Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Rumeur du monde sur France Culture, ou l’art de pérorer au frais du contribuable pendant ¾ d’heure. – 2

Rien de tel que d'écouter attentivement le flot de banalités convenues que sont capables de débiter des personnages qui se la jouent "importants". Déjà pris en flagrant délit d'ignorance ou d'approximation lors d'une précédente émission [ voir l'article du 11 juin 2011 ], on nous remet le couvert avec la publication du rapport Jospin pour moderniser la vie politique française, résultat d'une réflexion de trois mois menée avec les 14 membres de sa commission, sept femmes et sept hommes non rémunérés. Parmi les principales propositions, on peut retenir l’élection présidentielle, la limitation du cumul des mandats, les modes de scrutin pour le Sénat et l’Assemblée nationale, et l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives, la prévention des conflits d’intérêt ou encore la réforme du statut pénal du chef de l'État.
Chef-d'œuvre d'arrogance, de suffisance et d'ignorance, cette conversation à bâtons rompus, déstrucutrée et confuse a réuni Messieurs J.-M. Colombani et J.-C. Casanova [ juge et partie, puisqu'il a participé à l'élaboration de ce rapport, mais, nous précise le maître de cérémonie, il saura prendre la distance nécessaire quand il faudra pérorer, puisqu’il a ajouté ses propres notes, histoire de donner davantage de sens aux travaux de la commission, merci pour les autres ! ]. Ils ont fait semblant de s'interroger en compagnie de Monsieur G. Courtois, directeur éditorial du journal Le Monde, et de Monsieur J. Jaffré, directeur de l'immense Centre d’études et de connaissance sur l’opinion publique (CECOP) [ qui a pratiquement son rond de serviette à cette table de petits marquis poudrés qui n’aiment rien tant que nous expliquer que ce à quoi nous croyons est dépassé, parce que, eux, ils le savent, sur la foi de ces innombrables sondages qui viennent encore de triompher de l’autre côté de l’Atlantique, passons ] sur les apports et les limites des travaux de la Commission de rénovation et de déontologie de la vie publique. C'était tout simplement affligeant, et en dit plus long qu'on ne le pense sur le mépris dans lequel on tient un peuple tout juste bon à ne pas savoir compter les bulletins de vote au-delà de "un". Mais foin de commentaire, écoutons-les, leurs paroles les disqualifient, définitivement.
Quelles sont les possibilités d'un renouveau démocratique et jusqu'où peut aller la réforme proposée dans le cadrage de la vie publique? Vu l'ampleur des mesures proposées qui concernent notamment les parrainages, les difficultés du statut du chef de l'Etat, le cumul des mandats, la proportionnelle, la déontologie et la prévention des conflits d'intérêts…, s'agit-il de corriger des dysfonctionnements ou de bâtir un nouveau système, alors que l’on place les travaux de la commission sous les auspices de la réconciliation des Français avec leur système politique, affecte de questionner un Monsieur J.-M. Colombani pas au mieux de sa forme comme on le constatera.
D’entrée, le directeur éditorial du Monde fait une déclaration un peu liminaire ! Il faudra que ce monsieur nous explique ce qu’est une déclaration "un peu" liminaire ! Ça démarre très fort ! On a droit à un cours sur un prétendu exercice imposé à tous les présidents de la République qui se sentiraient obligés de mettre leurs pas dans ceux du grand Charles : Giscard avec la majorité à 18 ans et la saisine du conseil constitutionnel, Mitterrand et la décentralisation, Chirac et le quinquennat et l’inversion du calendrier, puis l’avant-dernier avec la question prioritaire de constitutionnalité [ qui sert essentiellement à paralyser le fonctionnement de la Justice ]. Cette fois, on redemande à un ancien premier ministre, homme présumé d’expérience, de liberté et de confiance qui permet un ajustement progressif du rapport avec les intentions du chef de l’État de s'y coller. C’est M’sieur l’directeur éditorial du Monde qui l'dit. Si toutes les propositions aboutissent, ce sera un changement très important du mode de fonctionnement de la vie politique française. On pourrait avoir des avancées fortes… !
