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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

steinbaechel, la bonne ambiance !

Aujourd'hui, lundi 30 janvier 2012, J moins 83 pour le 1er tour, J moins 97 pour le second tour !

steinbaechel 270112

Où l'on se demande encore quelle mouche a bien pu piquer le sympathique candidat de mars 2008 pour qu'il se transforme en furibond de l'urbanisation à marche forcée ! On reste interdit et perplexe face à cette énigme. À moins que tout n'ait pas été dit, expliqué ou montré alors que les jeux ne semblaient pas faits pour les candidats, à l'inverse des lecteurs de Pumpernickel qui savaient, eux, que la page était bel et bien tournée.

Si l'argument de la régression démographique a bien été un argument de campagne, comme le rappelle à juste titre la P2R dans son édition du mardi 17 janvier 2012, ceux qui soutenaient ce qu'ils pensaient être l'autre terme de l'alternative n'avaient pas compris que les problèmes, si tant est qu'il y en ait, seraient résolus en réactivant les projets stupides et mégalomaniaques de l'équipe finissante. C'est pourtant bien ce qui se passe, avec ce Steinbaechel qui n'en finit pas d'empoisonner le climat, maintenant délétère, qui s'est installé en ville. Curieusement, et l'entêtement dont elle fait preuve en la matière est plus qu'inquiétant, cela n'a pas l'air de troubler la fausse indifférence d'une municipalité qui persiste à croire qu'elle doit faire notre bonheur malgré nous, d'une part parce qu'elle voit en nous des enfants immatures et inconstants et d'autre part parce que Monsieur Scotan lui en intime l'ordre. On l'oublie trop celui-là !
Poursuivant son travail d'information, d'explication et de réflexion, les " amis du Steinbaechel ", que l'on peut ranger au nombre de ceux qui aiment leur ville, eux,  et ses habitants, eux, distribuent ces jours-ci un texte qui mérite bien d'être porté à la connaissance des centaines de visiteurs qui jettent, tous les jours, deux ou trois coup d'œil sur ce blog :

Steinbaechel, intérêt général et intérêts personnels
En présentant ses vœux aux " forces vives" de la ville, le maire de Wissembourg a déclaré, selon les Dernières Nouvelles d’Alsace du 19 janvier dernier, que les opposants à la politique municipale en matière d’habitat obéissent à " des raisons dictées par des intérêts personnels très éloignés de l’intérêt général ". Ces récalcitrants égoïstes se montreraient en outre incapables de comprendre les " décisions courageuses " prises " au service des générations futures ".
Par " décisions courageuses ", il faut comprendre le parti pris du maire de promouvoir la construction d’un nombre de logements correspondant, avec les programmes privés déjà en cours ou annoncés, à une augmentation de près de 20% de la population d’ici à 2025. Courage ou irréalisme ? " L’intérêt général " consiste-t-il à s’engager dans ce qui ressemble à une course à la bulle immobilière ?
Le maire justifie ses initiatives par la nécessité d’enrayer la diminution de la population [ 195 habitants en moins entre 1999 et 2008 ], dont l’unique et seule cause serait selon lui " une offre locale inadaptée et insuffisante en matière de logement  " puisque, comme il l’affirme dans le Bulletin municipal de décembre 2011, tout irait bien du côté de l’emploi [ " le bassin d’emploi de Wissembourg est parmi les plus actifs d’Alsace " ].
L’intérêt général " consiste-t-il à contrecarrer une baisse de 195 habitants en prévoyant l’arrivée d’environ 1 700 nouveaux résidents ? Consiste-t-il à ne pas s’interroger sur les autres causes possibles du départ des jeunes, sans rapport avec le logement : absence d’emplois à la mesure de leurs compétences ou difficultés plus grandes aujourd’hui qu’hier à occuper des postes de l’autres côté de la frontière, en raison d’une moins bonne maîtrise de la langue ou de qualification inadaptées ?
L’intérêt général " consiste-t-il à ne pas étudier les possibilités d’aider les propriétaires à réhabiliter leurs logements vides en mauvais état avant de se lancer dans des projets dévoreurs d’espace ? Consiste-t-il à détruire un site remarquable en remplaçant vergers et terres agricoles par du béton " végétalisé ", alors qu’existent d’autres possibilités d’urbanisation raisonnée sur les friches industrielles présentes et à venir ?
Est-il conforme à " l’intérêt général " que le premier magistrat de la ville essaie de discréditer ceux qui préconisent une autre politique de l’habitat et qui avancent d’autres solutions ? La définition de " l’intérêt général ", dans une société démocratique, n’est le monopole de personne mais constitue précisément l’objet et l’enjeu des débats qui animent les citoyens. Débats où ne peuvent être disqualifiés a priori des " intérêts personnels " parfaitement légitimes, protégés par les institutions, et d’autant plus légitimes quand la conception de " l’intérêt général " que l’on veut leur opposer menace l’environnement, la biodiversité et le cadre de vie des habitants et contredit les exigences de préservation des ressources naturelles.

