Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
pumpernickel

pumpernickel

commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

si chères ordures ménagères, suite.

C’est à un véritable exercice de funambulisme journalistique que l’envoyé spécial des déhaina a été contraint l’autre jour quand il a rendu compte de la dernière séance, et malheureusement pas l’ultime, du comité directeur du SMICTOM d’Alsace du nord. On a bien senti qu’au fur et à mesure de son article il devait s’en tenir à la réalité des propos tenus, en respectant les inepties des uns, les contradictions des autres et les erreurs des troisièmes. Quelle cacophonie ! Et surtout, mais qui s’en étonnera, quel manque d’imagination de la part des ces gens qui ne pensent qu’à creuser de nouvelles alvéoles [ le terme est plus valorisant que "trou" ou "décharge", de même qu’on préfère parler de la problématique de la rudologie plutôt que de se pencher sur les ordures… ], qu’ils baptisent "W1", "W2","W3","W4", et bientôt "W5" [ "W" pour Wintzenbach bien entendu qui sera aussi important que "W3" et "W4" réunis. Quel progrès !

Pour celles et ceux qui ont encore un peu de mémoire, il faut se rappeler que lors de la mise en place des containers hermétiques en 1985, le maire d’alors avait déclaré que toutes les dispositions avaient été prises pour que nous soyons tranquilles pour 20 ans. Et à l’époque, tout le monde avait été d’accord, au conseil municipal. Quelques années plus tard, la liste "Wissembourg écologie" était la seule à poser le problème de l’accumulation des déchets et à proposer quelques mesures simples pour les tarir à la source [ ce n’était d’ailleurs pas le seul domaine dans lequel les écologistes d’alors innovaient : ils étaient les seuls de tout le département à avoir pris contact avec l’association des paralysés de France pour recueillir les doléances de ceux qui doivent affronter, au quotidien, les affres du handicap et de l’indifférence sociale et politique ]. Vous pouvez aussi d'un clic, retrouver un article du 16 août 2006 posté sur ce blog.

