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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

Steinbaechel_consternation participative – 4

Le marché de ce samedi 24 avril 2010, c'était celui des grands jours, ceux où le Peuple reprend ses droits, et bat le pavé qui Lui appartient parce que c'est Lui qui le paie, parce que c'est Lui qui le pose !

Vers 10h00, comme prévu, les amis de Petit-Wingen sont arrivés pour faire une conduite de Grenoble à cet investisseur local qui veut s'approprier les terrains qui surplombent le hameau et en faire une villégiature pour jet-set en goguette. Crécelles et gilets jaunes, pétitions, mégaphone, et surtout détermination de celles et de ceux qui ne veulent pas se résoudre à passer sous les fourches caudines des intérêts conjoints et mêlés d'une mairie discréditée et de petits financiers alléchés par les plus-values faciles. Le combat de ceux dont on peut s’honorer d’être les amis continuera bien entendu à être relayé et commenté.

Cette manifestation de vitalité démocratique et d'énergie citoyenne a évidemment été suivie de près par les forces de l'ordre en tenue d'intervention ordinaire, façon de marquer un peu plus la différence entre ceux qui défendent leur vie et ceux qui protègent des intérêts lointains, anonymes et cupides au nom d’un ordre public dont les contours se confondent avec surveillance, flicage et stigmatisation. Il était également risible de voir le représentant de la P2R, carnet de note à la main, recueillir les arguments des manifestants. Connaît-il si peu le dossier, et c'est la raison pour laquelle il publie si peu sur le sujet, ou bien y est-il allé parce que, malgré tous ses efforts, les victimes ne se laissent pas faire et qu'il ne peut pas passer à côté de la manifestation ? On attend les réponses. Si quelqu’un était décalé, c’était bien lui.

Plus intéressante est la jonction des combats entre Petit-Wingen et Steinbaechel. Dans l'un et l'autre cas, les Citoyennes et les Citoyens sont confrontés aux oukases d'un pouvoir autoritaire, qui vit sur des repères surannés, persuadé qu'avoir été élu sans programme il y a quelques années légitime tous les errements, toutes les lubies et tous les sacrifices aux idoles les plus détestables. Ces gens, personnages du passé à l'allure modernissime, se trompent d'époque. Et l'organisation citoyenne se fait maintenant un plaisir de le leur rappeler. A eux qui ignorent que l’autorité se gagne au quotidien, par le respect que l’on témoigne à l’égard de celles et ceux qui vous ont désigné pour être à leur service. Personne ne doit l’oublier, pas plus d’ailleurs qu’il est essentiel de ne pas oublier ses origines, son parcours, ses réussites et ses échecs ou ses ignorances. Rien de tout cela n’est méprisable, si rien n’est caché. Dans le cas contraire, le doute s’installe, la méfiance s’implante durablement, le discrédit gagne, c’est le règne de la confusion et de l’impopularité, tout est à refaire.

Il n’était pas désagréable à ceux qui contestent le comportement de la municipalité de constater qu’ils sont loin d’être isolés, que leurs arguments sont fondés, que leurs craintes procèdent des expériences qu’il serait malvenu de leur contester. Et que, comme cela a été dit, tout ne se vaut pas : une impression fugace sur les bienfaits immédiats d’une revente juteuse ne peut équilibrer une observation de la situation sociale et politique ces 15 dernières années !

Il est navrant que le bourgmestre n’ait pas compris que, dans la seringue, il n’avait plus d’autre solution que de rompre avec l’acharnement dont il fait preuve sur cette affaire. Sans doute manque-t-il de recul précisément quant à l’évolution de la commune à la tête de laquelle des électeurs l’ont porté, prenant au sérieux, et au pied de la lettre, les termes de ce qui n’est, dans les faits, qu’un slogan, “ ensemble et autrement ”. Sans doute le bourgmestre ne prend-il pas la mesure de la dévastation à l’œuvre dans les esprits de ceux qui, à juste titre, s’estiment trompés, et qu’il accrédite les thèses de ses détracteurs d’il y a 26 mois qui mettaient les électeurs en garde. On assiste à un extraordinaire gâchis, à une sorte de mouvement anti-alchimiste, quand, à l’instar de ce qui se fait à ce qui tient lieu de plus haut sommet de l’État, on s’échine à transformer invariablement l’or de la confiance populaire en plomb de la combinaison financière.