Un peu d’histoire
Avril 2010 : le maire présente un projet de ZAC [ zone d’aménagement concerté ] de 25 hectares et 500 logements au Steinbaechel, aves expropriation à la clef, 25 hectares selon lui absolument indispensables au développement de Wissembourg. La " constitution de dossier de ZAC " est prévue pour la fin de l’année. La " concertation " se réduira à quatre heures d’exposé par les concepteurs du projet. Devant la démesure de l’urbanisation envisagée, la résistance s’organise : pétition, banderoles, prises de parole, création de l’association des Amis du Steinbaechel.
Août 2010 : confronté à la difficulté de faire accepter son projet en bloc, le maire le débite au détail : il annonce que la ZAC fera 14 hectares et promet que, pour la " première tranche ", il n’y aura pas d’expropriations. Les Amis du Steinbaechel dénoncent la manœuvre consistant à faire passer des décisions unilatérales pour le résultat d’une concertation en fait inexistante.
Novembre 2010 : le maire déclare mettre la ZAC entre parenthèses pour cause d’élections cantonales.
Mars 2011 : premier tour des élections cantonales, à Wissembourg, le maire, représentant " l’intérêt général " recueille 21,12% des suffrages, contre 78,88% aux autres candidats.
Avril 2011 : le plan local d’urbanisme [ P.L.U. ]de Wissembourg, en sommeil depuis plus de 5 ans, refait surface et est adopté par la communauté de communes. Il maintient 25 hectares urbanisables à court et moyen terme.
Juillet 2011 : l’association des Amis du Steinbaechel dépose un recours contre le plan local d’urbanisme devant le tribunal administratif de Strasbourg, procédure toujours en cours.
Novembre 2011 : le projet de ZAC a survécu au désaveu électoral. Il est présenté au conseil municipal comme la réponse à la baisse de la population.
Janvier 2012 : réenclenchement de la procédure de " constitution de dossier de ZAC ". " L’intérêt général " est désormais estimé à 6 hectares et 40 logements par hectare.

Les Amis du Steinbaechel
23A route des Vosges, Wissembourg
27 janvier 2012

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srg 31/01/2012 13:20


Bonjour,


c'est avec un vif intérêt (et quelque étonnement pour certaines informations, notamment sur le sujet de l'emploi) que j'ai lu cet article.


Je trouve que l'aide à la réhabilitation de logements vides est une idée intéressante à creuser, au centre ville sans aucun doute pour soutenir le commerce et les initiatives des personnes qui le
tentent de le relancer ou de le faire évoluer (c'est selon).


Merci au(x?) rédacteur(s?) de l'article


 

Régis Hulot 31/01/2012 10:53


500 logements sur 25 hectares... il fallait avoir un bel estomac pour avaler cela. Hélas, il semble bien que les habitants de Wissembourg n'aient pas tous, quatre sur cinq globalement, le même
désir de voir se réaliser un tel chambardement dans leur paysage coutumier, et la même vision des intérêts des "générations futures" (qui ont bons dos, il faut le souligner) que leur maire.


On ne peut voir qu'avec tristesse que celui, ou ceux, qui a représenté un espoir de vrai changement en profondeur de la manière de vivre en tant que citoyens se comporte avec un tel aveuglement
-- quelle mouche l'a donc en effet piqué, de quel égarement de l'esprit paie-t-il de s'être assis dans le fauteuil le plus élévé de sa commune? Comme le disait quelqu'un à la télé l'autre jour à
propos du (encore) locataire de l'Elysée, la page semble bel et bien tournée. Espérons que les Wissembourgeois ne verront pas revenir les lambeaux des anciennes équipes dans les fourgons de leurs
désillusions, et qu'ils sauront faire surgir d'entre eux des femmes et des hommes dignes de leurs espérances.


 


RH