Monsieur J. Jaffré est admiratif devant l’ampleur du travail dont il se demande in petto s’il s’agit de relever des dysfonctionnements ou de mettre en place un nouveau système. Un certain glissement s’est opéré. La Commission est allée plus loin que de simples observations sur les parrainages pour l’élection présidentielle ou la représentation des minorités politiques à l’Assemblée. Si on la suit, on change simplement de système, ni plus ni moins. Prend-on la pleine mesure de l’ampleur des changements ? Le cumul des mandats par exemple n’est pas indépendant de la question de la proportionnelle [ sic ; ?!, ndlr ]. Si on applique les mesures proposées, ce ne sont pas les 10% de proportionnelle qui sont à l’arrivée dans le paysage politique français, c’est un exemple simple [ re-sic ; ?!, ndlr ]. Le parrainage citoyen de 150 000 électeurs aboutirait à cinq ou six candidats contre dix à la dernière élection présidentielle, il vient de faire les calculs. On éliminerait les courants de l’extrême-gauche, probablement le courant écologiste [ parce que Monsieur J. Jaffré fait le rapport entre les voix obtenues par les candidats en question et les 150 000 parrainages citoyens nécessaires ; il ne lui vient pas à l’idée que quelqu’un puisse souhaiter une candidature sans que cela revienne à voter pour cette candidature : belle mentalité ! ]. Pour Monsieur J. Jaffré, signer pour parrainer, en sachant que cette signature ne sera pas rendue publique, c’est un acte considérable. Voilà un type qui a dû signer beaucoup de pétitions pour défendre la justice et les droits de l’Homme, Monsieur J. Jaffré !
Monsieur J.-C. Casanova n’est pas tout-à-fait d’accord, pensant que l’on maintiendrait le nombre actuel de candidats. Monsieur J. Jaffré reprend le crachoir pour expliquer que c’est bien lui qui a raison, chiffres à l’appui, toujours en faisant le rapport entre les résultats et ces 150 000. Il envisage même la réunification du courant trotskiste…, ce qui fait beaucoup rire ces gens qui ont manifestement beaucoup d’esprit. Parce que, lui, Monsieur J. Jaffré, il considère que si on obtient un taux de un parrainage pour dix suffrages, c’est déjà con-si-dé-rable ! Et que je te détaille le système utilisé pour parrainer, sans recours électronique, avec enveloppes et photocopie de carte d’identité, histoire de montrer que lui, Monsieur J. Jaffré, il sait, lui, de quoi t’est-ce qu’il cause. C’en devient grotesque ou pitoyable, au choix.
Cette interruption passée, Monsieur J.-C. Casanova reprend la parole et parle de la responsabilité judiciaire du président de la République. Il est presque aussitôt interrompu par Monsieur J. Jaffré qui lui reproche de liquider la moitié des présidents de la République [ au prétexte que Monsieur J. Chirac aurait eu maille à partir avec la Justice ], il s’en suit une grande confusion qui rend les interventions inaudibles. Vient ensuite le cumul des mandats qui permet à la fois d’éliminer les concurrents et de faire contrepoids à la centralisation [ sic ; ?!, ndlr ]. Un maire est plus puissant face à l’Administration s’il est député ou sénateur [ re-sic ; ?!, ndlr ]. On parle de lois organiques, mais c’est surtout pour faire sérieux.
Laissons de côté la déontologie [ sic ; ?!, ndlr ], cette réforme des mœurs que le rapport de la commission introduit dans l’univers dans l’univers politique, à l’instar d’un rapport Sauvet, que personne n’a évidemment oublié, que Madame C. Lepage commentait sous le titre "les conflits d’intérêts en sont pas près de disparaître" [ clic sur le lien ]. On a ensuite un cours de morale sur les conflits d’intérêt, ça tombe bien car nous en avons besoin, nous.
