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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Referendum : les Alsaciens consultés sur un projet de conseil de région

Dans un exercice de démocratie directe sans précédent, le texte de ce référendum consultatif a été élaboré par une commission de 25 citoyens ordinaires tirés au sort.
“ Faut-il faire de ces propositions la base d'une nouvelle organisation politique régionale ? Ma réponse est OUI ! ”, a clamé le collège des actuels présidents des conseils généraux et régional.
Lors de ce référendum consultatif – dont le résultat sera indicatif –, les Alsaciens seront invités à répondre par oui ou par non à six questions sur des sujets tels que la politique industrielle régionale, les enjeux culturels, le rôle des ressources naturelles, la gestion économe de l’énergie, le schéma général des transports ou le futur système démocratique de la région. Ils seront aussi consultés sur la possibilité de referenda d'initiative citoyenne, ou populaire, et sur le mode de scrutin. Ils devront également dire si la future organisation doit être fondée sur le projet qui leur est présenté. Ces six questions ont été choisies par une commission de 25 citoyens ordinaires tirés au sort en 2010.
Bonne participation
On s’attend à une bonne fréquentation des bureaux de vote, bien au-delà de la participation électorale enregistrée précédemment lors des dernières consultations, comme celles des années passées, si l’on excepte l’élection présidentielle. Le contexte y est naturellement pour quelque chose, sur fond de faillite généralisée du système bancaire, de l’endettement des collectivités territoriales et de la mainmise des spéculateurs sur l’économie. Rappelons que le désordre est apparu en 2007, et que depuis, à part des sommets cruciaux de la dernière chance, les gouvernants n’ont pas été capables de juguler les appétits des boursicoteurs, des escrocs ou des évadés fiscaux. Se calant sur l’expérience acquise par les Islandais qui ont pris leur destin en main après la faillite, en 2008, de la banque britannico-néerlandaise Icesave, le collège des trois présidents des conseils généraux et régional actuels a décidé de lancer un grand processus novateur pour entrer de plain-pied dans le XXIème siècle en s’affranchissant des pesanteurs formalistes d’un système politique en coma dépassé.
“ Tout s'est pour l'instant bien passé, mais c'est un peu lent ”, a déclaré la présidente, tirée au sort, de la commission elle-même désignée par tirage au sort sur une liste de volontaires déposée au siège du collège des médiateurs mis en place il y a deux ans pour superviser le travail. “ Mais nous savons que nous nous trouvons au début d’un processus qui, une fois mis en marche, débouchera sur le consensus régional dont nous avons besoin ”, a-t-elle poursuivi.
Réexamen politique, enfin !
L'actuelle administration était issue d’une part de la centralisation historique du pays et d’autre part de cette décentralisation organisée, en 1983, par des centralisateurs qui ont reproduit à l’échelle locale les errements du désordre national. On a alors assisté à la constitution de petites féodalités, sortes de baronnies d’opérette, dont l’objectif premier a été de se faire construire force palais et hôtels, tout en gonflant les flottes des voitures de “ fonction ”, ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour des gens qui n’ont que pis que pendre à dire sur ces fonctionnaires qu’ils honnissent par ailleurs ! On en est maintenant à la remise en question d’insupportables pratiques, à l’origine de la désaffection des urnes observée ces trente dernières années. C’est l'acte de décès d’un système de démocratie représentative dévoyé qui sera soumis au verdict populaire, jetant les bases solides d’un exercice déconcentré du gouvernement. La revendication que le futur collectif soit élaboré par de simples citoyens s'est alors imposée du fait de la disqualification des représentants élus qui avaient pris des initiatives pour lesquelles ils n’avaient pas reçu mandat. Ces dix-huit derniers mois, un groupe composé de 25 citoyens de différentes origines sociales a ainsi travaillé sur le projet régional avant de le poster sur internet pour permettre à leurs concitoyens d’y réfléchir, de le discuter et de l'enrichir, ce que plusieurs dizaines de milliers d'entre eux ont fait. Le projet sera soumis au Peuple par le recours au référendum au printemps 2013, puis, dans la foulée, au parlement.
Lignes de fracture
Si le collège des actuels présidents des conseils généraux et régional est résolument favorable au OUI comme il l’a récemment déclaré lors d'un débat décentralisé, l'opposition, de droite et d’extrême-droite, appelle à voter NON. Le parti de l'ancien président de la République au pouvoir pendant la majorité du siècle dernier, estime que le projet doit être étudié plus en détail et que “ c'est aux assemblées élues de prendre les choses en main ”, reprenant l’antienne bien connu d’un usage restrictif de la souveraineté populaire.
Aucun sondage sur l'issue du scrutin ne sera publié, les “ instituts ” en question ayant fait la preuve de leur incompétence ;  il est maintenant par ailleurs établi qu’ils ont activement participé à la mise en coupe réglée de l’opinion publique, considérée comme une matière première au service des intérêts financiers responsables du marasme ambiant.