Donc l’autre jour, celui qui est aussi député et membre de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, mais on l’y voit si peu, discourait sur cette question majeure qui l’occupe autant qu’elle le rémunère, la gestion des déchets ménagers. Au passage, on aura eu confirmation que le service rendu est divisé par deux ou par trois quand la redevance augmente lentement mais sûrement. De même que la facturation dite "à la levée" se révèle un échec et que l’on va revenir, dans le coin de Niederbronn à une facturation au volume. Sans doute s’est-on interrogé longuement sur les raisons de l’échec de ce qui fonctionne ailleurs, mais nous n’en saurons rien, probablement parce que les délégués n’ont rien à en dire, et qu’ils se sont abstenus de toute question qui aurait troublé l’ambiance consensuelle de cette société qui devait annoncer son cortège de mauvaises nouvelles sur le ton de "tous les jours, et à tout point de vue, nous allons de mieux en mieux" ! Nous avons aussi appris, de la bouche de Monsieur le président qu’il serait préférable que l’on harmonise les systèmes de facturation [ les écarts sont en effet incroyables, du simple au triple selon que l’on habite ici ou là, un peu comme cela sera la règle quand on aura dynamité l’unité nationale, qui a aussi l’avantage de garantir le prix unique du timbre ou de l’énergie pour les tarifs réglementés ] tout en se mettant d’accord sur une redevance incitative [ propos vide de sens qui veut remplacer ce que devrait faire le SMICTOM s’il était présidé par quelqu’un qui s’y connaît : engager une vraie politique de réduction des déchets, à la source ]. Oui, en effet, il serait temps d’y penser, depuis tout ce temps que l’on n’en discute même pas.
De même que l’on entendu qu’une ristourne avait été accordée aux habitants de la commune dont le président du SMICTOM est le maire, du fait de l’espacement des tournées de ramassage, et que son montant … avait été réparti sur les infortunés habitants des huit autres communautés de communes ! Merci pour les autres qui vont aussi voir le service rendu moins rendu sans bénéficier de ristourne. Ce doit être comme ça que l’on envisage l’égalité de traitement dans les officines de la droite dure, aux affaires localement et régionalement.
Jouant sur les mots, et faisant abstraction du fait que l’on va passer de trois levées par quinzaine à une levée par quinzaine, on nous parle d’une "hausse contenue dans l’augmentation de la facture". Voilà encore un truc qui sonne aussi bien que la "croissance négative" ou que "le changement sans risque" de Giscard en 1974, que des facétieux avaient traduit pas "pas de risque que ça change" mais c’est une autre histoire.
Une augmentation, nous n’y échapperons pas, même si elle est d’apparence modérée, 2,5% nous dit-on sans rire, soit un apport de près de € 200 000,00 à un budget total de € 7 700 000,00 [ dont € 1 000 000,00 versés par "écoemballage" qui récompense ceux qui trient bien, mais qui pénalise ceux qui jettent moins, l’ordure ménagère étant une matière première comme les autres sur laquelle il est bon de faire des profits ].
Ce n’est pas beaucoup pour le maire de Wissembourg, qui, calculette en main, nous explique que pour un ménage qui paie déjà € 100,00 de redevance, cela fera une augmentation de € 2,50, ce qui n’est pas beaucoup. C’est ben vrai ça, Mère Denis, d’autant que peu de ménages paient si peu, y compris à Wissembourg où un ménage de deux personnes acquitte plus de € 175,00 de redevance. Alors, 2,5% d’augmentation, c’est € 4,38 qui viennent s’ajouter aux augmentations de l’énergie, des impôts locaux, des assurances, du téléphone, de toutes ces dépenses incompressibles qui croissent autant que se dégradent les conditions de l’emploi. " – Mais ne faut-il pas préparer les investissements de demain ? ", ne craint-il pas de demander, comme tout bon visionnaire qui se respecte. Oui, bien entendu, et dans ce domaine, comme dans celui de l’énergie, c’est la sobriété qui doit être organisée, et non le énième trou, euh, pardon, la énième alvéole de stockage qui doit être creusée. Car les investissements dont on parle, c’est la bagatelle de plus de quatre millions d’euros qui vont être consacrés à faire ce que l’on sait déjà dépassé et voué à l’échec … durable !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Régis Hulot 14/02/2013 19:44


Nul ne se fait d'illusions sur la volonté des élus (plus ou moins bien élus, avec plus ou moins de filtres) de régler le problème des ordures ménagères. Là comme ailleurs, tous convertis de
longue date ou depuis peu au dogme libéraliste - qui veut que le "marché" vienne à bout de tous les problèmes -, seul l'intérêt (à court terme) semble avoir droit de cité. Les ordures ménagères
sont donc en effet devenues une matière première, et au lieu de tenter d'en réduire le volume, on a le sentiment qu'il faut l'augmenter, la règle du "toujours plus" tenant lieu de pensée.


Alors, plus de déchets assure une sorte de croissance, plus de voitures sera créateur d'emplois, tout comme plus d'accidents de la route feront la fortune des réparateurs et la joie des services
d'urgence des hôpitaux... non, là ça devient difficile, car cela choque l'électeur de dire les choses comme cela. Mais on y était presque. Pauvres naïfs que nous sommes qui croyons aux discours
de ces personnages qui nous caressent dans le sens du poil pour mieux nous faire gober ce qui se constate quotidiennement, moins de service mais toujours plus cher, et surtout plus de dividendes
pour ceux qui ont fait le pari de l'affermage et de la privatisation à tout va... On aimerait bien savoir ce qu'il y a dans le portefeuille d'actions de ces bonimenteurs qui préparent,
acrtivement, une retraite qu'il faut leur offrir.


 


Nous avons commis la maladresse de porter au pouvoir ceux qui se disaient nos amis; ils n'ont pas fini de nous le faire payer.


Ne serait-il pas temps de nous réveiller?