Le fossoyeur du Monde reprend la parole pour qu’on discutaille sur le cumul des mandats, histoire de savoir si c’est un bon moyen, arme absolue, pour renouveler le personnel politique, ou bien sommes-nous dans cette démagogie ambiante d’antiélitisme primaire qui prévau(drai)t au parti socialiste et qui consiste à, par nature, se méfier des élus, soupçonnés de toutes les turpitudes.
Monsieur G. Courtois fait remarquer que les militants socialistes ne sont pas suivis par les élus socialistes [ cette personne sait-elle que la moitié des adhérents du parti socialiste est constituée d’élus ? ] qui ont exprimé leur franche opposition à tout changement à ce propos. Il y a sans doute un peu de réaction antiélitiste, voire poujadiste, mais notre système où 80% des parlementaires ont d’autres fonctions, souvent significatives [ sic ; ?!, ndlr ], extravagant si on le compare aux autres démocraties européennes, souffre de sclérose et manque de respiration démocratique. La constitution de fiefs rassure les élus,…
Interruption du fossoyeur du Monde qui semble découvrir les effets du "fait majoritaire", puis embraye sur la majorité qui soutient le président de la République et conclut sur la nécessité ou non qu’un élu soit arrimé à sa circonscription pour bien agir,…, on s’y perd, tout cela est un peu confus, et difficile à suivre, signe que ces gens n’ont pas vraiment préparé leur intervention, qu'ils disent plus ou moins n'importe quoi et sont accoudés au comptoir, comme moi, ce matin, avec mes copains, mais c’était moins coincé et plus structuré. Et puis il y a des élus qui sont de meilleurs maires parce qu’ils sont aussi députés ou sénateurs…
Monsieur G. Courtois n’en démord pas, et rappelle les nécessités de renouvellement, de respect de la parité et de représentation des minorités, et là, le cumul est un facteur de ralentissement. On est plutôt dans un archaïsme français que dans une exception française heureuse.
Monsieur J. Jaffré trouve que tout cela est très discutable. Il rappelle que la commission veut proposer des mesures qui permettront de restaurer et d’améliorer le niveau de confiance des citoyens vis-à-vis de leurs élus. La disparition du cumul réduira la confiance des citoyens envers les élus, et les députés, surtout, parce que ce seront des députés sanas enracinement local direct, qui seront comme les députés européens et les conseillers régionaux dont les électeurs sont incapables de donner les noms. Le mieux est l’ennemi du bien en la matière. C’est aussi discutable pour le Sénat, représentant des collectivités territoriales. Les sénateurs devraient pouvoir garder la possibilité d’avoir des positions exécutives, et ce serait une mauvaise manière des dépités que de leur imposer ce qu’eux-mêmes doivent subir. Mais tout cela va avoir des conséquences qui vont nous faire changer de système : changement des notions de territoire, de carrière, et de classe politique, excusez du peu ! Les territoires sont tenus par leurs élus [ sic ; ?!, ndlr ]. Les carrières : prenons l’exemple des socialistes. Ils gagnent les élections législatives de temps à autre, et prennent une raclée à la suivante. C’est une loi de la République dont nous verrons si elle se vérifie en 2017. Prenons l’exemple de 1993, quand les socialistes battus se réinstallent dans leurs mairies, leurs conseils généraux et régionaux et peuvent repartir à l’assaut, ensuite, et en 1997, on a une majorité de gauche en 1997. Cette fois, les élus, battus, n’auront plus cette possibilité de retourner à leur position locale et ils devront abandonner la carrière politique. Il n’y aura plus de carrière politique, car ce seront ceux qui occupent les positions locales qui se présenteront alors. Comme aux États-Unis, fait doctement remarquer Monsieur J.-C. Casanova. On risque alors, poursuit Monsieur J. Jaffré, très remonté, la médiocrisation de la classe politique, du fait du changement à toute allure d’élus qui n’ont pas l’expérience et la proximité avec les électeurs. Et puis, Monsieur J. Jaffré est certain que les leaders politiques n’accepteront pas d’être battus sur des bases majoritaires et de ne pas pouvoir se réinstaller sur des bases locales [ voilà qui a le mérite de la franchise, Monsieur J. Jaffré, et en dit long sur l’idée que vous vous faites, vous et vos semblables, sur l’exercice de la démocratie, ndlr ]. Il poursuit sa philippique en prédisant un système d’abord à 50% de proportionnelle, comme les Allemands [ mais sait-il vraiment comment ils sont élus ? ], puis la proportionnelle intégrale, pour aboutir à la VIème République, rien de moins !