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Ce que vous venez de lire est évidemment une fiction. Il n'est malheureusement pas question, pour les habitants de la région, électeurs ou non, de s’emparer d’un débat que les “ zinzins ” [ imprécateurs institutionnels ] ont décidé d’accaparer. Il suffit de s’en tenir aux comptes rendus que fait “ lapresse.com ”, pourtant peu critique et acquise à l’avance à toutes les causes défendues par ceux qui nous la jouent “ mecs sérieux qui connaissent leurs dossiers ”, des “ travaux ” de ce groupe projet qu’un président de région parvient à peine à piloter.
Il est intéressant d’en connaître la composition :
Conseil Régional, Conseil Général du Haut-Rhin, Conseil Général du Bas-Rhin : 7 membres chacun [ 21 membres au total ] ; Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) : 6 membres ; Agglomérations de Colmar, Mulhouse et Strasbourg : 2 membres chacune [ 6 membres au total ] ; Associations des Maires du Haut-Rhin et du Bas-Rhin : 3 membres chacune [ 6 membres au total ] ; Parlementaires : 4 sénateurs et députés pour chacun des départements [ 8 membres au total ] ; 47 membres au total et autant de suppléants.
Quand vous aurez fini, vous vous demanderez où sont les citoyens, les ordinaires, vos voisins de palier ou vos collègues de travail : oui, c’est comme pour le SCoT-AN, nulle part !
Si on les comprend bien, et comme dirait le duc d’Elbeuf, c’est avec du vieux qu’on fait du neuf !
On vient d’apprendre que des “ conférences de territoire ” viendront d’intercaler entre cette assemblée unique et les “ conseils de territoire de vie ”. Alors là, on est en plein délire jargonnesque avec la volonté affichée de ne déplaire à personne tout en se donnant des grands airs. C’est vrai que notre région s’est largement distinguée, en particulier grâce à un personnel politique qui s’est distingué à chaque fois que c’était possible. On pense en particulier à cette ligne ferroviaire à grande vitesse financée par la région … alors que la première phase s’arrête bien avant de l’atteindre, et qu’il faudra encore mettre la main au portefeuille pour la seconde phase, quand d’autres régions ont pu bénéficier de la manne nationale. On comprend mieux après pourquoi il faudrait faire confiance à ceux qui ont échoué avec autant de brio et de ténacité dans l’échec ! Confions-leur donc les rênes d’un conseil d’Alsace dont ils ont déjà défini les contours : entre un Land allemand et un canton suisse ! En fait on s’achemine probablement vers une usine à gaz, sorte de chimère institutionnelle à mi-chemin entre le statut de la Nouvelle-Calédonie et celui de la Corse, avec les résultats en proportion à la clef : tous les inconvénients, aucun des avantages.
Et dire que tout ce tralala, ce serait pour économiser 500 millions d’euros [ on ignore si c’est par an ou par mandature ] et “ offrir un guichet unique ” aux habitants de la région “ quand ils cherchent un logement ou un travail ”, comme l’a déclaré avec beaucoup d’à-propos l’actuel président du conseil général du Bas-Rhin. C’est vrai qu’avec de pareilles conceptions, on va aller loin.
Personne n’est en reste dans les déclarations d’intentions de ces employés du ministère de la parlote. Ainsi d’une compétence en matière de droit du travail, qu’il est important de ne pas trop mettre en avant, dit l’écologiste de service, histoire de ne pas effrayer l’électorat. C’est ben vrai ça, Père Jacques, comme il serait dommage que ces ignorants d’électeurs s’aperçoivent qu’ils feraient bien de lire les petites lignes au verso du contrat ! Même le président du CESER, cette assemblée des corporations où ne siègent des cooptés, s’inquiète de la persistance de l’esprit départemental, qu’il faut, nous l’avons bien compris, sortir de nos vieilles caboches conservatrices et archaïques.
Il n’est pas inutile non plus de reproduire ces fortes saillies d’un maire de Colmar qui, dans un éclair de lucidité, a l’impression que l’on pédale un peu et voudrait que l’on commence par savoir ce qu’on veut faire avec le nouveau conseil, mettre des options nouvelles, apporter un plus dans les compétences. Vaste programme, aurait sans doute commenté le Général de Gaulle, mais le maire de Colmar le sait-il ?
Tout le reste est à l’avenant. On sent que lorsque le chômage atteint des sommets, que la désespérance est à tous les coins de rue, que la dépression gagne des pans entiers de la collectivité nationale, les quarante-sept ont bien saisi les priorités. Qu’ils aillent donc proposer leur camelote dérisoire et futile à une jeunesse désœuvrée qui, pour tromper son ennui, se réfugie dans les excès propagés par des théoriciens en peau de lapin qui savent, eux, vendre du rêve, de l’espérance et des convictions. On est alors bien loin de la paresse de mollassons engoncés dans leurs certitudes, encroûtés dans leurs habitudes, étouffés par leurs platitudes qui aimeraient bien avoir l’air, mais qui n’ont pas l’air du tout.

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