et d’une revanche qu’il doit prendre ? Il ne s’agit pas d’union sacrée, mais tout simplement d’intelligence, de compréhension et d’entendement.
Alors que les tractations vont bon train en coulisse, et que l’on complèterait des listes de candidats dont on nous annonçait il y a deux mois qu’elles étaient faites, et même qu’on refusait du monde, on reste interdit devant l’incapacité des uns et des autres à se projeter ailleurs que dans l’affrontement, l’attaque ou le conflit permanent.
N’oublions pas non plus l’absence de programme, d’idée, de fil conducteur de tous ceux qui ont plus et mieux à faire que de solliciter celles et ceux qui ont exposé, détaillé et proposé, depuis des années, ce qui doit être à l’évidence discuté, amendé, corrigé au travers d’un débat ouvert à tous.
Avec tout ça, on aura perdu vingt-cinq ans en procès, condamnations et sentences, nous privant des outils qui nous donneraient aujourd’hui les moyens de résister au désordre économique libéraliste. Mais c’est sans doute une autre histoire.

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Régis Hulot 27/11/2013 17:57


Bonsoir Pumpernickel,


Le 23 mars prochain (ou le 30, car il ne faut pas oublier que pour être élu au 1er tour il faut obtenir la majorité absolue, mais aussi le quart des inscrits), après m'être souvenu, quelques
jours auparavant, d'un événement qui nous a touchés tous les deux, je relirai ce texte en deux parties, me disant que quand des propos sont prémonitoires, ils ne doivent pas forcémment être
obscurs pour tous.


Ce que tu constates, que tu dénonces, contre quoi tu "grommelles" avec Sempé (mais pas seulement lui), nous apparaitra peut-être en pleine lumière. Sera-t-il encore temps de "faire" quelque
chose, face à ceux qui auront une fois de plus fait la preuve de leur maîtrise du "dire"?


Mais surtout, et c'est la plus terrible des questions à mes yeux, pourrons-nous nous croire encore dignes de la démocratie dont j'aimerais ne pas avoir à contempler le cadavre?


Plus cordialement que jamais.


Hulot