Monsieur G. Courtois essaie de recentrer le propos sur l’utilité réelle des élus, qui ne sont pas uniquement des figurants pour voter les lois.
Non, intervient, Monsieur J.-M. Colombani, qui précise qu’être député, c’est beaucoup être assistante sociale dans sa circonscription en étant tenu par la discipline majoritaire à l’Assemblée.
Monsieur J. Jaffré reprend la parole pour poser le problème du nombre pléthorique des députés, il en aimerait 300 environ, puis reprend sur cette proportionnelle que toute évidence il abhorre car elle supprimera le fait majoritaire. On commence par des ajustements, et on modifie un système ! Puisqu’on vous le dit !
Comme on a modifié le système avec le quinquennat comme Monsieur F. Hollande ne s’y attendait pas [ ??,  il doit sans doute vouloir dire Monsieur L. Jospin, mais personne ne remarque… ], intervient Monsieur J.-M. Colombani qui a semble-t-il complètement perdu les pédales.
Avant de passer au mode de scrutin, Monsieur J.-C. Casanova déclare se prononcer contre le cumul à l’Assemblée et pour le cumul au Sénat [ ce qui n’est pas sans rappeler cette forte répartie de Coluche qui déclarait n’être ni pour ni contre, bien au contraire ! ]. Partisan inconditionnel de la décentralisation, il est pour la péréquation pour éviter que les pauvres s’appauvrissent quand les riches s’enrichissent [ va-t-il nous annoncer qu'avant de s'être ralié à Hollande, il a voté Mélanchon ? ]. Cette péréquation, pour être légitime, doit être faite par une chambre où sont présents les présidents de régions, les maires des grandes villes, etc. et s’il en avait le pouvoir, il ferait élire le Sénat comme il l’est en Allemagne où les présidents de région sont membres de droit du Bundesrat [ en fait, c’est beaucoup plus intelligent que ça, puisqu’il n’y a pas d’élection au Bundesrat, mais désignation par les Länder de représentants issus du gouvernement de ces Länder ; ajoutons qu’au Bundesrat les petits Länder sont surreprésentés, situation qui doit forcément contrarier les participants à cette chamaillerie radiophonique ]. Monsieur G. Courtois prend alors un air important pour déclarer très solennellement que si on n’aboutit pas à un système "à l’allemande", tout ce travail aura été inutile ! On parle alors de loi organique, mais comme le propos a été interrompu, les auditeurs ont été privés de la forte conclusion de Monsieur G. Courtois. Il serait temps que l’on apprenne à s’écouter, dans les studios de France Culture, ndlr.
Et maintenant, le mode de scrutin. Dix pour cent de proportionnelle, soit un redécoupage des circonscriptions, et pourquoi pas plus par la suite ? "Je suis partisan d’un système mixte", déclare le courageux Monsieur J.-C. Casanova, qui sait prendre des risques. Et que je te rappelle le scrutin "Mitterrand" de 1986, proportionnel départemental très proche du scrutin majoritaire, pour dire qu’il est partisan de coalitions qui précèdent, euh, qui succèdent à l’élection. Comme cela se fait dans les autres pays européens, sous forme de contrat souvent volumineux, clair vis-à-vis des électeurs. Monsieur J.-C. Casanova vient de découvrir que "les gens" en France sont contre la proportionnelle parce qu’ils pensent que ça va ramener l’instabilité de la IVème République. Il est temps ! Or, avec le régime présidentiel, avec le parlementarisme rationalisé, il n’y a plus de risque d’instabilité. Il y aura des coalitions au parlement qui représenteront des majorités plus grandes dans le pays, contrairement à la situation actuelle : le président de la République a besoin d’un côté d’un parti socialiste absolument majoritaire à l’assemblée, parce que si aujourd’hui, les écologistes ou les communistes ou Mélanchon avaient du poids, le malheureux président de la République aurait du mal à faire la politique raisonnable qu’il veut faire en matière de compétitivité ou de déficit, donc heureusement qu’il a une majorité absolue du parti socialiste, mais ce n’est pas l’idéal, parce que c’est un parti socialiste relativement faible dans la société française, et l’idéal pour un président de la République, c’est d’avoir une coalition qui fait 60% des Français. À ce moment-là, on peut résister à tout et faire de grandes politiques.