Mais il y avait encore mieux ce matin. Un homme seul allait de l’un à l’autre, distribuant son pamphlet, l’air de rien, engageant la conversation, sans heurt, sans gesticulation, tranquillement. Lui, c’est un inconnu, il n’appartient pas à cette “ société wissembourgeoise ” qui prétend tout savoir et tout régenter, il se définit comme un promeneur du Steinbaechel. Aveuglé par les mauvais sentiments que lui inspire dorénavant la lecture de Pumpernickel [ il n’en a pas toujours été ainsi, et il fut un temps où l’on riait de bon cœur de ce qu’il y était donné à lire ! ], monsieur le bourgmestre a cru bon m’interpeller à la terrasse du café où je tiens mes quartiers le samedi matin, pensant que j’étais l’auteur anonyme de ce poulet. Mauvaise pioche, nous sommes quelques-uns à avoir trouvé que Monsieur Scotan était méprisant, qu’il n’avait aucune légitimité, que les procédés de la mairie ne sont pas corrects, etc. Et pour celles et ceux qui n’auraient pas eu son papier, en voici le texte :

Les chimères de monsieur le Maire

Cet hiver, monsieur le Maire de Wissembourg a cru les “ experts ” en épidémies qui criaient à la Peste noire pour le plus grand bien des entreprises pharmaceutiques. Il y a cru si fort qu’il s’est cru obligé d’exhorter ses concitoyens à aller, comme lui, se faire vacciner [ Dernières Nouvelles d’Alsace, 17 décembre 2009 ].

Puis monsieur le Maire a cru aux chances du “ centrisme alsacien ” à la veille des élections régionales. Mais, apparemment, il n’y a pas cru assez fort puisque ledit centrisme n’a vécu que le temps d’un poussif tour de piste sans lendemain.

En ce printemps, monsieur le Maire croit, dur comme fer à béton, les “ experts ” du Scotan. Cet organisme technocratique de planification d’inspiration soviétique, échoué on ne sait trop comment dans nos contrées, a vu sortir de ses ordinateurs un “ besoin de 50 logements par an à Wissembourg ”.

En bon croyant, monsieur le Maire est aussi un bon pratiquant. Le Scotan a dit, monsieur le Maire s’exécute. Du logement, en veux-tu Scotan, en voilà ! Monsieur le Maire sort des vieux POS une ZAC flambant neuve de 500 logements, 500, rien que ça ! Monsieur le Maire voit grand, un quartier d’environ 2 000 habitants si ses projets aboutissaient, concentrant quelque 20% de ce que serait alors la population de Wissembourg.

Il y croit si fort, monsieur le Maire, à ce fameux “ besoin ” qu’il n’hésite pas à étouffer en lui la sensibilité écologique qu’il affichait il y a peu de temps pour se faire élire. Qui met sa foi dans le Scotan ne doit pas reculer devant le sacrifice des terres agricoles et des paysages du Steinbaechel ! Pour y bâtir leur “ écoquartier ” censé respecter l’environnement, les promoteurs de ce projet pharaonique veulent d’abord détruire un environnement jusqu’ici préservé. Pour assurer la “ mixité sociale ” de notre ville, ces mêmes promoteurs veulent d’abord construire un quartier séparé. Comprenne qui pourra !

Comme monsieur le Maire et le Scotan sont aujourd’hui très fiers de leur ZAC, leurs prédécesseurs des années ’60 étaient très fiers de leurs ZUP. On sait ce que sont devenus ces grands ensembles…

Monsieur le Maire s’est égaré dans son parcours de santé publique.
Monsieur le Maire s’est égaré dans ses ambitions politiciennes.
C’était sans conséquences, ces chimères-là n’engageaient quasiment que lui.

Mais désormais, monsieur le Maire a remis le destin de la ville entre les mains d’“ experts ” confits dans leurs hautaines certitudes [ “ On nous demande de réaliser 30 à 40 logements à l’hectare… ”, a-t-il dit en quêtant l’approbation muette du Grand Manitou du Scotan, lundi 19 avril à la “ réunion d’information ” d’Altenstadt. ] et il s’égare politiquement, urbanistiquement et socialement. Cette nouvelle chimère nous concerne tous. Une décision d’une telle importance doit faire l’objet d’un véritable débat, pas d’une animation socioculturelle baptisée “ ateliers de concertation ”, où il ne s’agit que de disserter sur la couleur des façades.
Faut-il une ZAC, oui ou non ? Si oui, où et de quelle taille ? Ces questions préalables doivent être débattues par l’ensemble des habitants de Wissembourg et tranchées par un referendum local. C’est la moindre des exigences démocratiques.
Pierre Chapelain, promeneur du Steinbaechel, le 24 avril 2010

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srg 26/04/2010 19:25


que rajouter...


Regis Hulot 24/04/2010 23:18



Monsieur Chapelain, j'aime votre manière de poser des questions. Elle montre qu'il reste des gens pour faire vivre cette grande malade qu'est aujourd'hui la démocratie.


Reste maintenant à être autorisé à donner des réponses, mêmes différentes de celles des "zexperts".


Bon vent !


RH