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pumpernickel

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commentaires satiriques de l'actualité wissembourgeoise

TGV. Plus vite, mais moins souvent ?

Ce sont Les Échos qui ont vendu la mèche, convenablement instruits par ces personnages qu'on dit “ proches du dossier ” et qui ne sont en réalité que “ d'honorables correspondants ” qui, malgré leurs dénégations, transgressent leur devoir de ne pas révéler ce qu'ils entendent dire... Peu importe.


Ainsi donc, la SNCF va faire ce que fait n'importe quelle entreprise dont le seul but est de gagner de l'argent, plus d'argent, encore plus d'argent, et cela le plus vite possible.

Alors que depuis des années, grâce à une tarification des plus complexes (du point de vue de l'usager transformé, bon gré mal gré, en client) et à un forcing commercial digne d'une meilleure cause, le TGV rapportait de plus en plus d'argent, voici que, crise économique (d'où nous sommes sortis, semble-t-il) oblige, certaines lignes ou certaines dessertes par le TGV seraient déficitaires. Et de citer Paris-Arras (quelques dizaines de minutes de trajet) d'un côté, ou Bordeaux-Strasbourg (quelques heures) d'un autre.

Deux cas intéressants.

Paris-Arras, en TGV, cela permettait de rapprocher de manière spectaculaire la capitale de l'Ile-de-France de celle de la Picardie, une région dont l'existence historique ou culturelle est incontestable, mais qui était tiraillée entre deux “ mastodontes ” économiques, l'Ile-de-France et le Nord-Pas-de-Calais, un peu à la manière dont le Haute-Normandie (deux départements seulement a bien du mal à exister vis à vis de cette Ile-de-France qui a tendance à la phagocyter. Mais cette desserte TGV, malgré son intérêt, revenait à faire rouler un train à grande vitesse sur un réseau de banlieue. Utile, pas utile ? À discuter.


Bordeaux-Strasbourg. Passons sur le fait que la région Alsace, comme celle de Champagne-Ardennes et d'autres collectivités locales, a ou ont mis beaucoup d'argent pour financer un équipement qui relève à l'évidence de l'État, mais que ce dernier, impécunieux selon ses dires, a préféré transférer la compétence, mais surtout la dépense sur d'autres budgets. Il n'en demeure pas moins qu'il n'aura fallu que quelques mois pour constater que la LGV (ligne à grande vitesse) ne reliant pas Paris à Strasbourg n'a pas la rentabilité attendue, et certainement présentée aux bailleurs de fonds. Encore un beau succès des prévisionnistes.

Mais il y a encore meilleur, du moins quand on essaie de voir les choses d'un autre point de vue.

Quelques mois après les sonores décisions du “ Grenelle de l'environnement ”, ou encore ce sommet de Copenhague auquel un certain Nicolas S. a participé, surtout pour se plaindre qu'on n'en faisait pas assez à son goût, voilà qu'une entreprise que d'aucuns croient savoir encore publique, ou du moins investie d'une mission de service public, prend l'exact contrepied de ce qui pourrait paraître “ bon pour la planète ”, “ bon pour l'environnement ” comme on dit de nos jours. Car supprimer des trains, même “ pas assez rentables ”, c'est encourager le transport routier, sans parler de l'hypothèse du transport aérien qui, lui, on le sait bien, est particulièrement non polluant.

Et que vient donc faire ici la notion de rentabilité ? Est-ce à dire qu'un liaison ferroviaire ne peut vivre que si elle est rentable (ou si quelqu'un accepte de prendre le déficit spécifique à sa charge) ? A quand les trains qui ne quitteront la gare que quand ils seront remplis à 98%, à quand les arrêts desservis au petit bonheur la chance, seulement quand il y a suffisamment de clients à faire monter ou descendre ?

Mais il faut dire aussi que les “ péages ” que règle la SNCF à RFF (Réseau ferré de France), propriétaire des installations fixes (qui vont accueillir le très prochain trafic voyageurs privé) vont subir une augmentation spectaculaire. Et qui donc décide du niveau de ces “ péages ” ? Une bonne question temporairement sans réponse.


Bien entendu, la SNCF dément les accusations des Échos. Et nous jure, le cœur sur la main que le trafic TGV augmentera... de 1%, ce qui fait passer lme nombre de trains de 800 à 808. L'information vaut son pesant de rhétorique digne des meilleurs merchandiseurs.


Rendez-vous donc dans quelques mois, quand , une fois la petite tempête passée, arrriveront les horaires d'hiver 2010-2011, et qu'il sera alors plus facile d'expliquer par la “ contrainte économique ” que des trains seront supprimés “ pour assurer l'équilibre des comptes ”.


Faites de beaux rêves.

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Regis Hulot 20/01/2010 09:14



BRAVO HULOT.
C'est l'ami Bidasse qui te dis merci ! Confondre Arras, chef-lieu du Pas-de-Calais, avace Amiens (où il faut voir la cathédrale), capitale de la Picardie, c'est du propre.

Punition: récitation de la liste des départements, dans l'ordre alphabétique, en citant chaque préfecture.