Monsieur J. Jaffré reprend la parole, mais il a un peu de mal à rassembler ses idées. Il se rappelle tout d’un coup que c’est tout de même ces 10% de proportionnelle qui l’ennuient. Et il détaille le processus de vote, avec deux bulletins aux élections législatives, excusez du peu, car cela créé deux légitimités, deux comptabilités électorales, qui contribuent à affaiblir les élus de circonscription, avec deux représentations politiques de la France en même temps, et l’élection de quelques députés trotskistes et front national. Il aurait préféré que l’on s’en remette à la statistique nationale, sans double bulletin de vote, avec attribution des sièges "proportionnelle" au prorata des résultats obtenus.
[ voilà un type qui sait tout, et qui a beaucoup étudié, surtout les résultats des élections allemandes, où les électeurs disposent d’une seconde voix, qui a fait, des décennies durant, la bonne fortune des amis de Monsieur H.-D. Genscher ; connaît-il aussi les vertus du vote préférentiel qui permet de coupler notoriété d’un candidat avec soutien à un parti ; mais que sait-il ? ]
Il fait ensuite le panégyrique du système de compensation, à moins que ce ne soit l’inverse, on finit par ne plus trop savoir pour quoi il est contre et contre quoi il est pour.
Une chose dégouline néanmoins de tout cela, c’est l’obsession de la légitimité des élus, mais jamais ils ne s’interrogent sur un système électoral qui sait réserver 60% des élus à une liste de candidats ayant réuni moins de 40% des suffrages, comme c’est le cas des élections municipales en cas de triangulaire. Quand on l’explique aux étrangers, ils vous regardent avec de ces yeux… !
Monsieur G. Courtois pour sa part trouve la commission bien timorée avec ces petits 10%. Cinquante-huit députés sur 577, en fin tout de même…
"Changement de système, Monsieur Courtois", interrompt, une fois de plus Monsieur J. Jaffré, qui surenchérit d’un définitif : "Je suis un analyste !"
Pourquoi ne pas être allé plus loin, avec 20% ?
Là, c’est Monsieur J.-C. Casanova qui nous fait le cours sur les doctrines électorales du parti socialiste. D’abord, la doctrine "Léon Blum" qui influence le scrutin allemand [ ?!, on croit rêver, ndlr ], avec la moitié des députés élus au scrutin majoritaire direct à un tour et l’autre moitié, ou 30% ou 25% sont élus à la proportionnelle à partir sur des listes correspondant à ceux qui ont été candidats. Bon.
Ensuite, il y a le système "Guy Mollet", qui a négocié avec la Vème République qui préférait le scrutin d’arrondissement, le système que nous avons actuellement, c’est-à-dire le système du Second Empire car il donnait le plus d’influence aux préfets et aux candidats officiels. Et donc le système "Guy Mollet", c’était au deuxième tout, le candidat de gauche se reporte vers le candidat socialiste et c’est très bien comma ça.
En 1958, interrompt Monsieur l’analyste, ça n’a pas fonctionné comme l’espérait Guy Mollet, ah, ah, ah !
Mais s’il n’y avait pas eu ce système, de Gaulle qui avait utilisé la proportionnelle auparavant, aurait peut-être eu une autre attitude. Et Debré qui était partisan du majoritaire à un tour, par département, au scrutin de liste, soit le véritable scrutin républicain.
Enfin, il y a le système "Mitterrand" en 1986, la proportionnelle départementale, qui est un "mix" puisque là où il n’y a que deux ou trois députés, ça consiste à partager les sièges, tout simplement. On peut penser que Monsieur F. Hollande, si les choses n’allaient pas trop bien, irait vers ce système-là, car c’est le système le plus conservateur pour les élus, en particulier actuellement, car on peut penser que 70% des élus actuels seraient reconduits.
Monsieur l’analyste reprend vite le micro pour confirmer le propos, sans doute sur la foi des calculs qu’il a faits ce matin avant d’arriver au studio. Il pronostique déjà que les deux tiers des députés retrouveraient leur siège avec ce système "Mitterrand", alors que le système actuel les balaierait.
Et Monsieur J.-M. Colombani de conclure que ce rapport est tout sauf anodin. Mais au fait, qu’en est-il du statut du chef de l’État. N’est-pas une aberration que de judiciariser son statut ? Avec la petite satisfaction [ ?!, ndlr ] de voir Monsieur J. Chirac poursuivi en cours de mandat pour des faits sans rapport avec sa fonction, est-il bien raisonnable de mettre ne place un système dont on sait qu’il sera exploité par les adversaires politiques du président en place avec un système "à l’américaine" qui affaiblirait un peu plus la présidence de la République, malmenée par le quinquennat, et ferait qu’un président de VIème République, ce ne serait pas un président de Vème République [ sic, sic, et re-sic ! ], fragilité au nom du fait que l’on aurait voulu que Monsieur J. Chirac soit condamné, etc.…
Ça concerne aussi les ministres, la cour de justice disparaît, beaucoup de précautions sont prises, nous rassure Monsieur J.-C. Casanova.
Monsieur l’analyste reprend la parole. La question se pose avec les délits passés, que l’on vient découvrir quand le président a été élu. Et même si une commission de filtrage a été prévue, on entre alors dans une crise politique majeure, si une commission doit examiner si le président doit être poursuivi. Imaginez François Mitterrand dans les années 1984 ou 1985, face à l’affaire Urba qui aurait été découverte plus tôt, nous parlons de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy avec l’affaire Bettencourt, nous avons une situation de fragilisation extrême de la fonction présidentielle, … brouhaha, de moralisation, brouhaha …, fragilisation, moralisation, et si n’importe qui peut mettre en cause le président de la République, … parce que votre commission qui filtre, ça ne sa passera pas innocemment comme vous l’espérerez.
Cela paraît être l’arrêt de mort de la fonction présidentielle telle qu’elle a été conçue sous la Vème République, mais là, on change de système, et c’est autre chose, pour un Jean-Marie Colombani manifestement effondré !
C’est le dernier avatar de la présidence normale, soupire Monsieur J. Jaffré d’une voix accablée. Exactement, c’est la normalitude, s’amuse Monsieur J.-M. Colombani, ennemie de la plénitude des fonctions de président de la République.
Monsieur J.-C. Casanova : les États-Unis ont connu un président qui a dû démissionner parce qu’il avait organisé des écoutes illégales, et c’est à l’honneur des États-Unis.
C’est incontestable, sont contraints de reconnaître les autres, et Monsieur J.-M. Colombani de rappeler que ces mêmes États-Unis ont failli "empêcher" [ il voulait sans doute parler de la "mise en accusation" de Monsieur W. J. Clinton, mais qu'il se rassure, il n'est pas seul à faire ce contre-sens ] sous prétexte qu’il avait une vie privée peut-être condamnable sur le plan de la morale mais qui n’avait rien à voir avec le jugement que les citoyens portait sur sa politique.
Enfin, il faudrait bien prendre la mesure de chacune des propositions qui sont faites et des conséquences qu’elles peuvent avoir  et des effets de système que ça peut produire, conclut en catastrophe un analyste complètement désorienté par ce qui se prépare.
Bien sûr, bien sûr, bougonne Monsieur J.-C. Casanova, manifestement excédé par ce qu’il vient d’entendre, qui n’est rien en regard de ce que nous subi, et payé.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article